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Après l’écoute du dernier album de Viagra Boys, qu’est-ce qu’on fait ?

Vous avez adoré le dernier album des Via­gra Boys, génial ! Vous faites quoi ensuite ? Voici quelques idées, des albums, un pod­cast et une actu­al­ité chaude.

On vous en par­lait déjà dans le dernier numéro de notre mag­a­zine au détour d’une chronique de disque, ça y est Cave World est disponible à l’é­coute depuis aujour­d’hui, minu­it. Dans ce pro­jet, le sul­fureux groupe post-punk sué­dois a choisi de nar­rer la bêtise de l’Homme, de l’époque où il vivait dans des cav­ernes à aujour­d’hui, et ce, dans une joyeuse ambiance bor­délique, où les lignes de bass­es fréné­tiques et la bat­terie aus­si bour­rins que pré­cis sont reines. Ajoutez à cette musique punk-anarchiste, la voix cri­arde de Sebas­t­ian Mur­phy énumérant avec ironie et recul cer­taines théories du com­plot avec tou­jours en toile de fond la stu­pid­ité de l’Homme. Et voici la recette de ce superbe nou­v­el album de Via­gra Boys, aus­si drôle que tran­scen­dant que nécessaire.

À l’heure du stream­ing où l’é­coute de musiques s’ap­par­ente plus à une con­som­ma­tion glou­tonne et fréné­tique, quelques écoutes de Cave World et votre cerveau, déjà sub­mergé d’in­for­ma­tions en tout genre, vous poussera à s’at­tel­er à une autre activ­ité dans une logique pro­duc­tiviste. Même si c’est con­traire au mes­sage porté par Via­gra Boys, on va vous aider à assou­vir votre soif de con­som­mer. Alors que faire après avoir écouter Cave World ? Suiv­ez le guide.

Le système se meurt ? Vous avez comme un besoin de revendiquer ? On vous conseille l’album de Yard Act, The Overload.

On remonte légère­ment le temps, de quelques mois — en jan­vi­er pré­cisé­ment — ,  au Royaume-Uni — bloody ros­b­ifs ! -  et on se rep­longe dans le pre­mier album de Yard Act, The Over­load. Quand Via­gra Boys, dressent une satire de l’humanité, les Leo­disiens (de Leeds), eux écrivent un pam­phlet anti-capitaliste, que même Marx n’aurait pu écrire. Ils y dénon­cent le prof­it (évidem­ment), le mode de vie bour­geois, l’exploitation de la main d’oeuvre par les plus rich­es, ou encore le regard con­de­scen­dant des plus âgé·es sur la généra­tion Z. Tout cela en faisant danser les foules sur des mélodies post-punk aux bass­es groovy, aux influ­ences par­fois dis­co et indie rock. Ajouter du groove à du punk, où du moins de l’énergie de dance­floor, c’est aus­si le leit­mo­tiv de Via­gra Boys. PS : on vous con­seille égale­ment d’écouter l’hymne de foot­ball de Leeds, car le folk­lore ne va jamais assez loin.

Vous souhaitez continuer à vibrer au son des batteries lancées à vive allure dans votre salon ? Que diriez-vous d’un tour du côté de la discographie d’Amyl and The Sniffers, plus particulièrement du côté de Comfort To Me. 

Vous n’êtes pas prêt de redescen­dre ? L’hu­main est stu­pide, pro­fondé­ment stu­pide ! Criez-le au son des impétueux morceaux du dernier superbe pro­jet d’Amyl and The Snif­fers. La voix d’Amy Tay­lor vous trans­portera bien aidée par les mélodies élec­tri­fi­antes de gui­tare et de basse comme sur “Hertz”, “Mag­got”, “Choic­es”, “Guid­ed by Angels”… en gros ‑presque- tous les morceaux de cet album inti­t­ulé Com­fort to Me. Cepen­dant si on devait en faire une cri­tique, il présente une lim­ite : son côté un peu trop répéti­tif entre les morceaux et dans la voix d’Amy. Peut-être un des mau­vais pen­chants de ce côté brut de décof­frage qu’on adore…

Que manger juste après ?

Vous vous êtes pris “Return To Monke” en pleine face. Vous êtes venu à bout de cet album. Mais sec­ouer la tête au rythme de la bat­terie de Tor Sjödén vous a creusé l’ap­pétit… Que diriez-vous d’un met d’ex­cep­tion venu tout droit de Suède qui collera par­faite­ment avec l’am­biance retour à l’Homme de Nean­der­tal prôné par Sebas­t­ian Mur­phy dans ses textes ? On vous pro­pose le “chok­lad­krokant” alias “la tarte au choco­lat et au caca”. Souvenez-vous, mars 2013, Ikéa rap­pelle tous ses fon­dants au choco­lat des cafétérias de ses enseignes dans 23 pays à tra­vers le monde, la rai­son ? Les gâteaux con­tiendraient des bac­téries fécales selon la douane chi­noise de l’époque. L’his­toire fait grand bruit. Quoi de mieux que ce met d’ex­cep­tion pour répon­dre aux paroles durs envers la race humaine de Mur­phy ? Oui, à notre ère, lancer sur le marché des ali­ments avec des traces d’ex­cré­ments, c’est pos­si­ble, la bêtise humaine portée en tri­om­phe par des logiques économiques rien de plus, rien de moins.

Quoi consulter ensuite ?

La claque était trop forte, l’ironie dés­abusée de Sebas­t­ian Mur­phy à pro­pos de toutes ces nou­velles com­mu­nautés com­plo­tistes, anti­vax, platistes, mas­culin­istes… vous a retourné le cerveau vous avez besoin d’en con­naître plus sur ces étranges fake news lancées et défendues bec et ongle sur le net et les réseaux soci­aux. On con­nait la team pre­mier degré qui pour­rait ne pas com­pren­dre toute l’ironie sous jacente dans les lignes de Cave World. Alors le pod­cast “Mécaniques du com­plo­tisme” pro­duit par France Cul­ture et disponible sur les plate­formes de stream­ing et le site de Radio France devrait vous aider. Il vous per­me­t­tra d’avoir des élé­ments  tan­gi­bles pour rétor­quer lors de débat houleux avec ceux qui ne ver­rait en la théorie de l’évo­lu­tion de Dar­win un grand com­plot mon­di­ale — soit votre oncle raciste‑, bonne écoute.

Quoi suivre dans l’actualité ?

On ne quitte pas le Royaume-Uni, terre d’ac­cueil des sué­dois de Via­gra Boys, tout de suite. Après s’être déchain­er tout le week-end au son des quelques “Baby Crim­i­nal”, “Human Error” ou encore “Big Boy”, il est temps de recon­necter avec le monde, et ça dès lun­di par un coup d’œil vers l’outre-manche où il s’en passe du grabuge. Au cœur de l’ac­tu­al­ité, Boris John­son a été pressé de ren­dre les clés du 10 Down­ing Street. L’ex-Premier Min­istre bri­tan­nique a été poussé à démis­sion­ner à la suite de scan­dales à répéti­tion. Déjà l’un des mem­bres du gou­verne­ment a été accusé d’a­gres­sions sex­uelles et puis la presse n’a cessé de révéler les — désor­mais célèbres —  gar­den par­ties du pou­voir bri­tan­nique qui se sont déroulées  en plein con­fine­ment alors que le reste du pays était prié de se tenir sage. Intran­sigeance à l’anglaise ou lax­isme à la française ?

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