Capture d'écran de la bande-annonce de "The Holy Gift"

À partir d’un groupe de metal, un docu tente de répondre à la plus impossible des questions

Pourquoi aimons-nous la musique ? Qu’y a‑t-il en elle qui nous touche autant ? Et pourquoi sommes-nous capa­bles d’y dédi­er notre vie ? Le réal­isa­teur nan­tais Stéphane Kaza­di cherche à répon­dre à ces ques­tions dans son film doc­u­men­taire The Holy Gift, repéré par nos con­frères de Sour­dor­eille. Son point de départ : Tool, groupe légendaire du met­al pro­gres­sif, qui a réus­si à touch­er un large pub­lic avec une musique pour­tant extrême­ment dense et tech­nique. On a notam­ment pu les voir lors de la dernière édi­tion du Hellfest, quelques semaines avant la sor­tie de leur nou­veau disque, Fear Inocu­lum, qui a mis 13 ans a suc­céder au chef-d’œuvre 10,000 Days.

Kaza­di les décou­vre en 2001, et devient immé­di­ate­ment fan, com­mençant à réfléchir à un film inspiré de leur musique dès 2005. Mais il ne cherche pas à racon­ter l’histoire du groupe, qui refuse de toute façon toute inter­view filmée depuis ses débuts. Son objec­tif est de com­pren­dre ce que cela veut dire d’être à ce point touché par une musique. Tra­vail­lant par phas­es, selon les disponi­bil­ités et les finances, il tourne en France mais aus­si au Chili et aux États-Unis, lieu de nais­sance de Tool. Il y ren­con­tre de nom­breux fans du groupe, dont deux trib­ute bands améri­cains, Schism et Lat­er­alus (inspirés respec­tive­ment d’un morceau et d’un album de Tool), mais aus­si le dessi­na­teur chilien Wladimir Inos­troza, dont les œuvres s’inspirent de la spir­i­tu­al­ité de Tool. L’écrivaine Amélie Nothomb appa­raît même dans le film pour exprimer tout son amour pour l’album Lat­er­alus.

Si vous n’êtes pas client du rock pro­gres­sif de Tool, pas de panique, la démarche du film va au-delà du film de fan, pour dévelop­per un pro­pos sur la musique en général, et l’ef­fet qu’elle peut avoir sur cha­cun d’en­tre nous. Stéphane Kaza­di a ain­si ren­con­tré plusieurs chercheurs uni­ver­si­taires : Patrick Lang, spé­cial­iste de la philoso­phie de la musique, San­drine Darsel, psy­cho­logue et philosophe, et Hervé Pla­tel, chercheur en neu­ropsy­cholo­gie. Tous ont pour objet de recherche l’impact de la musique sur notre esprit et notre corps, et la com­préhen­sion que l’on en a. Mais au-delà de cet aspect théorique, l’essentiel du par­cours du film est émo­tion­nel : cette émo­tion que l’on ressent en écoutant notre musique favorite, et qui nous attache si forte­ment à un artiste ou un groupe.

Le nom du film vient d’une théorie de fans de Tool : au départ, The Holy Gift était sup­posé­ment un album secret du groupe. Il ne serait en réal­ité qu’une ver­sion alter­na­tive de l’album Lat­er­alus, paru en 2001, dont l’ordre des pistes serait remanié pour coller à la suite de Fibonac­ci. L’au­then­tic­ité de cette ver­sion reste débattue par­mi les fans de Tool.

D’une durée d’1h45, le film a été pro­jeté pour la pre­mière fois à Paris le 12 octo­bre 2019, puis à Bougue­nais (près de Nantes) le 8 févri­er dernier. Pour l’heure, aucune autre pro­jec­tion n’est prévue mais l’équipe du film y tra­vaille.

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