© Ellie Eiger

Working Men’s Club sublime l’esprit Manchester dans son nouvel album

En 2020, Work­ing Men’s Club sor­tait leur pre­mier album du même nom. Cette année le groupe revient avec Fear Fear, un album aux influ­ences encore plus man­cu­ni­ennes : paroles dép­ri­mantes et mélodies enivrantes. Nor­mal qu’il soit alors en une de notre nou­veau numéro hors-série spé­cial rock (en com­mande en suiv­ant le lien). 

Cette chronique est à retrou­ver dans le Tsu­gi 152 : Être artiste en 2022 avec Vald, Clara Luciani et Justice

Déjà con­va­in­cu en 2019 par leur pre­mier sin­gle “Bad Blood”, on avait ensuite eu la chance de voir Work­ing Men’s Club à la Gaîté lyrique une dizaine de jours avant le pre­mier con­fine­ment. De ce con­cert, on était ressor­ti con­forté dans notre idée de croire à la magie man­cu­ni­enne, qui fait que chaque année une nou­velle sen­sa­tion vient faire danser les fan­tômes de la Haçien­da. Nous voilà aujourd’hui ras­surés dès le pre­mier morceau, le cock­tail est tou­jours savam­ment dosé : paroles dép­ri­mantes et mélodies enivrantes. Pas­sion­né de musique et fin con­nais­seur de ses prédécesseurs sur la scène locale, Syd­ney Minsky-Sargeant, leader de Work­ing Men’s Club, con­tin­ue sur Fear Fear de pass­er ses références au mixeur. Entre post‑punk et acid house, si à la pre­mière écoute les morceaux de ce sec­ond album ont pu nous paraître un peu abrasifs, les suiv­antes étaient dansantes. C’est là toute la sub­til­ité créa­tive, de fait désta­bil­isante, affichée par ce jeune Anglais de tout juste 20 ans. De l’intro à la The Knife sur “19” aux références 80s omniprésentes qui par­courent l’album et bril­lent sur “Ploys”, l’alliance guitare-synthés ne laisse pas la place au hasard. Cela ravi­ra cer­taine­ment les fans invétérés de Depeche Mode et Human League. Et si vous avez une préférence pour les gui­tares, vous vous lais­serez alors cer­taine­ment emporter tout entier par les vagues suc­ces­sives de “Cut”. Entre un refrain scan­dé à bout de souf­fle et un feu d’artifice instru­men­tal pour con­clure, on ressort en sueur de ce hit furieuse­ment dansant, qui frôle tout de même les sept min­utes. Le temps de repren­dre son souf­fle qu’on met les pieds sous la table pour prof­iter des nappes de “Cir­cum­fer­ence” avant de pass­er au dessert, l’électro-rétro “Heart Attack” avec son syn­thé boule à facettes. À défaut d’être nos­tal­gique d’une époque qui nous a précédés, on est ravis de pou­voir écouter les artistes qu’elle a inspirés.

Cette chronique est à retrou­ver dans le Tsu­gi 152 : Être artiste en 2022 avec Vald, Clara Luciani et Justice

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