A voir : Molécule nous fait explorer un cercle polaire imaginaire dans un film en réalité virtuelle

Tout débute en 2017 lorsque le pro­duc­teur et DJ français Molécule décide de s’isol­er à Tinite­qi­laaq, un vil­lage au Groen­land, pen­dant cinq semaines. Le but de cette aven­ture est de capter les sons de l’Arc­tique pour com­pos­er -22.7°C, son dernier album sor­ti l’an­née dernière. Le résul­tat est à la fois fasci­nant et inquié­tant. Mêlant bruits de souf­fle, craque­ments de glac­i­ers, aboiements de chiens de traineaux et musique élec­tron­ique, le long-format est une sorte d’ob­jet hybride.

Quelque temps plus tard, le pro­duc­teur fait une ren­con­tre qui sera déci­sive avec Jan Kounen (99 francs, Coco Chanel et Igor Stravin­sky), réal­isa­teur d’o­rig­ine néer­landaise. De fil en aigu­ille naît l’idée d’ac­com­pa­g­n­er ‑22.7°C d’un pro­jet visuel en réal­ité virtuelle. Ni une, ni deux, grâce à l’aide du directeur de pho­togra­phie Hugues Espinasse, une équipe de trois per­son­nes spé­cial­isées dans les tour­nages “grand froid” est mon­tée dès avril 2018. Grâce à une caméra 360°, elle a pu recueil­lir des images du grand Nord lors d’un voy­age de huit jours.

Mon nom est Molécule. Je suis musi­cien. J’ai besoin de par­tir vers l’in­con­nu pour com­pos­er.” Ain­si com­mence le court-métrage -22.7°C, réal­isé par le trio Jan Kounen, Molécule et Amau­ry Labur­the. Ce petit bijou d’en­v­i­ron dix min­utes, mis en ligne aujour­d’hui sur Arte, est une plongée sen­sorielle qui joue avec la vue et l’ouïe. Craque­ments de la ban­quise, bruit du vent polaire, aurores boréales… Au détour d’une aven­ture grandiose en Arc­tique, cette expéri­ence per­met au spec­ta­teur de percevoir une infime par­tie de ce qu’est la créa­tion en milieu extrême. En out­re, le film s’au­torise un grand écart dans le fan­tas­tique, emmenant son spec­ta­teur jusqu’au cen­tre de la Terre pour une épopée digne de Jules Verne. Ces mon­des intérieurs, univers virtuels, ont été con­cep­tu­al­isés en 3D par Jan Kounen et Amau­ry La Bur­the. Du côté de la bande-son, celle-ci est évidem­ment signée Molécule, pour un voy­age immer­sif et multi-sensoriel. Ouvrez grand les yeux.

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