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Voyou / AnNie .Adaa / Maxime Dangles
19 avril 2024

Lulu Van Trapp, AnNie .Adaa, Voyou… Les projets de la semaine

par Olivia Beaussier

Si le vendredi est synonyme de week-end, pour les musicophiles c’est aussi le jour de sorties ! Alors comme d’habitude on vous fait notre sélection hebdomadaire des projets de la semaine. Au programme : Lulu Van Trapp, Maxime Dangles, Dino Brandão, Louisahhh, Voyou, Yumara, La Parade et AnNie .Adaa.

 

Lulu Van Trapp – LOVECITY

Assez littéralement, LOVECITY retentit comme une déclaration d’amour à la ville. Mais vous commencez à connaître la binarité qui forge le collectif : c’est dans la toxicité de la ville, qu’il en trouve sa beauté. Cette année plus de doute, les Lulu Van Trapp pousse ce désir de liberté en abolissant complètement les genres musicaux. « On vit dans un monde éclaté musicalement, structurellement et psychologiquement, explique le groupe. Le fait d’avoir une démarche pop mobilise l’idée de carrefour, de Constantinople musical. »

Alors oui, impossible de nier leurs influences punk au son des guitares saturées, qui se déchainent sur ce disque. Mais comment passer à côté de leurs breaks au synthé, et les tons pop que prend parfois la voix de Rebecca. La ville entasse les gens les uns sur les autres… Mais via cette cohésion forcée, naît une forme de communion. Cette idée devient le fil rouge de l’album. Le -très- excitant « l’amour et la bagarre » (dont on vous parlait juste ici) respire cette altérité, ce va-et-vient entre tendresse et violence. C’est brutal et sensible, finalement.

 

Maxime Dangles – Le Roman de Carpentier

Le Roman de Carpentier est, à l’origine, un film muet français de 1913 retraçant la vie de Georges Carpentier, boxeur professionnel de l’époque. L’idée d’un ciné-concert vient d’abord du CNC, qui demande à Maxime Dangles de faire un album pour d’illustrer ledit film, lors d’une tournée de dates en France. Le producteur de chez Kompakt nous sert alors un mélange entre ambient et electronica, toujours accompagné de ses synthés modulaires. Pas étonnant de retrouver Maxime Dangles dans ce milieu quand on sait qu’il s’est consacré aux projets art/science et autre compositions de musique à l’image. Attendez-vous à un voyage immersif, en musique comme en boxe.

 

Dino Brandão – Self-Inclusion

Pendant le confinement, après un diagnostic de sclérose en plaque, le Suisse Dino Brandão compose un album inspiré de ce sujet qu’il ne veut pas rendre tabou. Comment faire corps avec soi-même, quand justement ce corps semble ne plus répondre ? Self-Inclusion c’est le mode d’emploi pour garder espoir et pour se recentrer sur l’essentiel. Disque débordant de vérité et d’une pop suave accompagnée à la guitare.

 

V/A – You Were Made To Be Relentless

Par Benoît Carretier

Le label cofondé par Maelstrom & Louisahhh nous offre un EP participatif. Logique. On retrouve la « patronne » en compagnie de La Fraicheur sur « Lychen », track hanté éléctro-indus-punk avec une surprenante guitare qui déraille. La Fraicheur de nouveau avec son complice régulier Leonard de Leonard retrouve le goût du beat qui tape fort avec l’inventif « Android Fatigue ». Beau programme.

Chronique à retrouver dans le Tsugi 169.

 

Voyou – Seul

Ce 19 avril est sous le signe de notre cher Voyou qui sort son nouvel EP. Comme à son habitude, le chanteur est transparent dans ses émotions, et teinte ses compositions de nostalgie. Cet étrange sentiment est bercé des cuivres et autres riffs de guitares à certains moments bossa, d’autres fois plus jazz. Tout en douceur et assez explicitement, Seul parle de solitude (logique). Mais pas la solitude qui fait mal et qu’on craint ; celle qui parfois devient nécessaire : Voyou ouvre les bras à ces moments solitaires qui lui ont inspiré cet EP.

Ce dernier retourne dans ses souvenirs d’enfance, et enfin s’apaise. Cela se ressent dans la tendresse qui émane de cet EP. Le chanteur n’est pourtant pas aussi seul qu’on pourrait le penser : on retrouve deux belles collaborations avec Pi Ja Ma et Vanessa Paradis (qu’on connaissait déjà). Voyou rend ça très clair : parfois, seul, on se retrouve vraiment.

 

Yumara – Her Mind Awakened

Le label Hayat, du monstre house de la scène parisienne Armless Kid, a sorti un EP dimanche 14 avril : Her Mind Awakened par Yumara. Ne vous en faites pas, même s’il n’y a que deux titres, le projet dure 13 min. Et pendant 13 minutes, Yumara manipule ses platines pour sortir une house dont seul lui connaît les secrets, aux influences electro-Detroit. Nous aussi, notre esprit s’est réveillé en l’écoutant.

 

La Parade – Aérogare

À mi-chemin entre le rêve et la description d’un quotidien ordinaire, le duo qui forme La Parade nous emmène dans son univers onirique où faire la différence entre réalité et poésie n’a pas d’importance. Les airs indie pop des instruments, et la voix grave et lascive du chanteur, Victor Hérault nous ont séduit. Une belle petite métaphore : parfois quand tout est difficile, il faut juste prendre du recul, et -très simplement- quitter la Terre.

 

AnNie .Adaa – Juste Un Peu De Ciel

Adaa, acronyme de « All dogs are allowed » (« Tous les chiens sont admis »), est porté comme un signe de ralliement par le rappeur. Dès les premières notes de l’album, sur une instru angoissante aux influences rock et au rythme répétitif des musiques électroniques, AnNie .Adaa sort les crocs. « Cru » est le premier mot qui nous vient, devant le nouveau projet du molosse. À l’image de son dernier album, QU’AUJOURD’HUI NE MEURS JAMAIS, le rappeur ne mâche pas ses mots, dévoilant toujours un peu plus la rage qui l’habite. Mais après une mise en jambe costaud, la colère se tempère et fait place à l’introspection.

Quand QU’AUJOURD’HUI NE MEURE JAMAIS ne laissait pas de place au doute, dans Juste Un Peu De Ciel, Dogman se confie, sans jamais aller dans la demi-mesure. « Pour ce monde, j’suis pas humain / Je reste qu’un chien » conclue AnNie .Adaa. Le mal-être qu’il ressentait est toujours là, mais désormais l’artiste l’accueille et en fait une partie de lui. Les instru s’adoucissent, les nuages font place au ciel. AnNie .Adaa est bien décidé à changer le monde de demain, entouré par les siens, comme sur sa pochette.

« Un après-midi de chien avec AnNie .Adaa » à retrouver dans le Tsugi 169.

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