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5 performances live d’Amy Winehouse à écouter jusqu’à la fin des temps

Le 23 juil­let 2011, Amy Wine­house est retrou­vée morte dans son apparte­ment de Cam­den Town. L’au­top­sie révélera une over­dose d’al­cool, alors que la diva sor­tait de trois semaines de sevrage. Aus­si tor­turée que tal­entueuse, aus­si extrav­a­gante que sa voix était pure, Amy Wine­house aura éclaboussé la musique des années 2000 de tout son tal­ent. En seule­ment deux albums -Frank et Back to Black- elle a gravé dans les mémoires des mélodies impériss­ables et a offert à la soul un revival flam­boy­ant, avec des influ­ences jazz et r’n’b. Retour sur quelques per­for­mances live qui ont par­ticipé à faire d’elle une des dernières grandes dames de la soul… Dans la digne lignée d’El­la Fitzger­ald, Etta James, Aretha Franklin ou Dinah Wash­ing­ton.

Stronger Than Me” (Glastonbury, 2004)

Toute pre­mière chan­son de son pre­mier album Frank, “Stronger Than Me” abor­de les thèmes favoris d’Amy Wine­house : le cou­ple et le con­flit. Dans une per­for­mance épurée dans un tout petit coin du fes­ti­val Glas­ton­bury, elle est accom­pa­g­née par un gui­tariste bour­ré de groove qui doit encore aujour­d’hui racon­ter à tout le monde ce moment incroy­able. Entre puis­sance et émo­tion, elle prou­ve déjà qu’elle n’au­ra pas besoin de gross­es for­ma­tions instru­men­tales pour faire vibr­er les salles et les stades. A l’époque, elle n’a que 20 ans : Amy Wine­house, la Kylian Mbap­pé de la soul.

You Know I’m No Good” (Brixton Academy de Londres, 2007)

Trois ans plus tard, la diva rem­plit la mythique salle de la Brix­ton Acad­e­my de Lon­dres. Elle donne une inter­pré­ta­tion sobre d’un de ses plus gros suc­cès, sans en faire des caiss­es. Cer­taine­ment pour laiss­er la place à son groupe pour cette chan­son toute en élé­gance : cuiv­res ron­flants, accords jazz glis­sés sur une gui­tare claire, basse ronde et refrain inou­bli­able. Le comble du luxe, c’est la sim­plic­ité.

I Heard It Through the Grapevine” ft. Paul Weller (Jools Holland, BBC, 2006)

Amy Wine­house sait ren­dre hom­mage à ses idol­es. Ici chez Jools Hol­land, elle reprend le tube des Mir­a­cles ren­du célèbre par Sir Mar­vin Gaye en com­pag­nie de Paul Weller. Son live est, comme sou­vent, extrav­a­gant et impres­sion­nant: sa voix est chaude et puis­sante, tout a l’air si facile ! Tan­dis que Paul Weller reste très fidèle à la ver­sion orig­i­nale, Amy a assez d’in­stinct et de maîtrise pour tourn­er autour de la mélodie de base sans jamais nous per­dre, et pour livr­er une des meilleures repris­es de ce titre qu’on a pour­tant enten­du des mil­liers de fois. Ca tran­spire la soul et la classe par ici.

Love Is A Losing Game” (Mercury Prize, 2007)

Com­ment calmer et cap­tiv­er un pub­lic surex­cité en à peine 2 min­utes 30. Encore une ver­sion épurée guitare-voix sur le titre “Love Is A Los­ing Game”, et tou­jours plus d’é­mo­tion pour un de ses titres les plus mélan­col­iques. Quelle douceur… Elle trans­forme ce moment guindé de remise de prix en un instant intimiste. C’est nor­mal d’avoir des fris­sons alors qu’il fait 35°C ?

Back to Black” (Irlande, 2006)

Sans aucun doute la meilleure per­for­mance live de sa car­rière, qui nous fait oubli­er le désas­tre de Bel­grade. Une basse tou­jours plus ronde, une gui­tare qui claque sur les contre-temps, et bien sûr une voix. Merci-bonsoir. Amy excelle dans l’art de se décaler légère­ment du temps pour s’y rac­crocher au dernier moment, en se lais­sant une immense lib­erté, ce qui rend unique cha­cune de ses ver­sions live. Sa voix pleure, on sent dans son regard toute la rage du monde et l’e­space d’un instant, on touche au mer­veilleux. Un live dont on se rap­pellera éter­nelle­ment.

Bonus : “Valerie”

On ne pou­vait pas ne pas men­tion­ner cette ses­sion. Con­fort­able­ment assise dans son canapé, Amy Wine­house donne une nou­velle ver­sion de sa reprise des Zutons. Non­cha­lance absolue, elle sem­ble très peu con­cernée, se regarde les ongles… Et lâche quand même des vocalis­es d’an­tholo­gie, avec une facil­ité décon­cer­tante. Sept ans après sa mort, sa voix et son charisme con­tin­u­ent de hanter nos esprits… Et il sera bien dif­fi­cile de les en déloger.

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