Crédit : Antoine Henault

Virages” : le premier album de Pépite nous embarque pour une odyssée sentimentale

Sabrez le cham­pagne. Le pre­mier album de Pépite, Virages, sort aujour­d’hui, ven­dre­di 12 avril. A cette occa­sion, le groupe et quelques invités ont investi le Per­choir hier soir. Au pro­gramme, mini-concert intimiste et DJ-sets par Sarah Mai­son, ou Emma du groupe Bagarre. On se demande s’il exis­tait un meilleur endroit que les toits parisiens et la jun­gle de ce bar du 11ème arrondisse­ment pour inau­gur­er ce voy­age sauvage. Entre gin ton­ic et vue sur le couch­er de soleil, dif­fi­cile de savoir si l’on se sent d’humeur fes­tive ou sen­ti­men­tale. C’est un peu la même chose pour Pépite, qui con­firme avec Virages une ambiance en équili­bre entre la fête et la mélan­col­ie pro­fonde.

Depuis 2016, le duo d’aven­turi­ers du label Micro­qli­ma ani­me la nou­velle pop française de son iden­tité si ambiva­lente. Avec Virages, c’est l’oc­ca­sion de con­firmer cette ori­en­ta­tion. L’al­bum com­mence fort avec “Flèch­es”, un morceau qui annonce que“le jeu com­mence” entre “toi et moi”. Toute la musique de ses baroudeurs de l’amour réside peut-être dans cette pre­mière phrase, annon­ci­atrice d’une nou­velle aven­ture. Mais bien vite, le “Feu Rouge” nous arrête sur notre lancée et invite à ralen­tir, pour un slow tout en douceur. On l’a répété mille fois, faut-il encore le dire ? Coincé dans un espace tem­porel trou­ble, entre Christophe, Michel Berg­er ou Beach House, Pépite affirme avec cet album ses pen­chants psy­chédéliques.

Mais ne vous méprenez pas. Ce qui habite prin­ci­pale­ment le pre­mier album du duo, c’est surtout sa mélan­col­ie. Elle teinte des morceaux tels que “Tant de peine”, “Rubis” ou “Cham­pagne”. Ce dernier titre met d’ailleurs en lumière le con­traste sai­sis­sant entre l’aspect fastueux des bulles et la nos­tal­gie qui se cache der­rière : “Mais tu me man­ques encore un peu”. Avec cet album, c’est donc une jolie prom­e­nade, une bal­lade un peu per­due entre Paris et la côte d’Azur qui s’ou­vre. On regrette unique­ment le peu de morceaux qui réveil­lent le doux songe de ces mélodies non­cha­lantes, comme “Flèch­es” ou le très énergique “Silence Radio”, qui apporte à l’al­bum une ambiva­lence forte entre larmes salées et fêtes col­orées. L’al­bum est tout désigné pour les poètes égarés qui chantent leur désar­roi avec quelques coupes de cham­pagne.

 

Et si vous êtes plutôt Spo­ti­fy :

 

Pépite jouera le 28 mai prochain à la Gaîté Lyrique. Pour plus d’in­for­ma­tions, rendez-vous sur la page Face­book de l’évène­ment.

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