Avec son dernier album, Bachar Mar-Khalifé rend hommage à la musique nubienne

Hamza El Din : pas sûr que vous con­naissiez ce nom. Et pour­tant, Bob Dylan, Joan Baez et même le com­pos­i­teur Steve Reich comp­taient par­mi les admi­ra­teurs de ce joueur de oud dis­paru en 2006. Quelques douze ans plus tard, le chanteur-pianiste-compositeur Bachar Mar-Khalifé a décidé de lui ren­dre hom­mage en dévoilant aujour­d’hui The Water Wheel : A Trib­ute to Hamza El Din — une référence à son album Escalay: The Water Wheel paru en 1971. L’artiste libanais l’a décou­vert dans la dis­cothèque de son père oud­iste Mar­cel Khal­ifé : “à 15 ans, je l’écoutais sans savoir d’où venait ce mon­sieur. C’est un album que je pas­sais en secret, seul, le soir. J’avais un peu un peu l’impression de retourn­er chez moi, au Liban” explique-t-il. Car Bachar Mar-Khalifé et Hamza El Din ne sont pas seule­ment liés par la musique. Il y a aus­si l’ex­il. Le pre­mier quitte le Liban alors qu’il n’a que six ans pour se retrou­ver à Paris avec toute sa famille et le sec­ond a longue­ment vécu aux Etats-Unis après avoir lais­sé son pays d’o­rig­ine, l’E­gypte, der­rière lui.

Ici les deux univers se rejoignent pour créer une musique mys­tique où les per­cus­sions se mélan­gent au piano et au saz élec­trique (un luth à manche long). La voix poignante et les sonorités mêlant élec­tro et musique tra­di­tion­nelle emmè­nent l’au­di­teur au Moyen-Orient dès le pre­mier titre “Escalay”. Ce voy­age se pour­suit avec des morceaux à la fois com­plex­es et hyp­no­tiques comme “The Water Wheel” et son jazz charmeur ou encore “Hela Lisa” où le piano poé­tique ren­con­tre des sonorités ori­en­tales.

Bachar Mar-Khalifé sera en con­cert le 30 mai à la Maro­quiner­ie, le 14 juin à Angoulême, le 15 juin à Toulouse pour le fes­ti­val Rio Loco ou encore le 14 juil­let aux Fran­co­folies de la Rochelle.

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