©Sam van Bussel

🎛 Apple Music peut maintenant rĂ©munĂ©rer les artistes d’un mix DJ

Ven­dre­di 10 sep­tem­bre, Apple Music annonçait la mise en place d’un sys­tème qui pour­rait aider de nom­breux DJs : se bas­ant sur la tech­nolo­gie de Shaz­am (pro­priĂ©tĂ© d’Apple), Apple Music pour­ra dĂ©ter­min­er automa­tique­ment quels titres ont Ă©tĂ© mixĂ©s lors d’un DJ set. Cela per­me­t­tra de revers­er Ă©quitable­ment les droits d’auteurs aux artistes con­cernĂ©s, et faciliter l’exploitation des mixes.

Le cal­cul des droits d’auteurs lors d’un DJ set est un sujet com­plexe. En France, à la fin de chaque mix, le DJ doit rem­plir un feuil­let dédié à la SACEM, per­me­t­tant à l’organisme de revers­er les droits qui cor­re­spon­dent. Mais dans les faits, les DJs n’ont que rarement la tête à ça à la sor­tie d’un set. En général, per­son­ne n’a le temps ou l’énergie de s’y con­sacr­er, une tâche plus chronophage qu’elle n’en a l’air. En 2018, la SACEM lançait une pre­mière ini­tia­tive pour ten­ter de remédi­er au prob­lème : des boîtiers instal­lés dans plusieurs clubs de France, analysant automa­tique­ment la musique jouée, et dres­sant donc la liste des artistes à rémunér­er. Une solu­tion impar­faite (que faire des inédits et exclu­siv­ités ?), mais qui per­met une évolution.

C’est dĂ©sor­mais au tour d’Apple Music de ten­ter d’apporter sa con­tri­bu­tion. Au fond, celle-ci repose sur le mĂŞme principe que celle de la SACEM, puisqu’elle se base sur la tech­nolo­gie de Shaz­am. En effet, l’application de recon­nais­sance musi­cale a Ă©tĂ© rachetĂ©e par Apple en 2018, pour 400 mil­lions de dol­lars. Sa tech­nolo­gie sert donc dĂ©sor­mais Ă  analyser automa­tique­ment un mix entier, pour dĂ©ter­min­er quels artistes ont Ă©tĂ© jouĂ©s, quel label a Ă©ditĂ© cette musique, et Ă©ventuelle­ment qui a fait le remix. L’outil serait fiable Ă  93 %, selon des pro­pos rap­portĂ©s par Bill­board en juin dernier.

 

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Là encore, la ques­tion des inédits et titres joués avant leur sor­tie sem­ble encore non résolue. Déter­min­er l’aspect révo­lu­tion­naire ou non de cette annonce va encore deman­der du temps. Mais le prin­ci­pal avan­tage de cet out­il, out­re sa pos­si­bil­ité de mieux rémunér­er cer­tains artistes, con­cerne le livestream, et la préser­va­tion des mix­es. Pour l’heure, de nom­breux DJs ayant voulu pra­ti­quer en direct sur le web se sont heurtés à des prob­lèmes de droits d’auteurs, lim­i­tant ain­si la richesse de leurs sets. Avec cet out­il, Apple Music promet non seule­ment de pou­voir héberg­er des mix­es, mais aus­si de les exploiter, de les con­serv­er ou de les dif­fuser en toute légal­ité. Dans la foulée de l’annonce, la plate­forme a d’ailleurs annon­cé l’arrivée de plusieurs sets issus des com­pi­la­tions DJ-Kicks, ain­si que des mix­es de Char­lotte de Witte, venus s’ajouter aux mil­liers de sets déjà présents.

Dif­fi­cile de dire si des plate­formes comme YouTube, Twitch ou Face­book pour­ront se servir de leurs pro­pres out­ils de recon­nais­sance pour aider les DJs. Car le con­tenu d’Apple Music ne vient pas des util­isa­teurs, mais bien de con­trats signés. Il faut d’ailleurs que 70% des titres soient iden­ti­fi­ables pour qu’un mix y soit accep­té. C’est ce qui explique que les plate­formes citées plus haut doivent faire un usage avant tout répres­sif de leur tech­nolo­gie. Tout ceci prend égale­ment place dans la volon­té d’Apple Music de venir, à terme, con­cur­rencer Spo­ti­fy (qui mise, quant à elle, sur le pod­cast). Pour rap­pel, l’entreprise à la pomme revendique une bien meilleure rémunéra­tion des artistes via les écoutes sur sa plate­forme, atteignant le pal­li­er haute­ment sym­bol­ique du cen­time de dol­lar par écoute. Un argu­ment de poids, alors que la colère con­tre Spo­ti­fy ne cesse de grandir.

 

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