© Capture d'écran du clip de Debussy

À l’écoute : “Debussy” ou l’histoire d’une rédemption à la drogue

Thomas Creveuil et Willie Schwartz, artistes et anciens patients du cen­tre de soin de Bucy-le-Long ont sor­ti ce mer­cre­di 16 mars leur pre­mier clip “Debussy”. Une manière de ren­dre hom­mage à toutes les per­son­nes et patients que les deux amis (l’un à la musique et l’autre à la réal­i­sa­tion du clip) ont ren­con­tré durant leur cure de dés­in­tox­i­ca­tion aux psy­chotropes tout en livrant un mes­sage aus­si sai­sis­sant que poé­tique et sincère au passage. 

Source d’in­spi­ra­tion de Thomas Creveuil et Willie Schwartz, la tout aus­si sul­fureuse qu’in­tri­g­ante vie du grand com­pos­i­teur français Claude Debussy a amené les deux artistes à racon­ter, à tra­vers la musique pour l’un et le clip pour l’autre, leur rédemp­tion. Anciens dépen­dants à “la poudre blanche” comme Willie l’ap­pelle dans ce pre­mier morceau “Debussy”, les deux amis qui se sont ren­con­trés au cen­tre de dés­in­tox­i­ca­tion de Bucy-le-long se racon­tent en par­ti à tra­vers un clip réal­isé par Thomas. Les paroles et la musique ont été écrites et com­posée par Willie. 

C’est sous l’an­gle de leurs rap­ports aux “autres” (ceux devenus leurs amis), que les deux artistes décrivent leur interne­ment dans ce cen­tre qu’on appelle “Le château des émo­tions”. Un poé­tique sobri­quet pour désign­er un lieu qui soigne ceux qui ont per­dus le goût des leurs, dans la con­som­ma­tion de drogues psy­chotropes. Le clip de “Debussy” est aus­si le préam­bule d’un film Les tra­ver­sées. Le tour­nage du moyen-métrage de 52 min­utes débutera en fin d’an­née 2022 sous la baguette de Willie Schwartz et Thomas Creveuil. Le rap­port aux drogues, la rédemp­tion, la force du groupe en seront égale­ment les thèmes centraux.

 

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Le cen­tre de soin de Bucy-le-Long a ouvert il y a 30 ans, sous l’im­pul­sion de Kate Bar­ry. La fille de Jane Birkin et demi-sœur de Char­lotte Gains­bourg dis­paru trag­ique­ment en 2013 ayant été elle-même en lutte con­tre divers­es addic­tions. L’én­ergie qui émane du col­lec­tif et ses indi­vidus, voilà ce que les deux amis racon­tent dans “Debussy”. Willie Schwartz débute le morceau en util­isant exclu­sive­ment la pre­mière per­son­ne avant de pro­gres­sive­ment décrire sa rela­tion avec les “autres”, employ­ant le “on” pour évo­quer son… non, leur expéri­ence. Ce n’est que lorsque le morceau arrive à sa fin, qu’il se recen­tre sur lui-même toute­fois, sans oubli­er de faire réson­ner cette notion de groupe. Il con­clut par : “Je vous emmène avec moi ça me ras­sure, je n’ai plus peur, vous êtes juste là dans mon cœur.” Le clip met en scène une cer­taine Ana et son par­cours au cen­tre. D’abord esseulée face à ses dépen­dances, c’est au détour d’une course libéra­trice dans la nature qu’elle se tourne peu à peu vers le groupe.

Debussy

© Cap­ture d’écran du clip de Debussy

La peur, la douleur, la colère, la joie, les pro­tag­o­nistes passent par des émo­tions plurielles et même par­fois con­traires don­nant des images aus­si puis­santes que bous­cu­lantes. Et quand les images sont dures, les paroles pren­nent le relais pour ras­sur­er. À la ques­tion de “l’après de Bucy”, Willie prend le ton de l’ironie, après tout c’est humain d’avoir des faib­less­es… “Qu’est ce que tu vas en faire de cette colère ? Aucune idée Françoise. Mais en cas­sant des arbres je pour­rais peut-être devenir bucheron ?” Bref on ver­ra, “15 ans de défonce pour 12 semaines de cure” (comme on peut lire sur son compte Face­book) on ne s’en remet pas comme ça. Mais ils sont sur les “bons” rails, cette fois-çi.

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