© Kim Hiorthøy

Tsugi Podcast 601 : Kelly Lee Owens

Elle signe le 601ème pod­cast de Tsu­gi : Kel­ly Lee Owens. Un mix entre passé, présent et futur pour la Gal­loise, comme un écho à son très bon deux­ième album Inner Song sor­ti fin août.

Ouvrir un album par une reprise de Radio­head, même instru­men­tale, n’a rien d’aisé. Mais la Gal­loise Kel­ly Lee Owens s’est affir­mée depuis son pre­mier album — plus spon­tané et expéri­men­tal — et elle sem­ble ici sor­tir d’un voy­age intro­spec­tif béné­fique. On le sent autour de ces dix titres. Son édu­ca­tion tech­no dévelop­pée à la fin des années 2000 aux côtés d’Erol Alkan et de son voisin anglais Daniel Avery n’est pas oubliée, et sa voix tou­jours plus envoû­tante que jamais, paraît moins effacée. Au con­traire, elle surfe avec grâce sur les beats qui parsè­ment Inner Song. Elle s’au­torise même un lente descente sous hyp­nose avec le tim­bre brut de John Cale, ex Vel­vet Under­ground. Preuve d’une artiste encore promet­teuse qui entend bien rester maître d’elle.

Son mix pour Tsu­gi est plus nerveux. Peut-être celui d’une femme qui bal­aye d’un kick ses angoiss­es du passé. Entre breaks, tech­no et exper­i­men­tal, voici une autre facette de la jeune Galloise.

Créer quelque chose que je trou­ve beau à par­tir de quelque chose de vrai­ment douloureux et som­bre a défini­tive­ment été un exu­toire pour moi.”

En quoi cet album mar­que t‑il un tour­nant dans ta car­rière artistique ?

Je pense que tout album est un tour­nant dans la car­rière d’un artiste, mais celui-ci en par­ti­c­uli­er parce qu’il représente vrai­ment mon nou­veau vis­age, comme une rebuf­fade com­plète de qui j’é­tais. Il représente vrai­ment la “Jen­ny” que j’ai été, très brute et hon­nête, et je pense qu’à cause de cela, les choses ont été influ­encées, comme mes pro­duc­tions où ma parole était beau­coup plus claire, parce que je dois porter et dire des mes­sages. Donc peut-être que cer­tains titres sont plus acces­si­bles que dans l’al­bum précé­dent, et peut-être qu’il pour­rait être un tour­nant, en cela qu’il per­me­t­trait de con­necter plus de gens ensemble.

Kelly-Lee Owens

© Sarah Stedeford

Tu as dit que cet album était une “décou­verte” de toi-même, qu’as-tu appris sur toi ?

J’ai beau­coup appris sur moi-même, prob­a­ble­ment trop pour met­tre des mots dessus. Je devais faire ce tra­vail intérieur, je devais aller en thérapie, et je devais tout regarder et repren­dre depuis le début. Je dois pren­dre la respon­s­abil­ité de ma pro­pre douleur, de mes pro­pres com­porte­ments, de mes pro­pres pat­terns et cela ne veut pas dire que je suis guérie, que je suis une per­son­ne par­faite et que mes rela­tions sont par­faites, mais c’est sur le point de pren­dre forme. J’ap­prends à me fier plus que jamais à mon instinct, surtout artis­tique­ment, et à ne jamais laiss­er ma voix être dimin­uée par qui que ce soit.

Cet album fait aus­si référence aux trois années les plus com­pliquées de ta vie. Il sonne comme un exu­toire pour toi ?

Je pense, oui. Créer quelque chose que je trou­ve beau à par­tir de quelque chose de vrai­ment douloureux et som­bre a défini­tive­ment été un exu­toire pour moi, et c’est une expéri­ence de trans­mu­ta­tion que je pense impor­tante. Savoir se servir de ses expéri­ences pour créer quelque chose de bien est une qual­ité que les humains ont, l’une des plus belles, et je suis vrai­ment recon­nais­sante d’avoir cette capac­ité. Quand je crée, je me sens plus en paix, comme si j’en­trais en médi­ta­tion. Surtout quand tout se passe bien à côté, j’ai l’im­pres­sion qu’il n’y a rien d’autre. C’est tou­jours cathar­tique de faire de la musique, surtout à cette péri­ode de ma vie.

C’est beau et per­son­nel de mélanger le passé et le présent, et d’ap­porter un peu de futur dans un mix.”

Peux-tu me par­ler de ce mix pour Tsugi ?

C’est une sélec­tion de cer­tains tracks, pour la plu­part nou­veaux, que j’é­coute en ce moment, et cer­tains d’en­tre eux ne sont pas pub­liés. J’ai beau­coup de chance de recevoir pas mal de pro­mos. L’autre jour, j’ai joué un morceau d’un artiste non-édité lors d’un DJ set et depuis, il est sor­ti ! C’est plutôt amu­sant d’avoir une cer­taine influ­ence. Voilà, c’est donc un peu un mélange de nou­veaux tracks, de bons clas­siques et d’an­ciens que je garde avec moi. C’est beau et per­son­nel de mélanger le passé et le présent, et d’ap­porter un peu de futur dans un mix. C’est comme une sorte de voyage.

C’est quoi la suite pour toi ?

Il y a quelques morceaux qui ne font pas fait par­tie de Inner Song que j’aimerais sor­tir, mais je ne sais pas sur quel sup­port. J’ai aus­si une vidéo qui sort cette semaine, mer­cre­di. Ensuite, mes pro­jets vont sim­ple­ment être de faire réin­ter­préter Inner Song par d’autres artistes d’i­ci la fin de l’an­née, et de col­la­bor­er de cette manière. Je vais peut-être aus­si faire un DJ set en livestream, mais j’es­saierai de le ren­dre plus spec­tac­u­laire que les habituels shows où le DJ se tient sim­ple­ment debout. On ver­ra bien !

Track­list du podcast :

1.ASUSU — Serra
2.Repave — De Sluwe Vos
3.When The Fields Col­lapse — De Sluwe Vos
4.Pipeline — OneOneOne
5.Abele Dance — Simonchi­no Beyond
6.Erotic Dis­course — Dense & Pika Paul Woold­ford remix
7.DNO — Inga Mauer
8.The Start Up — Breaka
9.Clatter (Suze Hee­ley mix) Delay Ground
10.Wallys Groove World — Locked Groove
11.The Ambush — Breaka
12.Reflex — Midland
13.Raita YKSI — Cari Lekebusch
14.Fuckin’ Soci­ety — PVS
15;Convolution — Skudge
16.Jon Hop­kins — Sin­gu­lar­i­ty (anna remix)
17.Pigeon Epilep­sy — Vladimir Dubyshkin
18.Illusion — Kei­th Carnal
19.Meglomania
20.The depth — posthuman

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