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🔊 Avec ce nouvel album, Tirzah glisse de la club music à une captivante lenteur

Après qua­tre ans d’ab­sence, Tirzah revient avec Colour­grade. Un album moins club que son pre­mier Devo­tion mais tout aus­si captivant.

Chronique issue du Tsu­gi 144 : Voy­age sur la planète ambi­ent, disponible en kiosque et Ă  la com­mande en ligne.

Il fau­dra s’y résoudre, le dance­floor sem­ble bel et bien der­rière Tirzah. Si l’on pou­vait encore dis­tinguer sur son pre­mier album une influ­ence UK garage héritée de ses pre­miers max­is sor­tis sur Greco-Roman, son sec­ond l’éloigne défini­tive­ment des clubs pour gliss­er vers un ter­ri­toire embrumé où la lenteur est de mise. Les thèmes abor­dés auraient été de toute façon peu prop­ices à des cav­al­cades à plus de 120 BPM. Tazir Mastin l’a enreg­istré peu de temps après la sor­tie du remar­quable Devo­tion, au moment où elle don­nait nais­sance à son pre­mier enfant et devait com­pos­er avec une tournée. Une péri­ode à la fois heureuse et stres­sante, euphorique et chao­tique, mêlant amour et fatigue, comme le sug­gèrent ses textes, chan­tés d’un tim­bre tou­jours aus­si déli­cat. Les jeunes par­ents en manque de som­meil, pas encore frap­pés par cette amnésie post-natale qui per­met de rel­a­tivis­er et de se relancer dans l’aventure, comprendront.

La musique qui l’accompagne est au dia­pa­son, lumineuse, coton­neuse, lanci­nante, pesante, signée par son acolyte de tou­jours, Mica Levi, ren­con­trée il y a une ving­taine d’années sur les bancs de la pres­tigieuse Pur­cell School For Young Musi­cians, par­tie inté­grante du pro­jet. Tazir Mastin a sou­vent répété que Tirzah, c’était à la fois elle et Mica. On s’en était déjà ren­du compte. La pro­duc­tion, sou­vent auda­cieuse, compte autant que le chant dans la réus­site des albums de Tirzah. Sur le pre­mier, elle se dis­tin­guait par sa capac­ité à dégager beau­coup avec peu, sou­vent une boucle de piano et un beat offrant un R&B intimiste et sin­guli­er. On retrou­ve cet art de l’épure sur le sec­ond, mais cette fois le piano cède place à des sonorités plus rugueuses, tex­tures gran­uleuses, craque­ments ou gui­tares dis­tor­dues comme on les affec­tion­nait dans le rock indé améri­cain des années 1990. Une évo­lu­tion qui per­met d’éviter la red­ite. Ce nou­v­el album est aus­si cap­ti­vant que le premier.

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Tsugi 14

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