Berlin donne son feu vert pour l’analyse de drogues dans les clubs

En club, les drogues cir­cu­lent ; ce n’est un secret pour per­son­ne. Mais per­son­ne ne sait exacte­ment ce qui peut se cacher dans une pilule ou quelques mil­ligrammes de poudre. C’est pré­cisé­ment ce que Berlin cherche à chang­er. Le gou­verne­ment région­al de l’E­tat de Berlin, régi depuis 2016 par une coali­tion inédite (“rouge-rouge-verte”, rassem­blant les sociaux-démocrates, la gauche rad­i­cale et le par­ti écol­o­giste) vient de con­firmer la légal­ité d’un dis­posi­tif de con­trôle des drogues : les meneurs du pro­jet ne pour­ront être pour­suiv­is. Ain­si, les con­som­ma­teurs devraient pou­voir faire analyser la pureté et la posolo­gie de leurs drogues fes­tives. Si la date de lance­ment n’est pas encore con­nue, cela ne devrait plus tarder : “Afin d’ac­célér­er la mise en œuvre, nous en sommes aux dernières étapes d’une coor­di­na­tion étroite avec les autorités”, a expliqué la porte-parole du Sénat berli­nois pour la san­té“Nous avons égale­ment dou­blé le bud­get pour 2020/2021, afin de faire avancer le pro­jet”. Pour 2018/19, 150 000 euros avaient déjà été alloués pour la mise place du dis­posi­tif, conçu par des insti­tu­tions indépen­dantes rat­tachées à la Berlin Suchthil­fe (Cen­tre dédié au traite­ment des addic­tions).

Dès sa créa­tion, la coali­tion avait annon­cé son inten­tion de ren­forcer les mesures visant à “réduire les risques liés à la con­som­ma­tion de drogues” — y com­pris son con­trôle. Out­re les dom­mages causés à la san­té par des sub­stances actives telles que le cannabis, la cocaïne et l’ec­sta­sy, ces risques inclu­ent égale­ment la con­t­a­m­i­na­tion, l’ad­dic­tion et le repli sur soi. Les par­ti­sans de ce dis­posi­tif espèrent égale­ment qu’il per­me­t­tra un meilleur accès aux con­som­ma­teurs à des fins éduca­tives. L’op­po­si­tion avait vive­ment cri­tiqué le plan dès le départ, cri­ti­quant une inci­ta­tion sup­plé­men­taire à con­som­mer. Un porte-parole de la fac­tion du FDP a par­lé d’un “pro­gramme de sou­tien aux clans crim­inels et à leurs deal­ers”. Pour­tant, le con­trôle des drogues existe déjà en Autriche, en Espagne, aux Pays-Bas et surtout en Suisse. Là-bas, le ser­vice de con­sul­ta­tion est déjà autorisé par la loi depuis 20 ans. Le Dro­gen­in­for­ma­tion­szen­trum (DIZ) de la ville de Zurich, par exem­ple, pro­pose tous les mardis et ven­dredis des rendez-vous où les médica­ments peu­vent être remis pour analyse. En out­re, les col­lab­o­ra­teurs du pro­jet Safer­par­ty se ren­dent régulière­ment dans les clubs zuri­chois, équipés d’un lab­o­ra­toire mobile et d’un stand d’in­for­ma­tions, pour analyser les drogues ain­si qu’­ex­pli­quer les con­séquences de leur con­som­ma­tion.

Cette mesure berli­noise s’in­scrit dans un débat de fond sur les drogues dans la cap­i­tale alle­mande, entamé l’an­née dernière. Dans un long reportage datant de mars 2018, le jour­nal­iste Alexan­der Osang avait décrit le sort d’un Améri­caine mort d’une over­dose de MDMA au Berghain. La mise en place de tels dis­posi­tifs sem­ble être une manière pos­i­tive et con­struc­tive d’empêcher de tels drames.

 

 

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