crédits : Vonecia Carswell

40 festivals s’engagent à ne pas utiliser les technologies de reconnaissance faciale

Le mois dernier, Fight For The Future a lancé une cam­pagne pour encour­ager les fes­ti­vals et autres événe­ment à ban­nir la tech­nolo­gie “inva­sive” de recon­nais­sance faciale. Le slo­gan du groupe activiste n’est autre que “défendons nos droits fon­da­men­taux et notre lib­erté”. L’or­gan­isme à but non lucratif Fight For The Future se donne pour mis­sion d’u­tilis­er les tech­nolo­gies à bon escient.

Tiffany Cheng et Holmes Wil­son (mem­bres fon­da­teurs de l’or­gan­isme) annonçaient le mois dernier dans un post Face­book : “Les fans de musique devraient être en sécu­rité et respec­tés. Ils ne devraient pas être soumis à une sur­veil­lance bio­métrique inva­sive. Rejoignez notre cam­pagne qui appelle les sociétés comme Tick­et­mas­ter à NE PAS utilis­er la recon­nais­sance faciale dans les fes­ti­vals et les spec­ta­cles”. À ce jour, par­mi les quar­ante fes­ti­vals à s’être engagés à ne pas (ou ne plus) utilis­er cette tech­nolo­gie, on retrou­ve Coachel­la, Pitch­fork Music Fes­ti­val, Lol­la­palooza, Bona­roo, ou encore SXSW.

Entre le sys­tème instal­lé à Pékin pour flu­id­i­fi­er les accès au métro et celui util­isé lors d’un con­cert de Tay­lor Swift pour “repér­er ses harceleurs”, la recon­nais­sance faciale est au coeur du débat actuel. Par­mi les événe­ments qui l’u­tilisent, on compte les fes­ti­vals Burn­ing Man et Out­side Lands, mais aus­si le club Fab­ric à Lon­dres, à l’en­trée duquel il faut désor­mais scan­ner sa carte d’i­den­tité.

Les opposants à cette tech­nique dénon­cent l’inex­ac­ti­tude de la tech­nolo­gies qui entraîne beau­coup d’er­reurs (notam­ment liées à des préjugés raci­aux et sex­istes, ce qui ne fait qu’al­i­menter des dis­crim­i­na­tions) mais aus­si qui utilise des images sur lesquelles ils n’ont pas de droits. “Au début, on par­tait de col­lec­tions de 20 images puis on est passé à des ensem­bles de 20, 40, 50 mil­lions pour entraîn­er les machines. Cer­taines images sont util­isées sans autori­sa­tion, sans pass­er par un sys­tème de procé­dure comme dans un labo” explique Kate Craw­ford, pro­fesseure à l’université de New York, chercheuse à Microsoft, spé­cial­iste des con­séquences socio-politiques du big-data et cofon­da­trice d’un insti­tut de recherche sur les impacts des intel­li­gences arti­fi­cielles. “Le sys­tème n’est ni neu­tre, ni objec­tif”, ajoute-t-elle. C’est ce que Fight For The Future dénonce : ces tech­nolo­gies remet­tent en cause la pro­tec­tion de la vie privée et du droit à l’im­age.

Retrou­vez la péti­tion “Ban facial recog­ni­tion at live shows” ici.

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