©Adrian Samson

Une nuit au Berghain avec Róisín Murphy

Un dimanche de février 2019, l’irrésistible Irlandaise Róisín Mur­phy se pro­duit en con­cert pour la première fois dans l’antre du Panora­ma Bar, au cœur du Berghain berli­nois. Et quand deux mon­stres sacrés de l’électronique se ren­con­trent, la nuit est forcément pleine de surprises.

Arti­cle issu du Tsu­gi 135 : la musique fait son #MeToo, tou­jours disponible en kiosque et à la com­mande en ligne.

Ven­dre­di, dans la journée : J’arrive à Berlin avec mon équipe. On part direc­tion le Berghain, où je vais me pro­duire le dimanche suiv­ant. C’est la première fois que je me rends dans le mythique club berli­nois. On y va pour les tests de son, et comme c’est en dehors des horaires d’ouverture, le club est vide. Ce qui nous donne le droit de le vis­iter en VIP. On explore les moin­dres pièces de l’immense bâtiment, dont les back­rooms. L’endroit ressem­ble carrément à un don­jon, c’est fasci­nant. On est vrai­ment très excité de voir les couliss­es de ce monde parallèle qu’est le Berghain, le week-end com­mence bien.

©Adri­an Samson

Dimanche, 10 h : On revient au Berghain, cette fois-ci ouvert au pub­lic. Puisque le club est ouvert non-stop le week-end, on peut y arriv­er en pleine matinée. On fait un tour, on boit quelques ver­res, et on fait surtout beau­coup d’exercices sur le dancefloor.

12 h : Mon man­ag­er et moi trou­vons que nous n’avons pas assez d’accessoires sexy et même sex­uels pour nous fon­dre dans l’ambiance du club. On décide d’en sor­tir pour s’aventurer dans un sex-shop de la ville et trou­ver notre bonheur.

12 h 30 : Dans le sex-shop. On arpente tous les deux les rayons désespérément, à la recherche de ce qui pour­rait faire l’affaire, en vain : on quitte le mag­a­sin les mains vides.

19 h : Retour au Berghain. Je me prépare pour mon live et je choi­sis ma tenue. J’avais prévu une robe dans un style Louis XIV avec un énorme cha­peau napoléonien, mais finale­ment je me tourne vers les autres trésors de ma valise qui me sem­blent bien plus adaptés à la sit­u­a­tion : un masque en sil­i­cone en forme de pénis géant que je porte comme un cha­peau. Le pénis rose s’élève au-dessus de ma tête et je l’accorde avec un ensem­ble de jog­ging rose et de longs gants noirs, c’est très joli !

Le staff me dit qu’il n’a jamais vu autant de monde au Panora­ma Bar.”

21 h : Heure du show. C’est bondé. Le staff me dit qu’il n’a jamais vu autant de monde au Panora­ma Bar. Je suis sur­prise de voir autant d’enthousiasme pour ma musique à Berlin. J’arrive avec mon pénis sur la tête : tout le monde s’écrie: «Oh my god!»

23 h : Main­tenant que le show est fini, c’est l’heure de faire la fête. Je me mélange à la même foule que je viens de faire danser, ce que je n’ai pas l’habitude de faire, mais l’ambiance est si incroy­able que je ne peux pas résister. Je ne sais pas qui est le DJ aux platines à présent, mais je devrais le savoir, car ce qu’il ou elle fait est fan­tas­tique. De la tech­no très deep, avec un véritable côté animal.

 

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3 h : Je danse encore et encore. J’ai per­du mon petit ami et toute mon équipe. Je ne le sais pas encore, mais la sécurité est en train de pass­er un savon à mon petit ami, car elle est très inquiète de ma dis­pari­tion dans la foule. Pour moi, tout va bien. J’ai plein de nou­velles amies les­bi­ennes qui sont aux petits soins avec moi : dès que je désire quelque chose, on me l’apporte !

6 h : Je retrou­ve mes amis et on quitte le club. J’ai passé sur le dance­floor une des meilleures nuits de ma vie. J’ai découvert l’incroyable système son du Berghain : la précision alle­mande n’est pas un mythe. Je n’ai jamais vu un si grand bâtiment avec un tel équipement sonore, c’est impres­sion­nant. Cette nuit m’a aus­si et surtout familiarisée avec une tech­no que je con­nais­sais peu et qui m’influencera par la suite. C’était une super nuit en club pour la vieille dame que je suis.

Article issu du dernier Tsugi 135 : la musique fait son #MeToo, toujours disponible en kiosque et à la commande en ligne.

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