Weather pluvieux, Weather quand même

Same­di en début d’après-midi, des trombes d’eau se sont déver­sées sur Paris. L’équipe de Sur­prize aurait mieux fait d’intituler son événe­ment “Weath­er Autumn” tant l’été nous sem­blait déjà loin. Une météo capricieuse dont ont pâti les pre­miers artistes pro­gram­més sur l’événement comme Chris Car­ri­er ou Detroit Swin­dle qui devaient ini­tiale­ment jouer sur une scène open-air. Prévoy­ante, l’organisation avait toute­fois instal­lé une tente à la hâte afin d’abriter tout son petit monde. Mais le gros des festivaliers,dont nous-même a finale­ment boudé cette après-midi cha­grine pour débar­quer en masse en début de soirée, au moment de l’ouverture des deux hangars prin­ci­paux. Au final, 18 000 per­son­nes se sont retrou­vées pour célébr­er le “canal his­torique” house et techno. 

 

Le lieu — le Paris Event Cen­ter — on le con­nais­sait déjà depuis le mois de févri­er dernier et la pre­mière édi­tion du Weath­er Win­ter. On se demandait si on allait encore prof­iter du cli­mat trop­i­cal du dance­floor house et de ses gouttes de sueur retombant du pla­fond. La réponse est oui. Cer­tains, sans doute des hypocon­dri­aques ne voulant pas s’y faire pren­dre à deux fois, avaient ouvert leurs para­pluies à l’intérieur. Mar­rant. Avec le fes­ti­val prin­ci­pal au Bois de Vin­cennes au mois de juin, il s’agissait donc du troisième événe­ment estampil­lé Weath­er de l’année. Et le par­ti pris de ne pas refaire  jouer les sem­piter­nels Dettmann, Krav­iz, Hood et les rois de la min­i­male Roumaine, nous a plutôt séduits. Cer­tains pes­taient con­tre le “manque de têtes d’affiches”, mais avec la présence de légen­des comme Carl Craig, Dave Clarke, Delano Smith, Phuture et Manu le Malin, cela rel­e­vait claire­ment de la mau­vaise foi. Ou alors de l’inculture. On a aus­si appré­cié ce mélange entre les incon­tourn­ables préc­ités, des artistes bien dans leur époque devenus bank­able et enfin d’autres en pleine ascen­sion dont on ne pour­ra que féliciter Sur­prize de leur per­me­t­tre de jouer devant un très large pub­lic. Encore plus lorsqu’il s’agit de Français promet­teurs comme UVB ou  Lazare Hoche

Quant à nous, arrivés plutôt tar­di­ve­ment, nous avons été accueil­lis par la tech­no pure et dure de Rebekah, jeune pro­tégée de Chris Liebing. Un peu hard comme entrée en matière, nous nous diri­geons donc vers la salle house pour la fin du live de Delano Smith, fig­ure tutélaire de Detroit. Hélas, le temps de récupér­er notre carte de paiement sans con­tact – adieu Tokens !! – et c’est devant Lev­on Vin­cent que nous atter­ris­sons. L’américain délivre sans sur­prise une house som­bre et body­buildée, effi­cace mais sans sur­prise. En fait, on attend surtout le live des pio­nniers acid-house Phuture, ceux qui en 1987 avaient décou­vert ce son si car­ac­téris­tique des pre­mières raves en trit­u­rant une machine de chez Roland, des­tinée à la base à imiter une gui­tare basse : la TB-303. On n’a pas été déçu, et Brice Coud­ert, pro­gram­ma­teur du fes­ti­val aperçu sur le côté de la scène ne sem­ble pas l’avoir été non plus. Assuré­ment un des grands moments de la soirée, en par­ti­c­uli­er avec “Acid Tracks” LE morceau qui a tout changé à Chicago. 

Entre-temps on était repassé sur la scène tech­no con­stater que le français Paul Ritch s’est bien éloigné de la min­i­male de ses débuts pour pro­pos­er une tech­no per­cus­sive et rentre-dedans, par­faite intro­duc­tion au set de Dave Clarke, deux­ième gros temps fort de ce Weath­er Win­ter. Après 30 ans de car­rière et mal­gré son car­ac­tère bougon, le mec reste un tueur. Capa­ble de pass­er “Jump Around” de House of Pain en plein set de grosse tech­no. Respect. La fin de soirée sera faite d’aller-retour entre un Carl Craig impér­i­al – il s’est quand même bien amélioré en tant que DJ depuis ses dix dernières années – et W.LV.S soit l’association de deux fig­ures mythiques des années raves parisi­ennes : Manu le Malin et Elec­tric Res­cue. Leur col­lab­o­ra­tion est somme toute récente, mais leurs références com­munes assurent une flu­id­ité dans leur back-to-back mus­clé et sans temps mort. 

On repar­tait donc du Paris Event Cen­ter avec notre dose de BPM — au moins pour une semaine — lorsqu’on nous ten­dit un fly­er. “Prochaine Weath­er Win­ter les 18 et 19 décem­bre” ! Deux jours d’affilé ce coup-ci, tou­jours au Paris Event Cen­ter. On sera au rendez-vous. Et tou­jours sans para­pluie, promis. (Nico­las Bresson)

En bonus, une petite video mai­son :

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