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17 juillet 2020

Au Palais de Tokyo, une expo inspirée de « La Haine » par l’école Kourtrajmé

par Léonie Ruellan

Du 29 août au 7 septembre 2020, Mathieu Kassovitz, Ladj Ly et JR investissent le Palais de Tokyo avec l’école Kourtrajmé et organisent « Jusqu’ici tout va bien », une exposition capsule sous forme de workshop. Un projet multidisciplinaire autour de la filiation entre La Haine de Mathieu Kassowitz et Les Misérables de Ladj Ly. 

En 1995, La Haine donnait un autre regard sur les banlieues et les violences policières et sociales qu’elles subissent. Vingt-cinq ans plus tard, en 2019, l’« enfant de la Haine » Ladj Ly réalisait Les Misérables qui retentissait comme un écho à La Haine et rappelait que la banlieue était toujours un espace maudit en France. De cette filiation entre les deux films qui marquent deux générations est né le projet « Jusqu’ici tout va bien », dans lequel une trentaine d’étudiants de l’école Kourtrajmé vont s’approprier les thèmes qui ressortent des films. « L’idée, c’est qu’ils répondent à la question : qu’est-ce qui leur fout la haine aujourd’hui ? Le but n’est pas qu’ils illustrent les films, mais qu’ils partent des constats et des sujets qui y sont évoqués pour créer des œuvres. Et ce toujours dans la méthode qui leur est enseignée à l’école Kourtrajmé : l’urgence et la débrouillardise. On va créer une exposition très vivante qu’on pourra modifier jusqu’à la dernière minute pour créer la surprise », nous explique Hugo Vitrani, commissaire de l’exposition.

« L’idée, c’est qu’ils répondent à la question : qu’est-ce qui leur fout la haine aujourd’hui ? »

La Haine, Mathieu Kassovitz

L’école Kourtrajmé, qui a récemment ouvert un deuxième campus à Marseille, a été fondée en 2018 par Ladj Ly à Clichy-Montfermeil. Elle forme aux métiers du cinéma et repose sur des principes qui font sa particularité : elle est gratuite, ouverte à tou·te·s, sans condition de diplôme ni limite d’âge. Ladj Ly a crée l’école qu’il aurait aimé faire, une école qui élargit le champs des possibles et offre une opportunité à tous les profils. « Il y a des parcours très différents. Par exemple, l’élève le plus âgé de l’école a plus de 40 ans, c’est un ancien rappeur qui tenait un bar à chicha ».

Toutes les sections de l’école participent au projet pour créer un panorama d’œuvres très varié : « Il y aura des installations, une salle de projections avec des courts-métrages, de la sculpture, de la photographie, de la danse, des performances avec des interventions musicales… Par exemple, on va recréer et réinventer la scène où Cut Killer mix au balcon dans La Haine. Il y aura une série de photos qui interroge comment la mode se réapproprie les codes de la banlieue. On va aussi jouer entre fiction et réalité avec des montages qui mélangeront des rushs de la Haine et des Misérables avec des images d’actualité. Une élève a décidé de recréer la chambre de Vinz pour parler de la place des femmes dans les deux films. Et plein d’autres projets encore. »

Les Misérables, Ladj Ly
© Wild Bunch Germany

Des concerts et DJs sets auront lieu si les mesures sanitaires le permettent. Mais aucun nom ne peut être dévoilé pour le moment. Néanmoins, on sait que des artistes seront convié·e·s, pour se produire ou pour participer aux débats et tables rondes qui seront organisées : « on compte inviter les artistes proches de Mathieu Kassovitz, Ladj Ly et JR, les trois co-commissaires de l’expo. Ainsi que des artistes qui étaient importants à l’époque de La Haine et qui le sont à celle des Misérables. On va faire en sorte que chaque jour il se passe quelque chose, avec des invités, prévus ou non, et des prises de parole, des rencontres…».

On peut d’ores et déjà miser sur quelques noms puisque, en toute logique, c’est la culture street et hiphop qui sera mise à l’honneur. Un Pop Shop sera installé à l’entrée de l’expo, géré par l’agence Blackrainbow, créée par Greg Hervieux, fondateur de la marque Triad. Des éditions limitées réalisées par Triad et Homecore, les deux marques pionnières du streetwear en France, avec Carhartt et Aimé Leon Dore, seront disponibles dans le Pop Shop. Les bénéfices de la vente seront reversés à l’école Kourtrajmé, afin de financer les projets des élèves.

Cette semaine d’exposition, du 29 août au 7 septembre, sera accessible dans les conditions habituelles du Palais de Tokyo. En attendant, on peut se rendre aux cinq autres expositions du moment.

 

 

 

 

L’école Kourtrajmé, Palais de Tokyo, 2020
Courtesy JR

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