© Andrew Skudder

Au Royaume-Uni, des salles de concert au secours des artistes

Lancée en jan­vi­er, plus 400 salles de con­cert sont listées au réper­toire “100% Venues”. Un réper­toire lancé par la FAC - un organ­isme bri­tan­nique représen­tant les droits et intérêts des artistes de la musique — recen­sant tous les lieux ne prenant aucune com­mis­sion sur les ventes de pro­duits dérivés des artistes lors des concerts.

En jan­vi­er dernier The Fea­tured Artists Coali­tion (FAC), un organ­isme com­mer­cial bri­tan­nique représen­tant les droits et intérêts spé­ci­fiques des artistes de la musique, lançait une nou­velle cam­pagne por­tant sur la vente de merch dans les salles de con­cert. La FAC a com­mencé à recenser toutes les salles renonçant à leur com­mis­sion sur les ventes de pro­duits dérivés des artistes lors des con­certs. Ce réper­toire “100% Venues” a pour but de dénon­cer celles qui con­tin­u­ent à prélever une part des recettes au détri­ment des artistes. Cette pra­tique est jugée obsolète et injuste dans un con­texte pots-covid et post-brexit.

L’or­gan­isme a récem­ment indiqué à NME que plus de 400 lieux ont été listés. Cepen­dant la FAC relève égale­ment qu’un cer­tain nom­bre de grandes arènes et de groupes de salles au Royaume-Uni dont l’arène The O2 et les groupes AEG , l’Acad­e­my Group et, ne font tou­jours pas par­tie de la base de don­nées. Un porte-parole de The O2 a déclaré être “en dia­logue con­tin­ue avec la FAC et “tra­vail­lait avec elle pour déter­min­er la marche à suiv­re”. Le groupe AEG Europe a égale­ment con­fir­mé être en com­mu­ni­ca­tion avec l’or­gan­isme. L’A­cad­e­my Group, n’a quant lui pas répon­du aux sol­lic­i­ta­tions du magazine.

 

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Avec l’an­cien bassiste de Joy Divi­sion et de New Order, Peter Hook, Tim Burgess de The Char­la­tans a été l’un des plus ardents défenseurs de la cam­pagne. “C’est quelque chose qui existe depuis des années, mais quand nous en par­lions à notre man­ag­er et à notre label, ils nous dis­aient sim­ple­ment ‘c’est comme ça’ “, expliquait-il à NME, avant de con­tin­uer “en 1990, on pou­vait ven­dre 100 000 exem­plaires d’un sin­gle en vinyle, le mer­chan­dis­ing était donc impor­tant, mais pas autant qu’au­jour­d’hui. Le stream­ing sig­ni­fie que les nou­veaux groupes n’ont pas de ventes de dis­ques pour les faire vivre.”

© cap­ture d’écran du site The Fea­tured Artists Coalition

Le PDG de la FAC, David Mar­tin, a affir­mé qu’il existe cer­tains cas extrêmes où les salles de spec­ta­cle récla­ment des com­mis­sions allant jusqu’à 45 %. “Dans ces cas-là, la salle de spec­ta­cle empoche plus que l’artiste.” Une sit­u­a­tion qui n’est plus pos­si­ble selon lui. “Les artistes sor­tent d’une pandémie en dis­ant : ‘Après des années d’im­pos­si­bil­ité de faire des tournées, le Brex­it, c’est de la merde, et tout le monde essaie de me pren­dre de l’ar­gent. Nous essayons de dévelop­per une car­rière ici et c’est sou­vent impos­si­ble’ “, raconte-t-il.  Et puis ce fonc­tion­nement mécon­tente égale­ment les fans, qui pensent soutenir leurs artistes en achetant un vinyle ou un t‑shirt à la fin d’un con­cert. À ces fans Mar­tin demande de se ren­seign­er. Si la salle empoche une com­mis­sion sur la vente de merch, les fans devraient se rediriger vers le site-web de l’artiste.

La FAC ajoute égale­ment que cette cam­pagne n’a pas pour butte de com­bat­tre les salles de con­cert, mais de créer un écosys­tème plus équitable. En effet, l’an­née dernière, il a été révélé que les lieux de musiques de prox­im­ité au Royaume-Uni devaient faire face à un déficit de 90 mil­lions de livres pour sor­tir de la pandémie de COVID.

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