Sina XX - Crédit photo : Anthony Valon

Ça sort aujourd’hui : vendredi 30 août

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week-end avec Sina XX, Para­noid Lon­don, DJ Varso­vie, Ezra Fur­man, Afrodeutsche, Pion et Xavier.

Sina XXDebts Will Tear Us Apart [Subtyl]

Sina XX revient avec une fougue nos­tal­gique dans ce nou­v­el EP, dont le nom fait référence au titre mythique de Joy Divi­sion. Le Le co-fondateur de Sub­tyl  a souhaité mêler tech­no et new-wave, et ça marche. On ne le perçoit pas directe­ment. En effet, le pre­mier titre “Free From Desire” ressem­ble peu à la musique des années 80, mais il fait douce­ment mon­ter la pres­sion avec ses sonorités sat­urées et ses kicks rebondis­sants. Et ça rebon­dit de plus belle dans “Acci­den­tal­ly Cool”. On finit sur le son le plus rétro-futuriste des trois : “Debts Will Tear Us Apart” à base de notes syn­thé­tiques et de ryth­miques typ­iques des 80s. Retour vers le futur avec Sina XX.

Paranoid London — PL [Paranoid London Records]

On reste dans le rétro-futurisme avec le duo bri­tan­nique Para­noid Lon­don. Quinn Whal­ley et Ger­ar­do Del­ga­do pro­duisent un album dans lequel les col­lab­o­ra­tions se bous­cu­lent. On peut y enten­dre les voix de Josh Caffe, chou­chou de la scène queer lon­doni­enne, Muta­do Pin­ta­do de War­m­dusch­er, ou encore Simon Top­ping de A Cer­tain Ratio. Cet album réu­nit des morceaux aux rythmes cor­rosifs et dépouil­lés d’ar­ti­fices. On y écoute des bangers bruts, et notre favori, c’est “Nobody Watch­ing”. Ça pour­rait presque être un morceau acid si on aug­men­tait le nom­bre de BPM.


DJ Varsovie — Sombre Ibiza [Intervision]

Voilà un LP qui réveille. DJ Varso­vie dit jouer du “dis­co brut et vio­lent pour les fins d’été tristes”. Ça se con­firme dès les pre­mières sec­on­des de “Som­bre Ibiza” avec une ligne de basse qui ne plaisante pas, rejointe par une mélodie digne du générique de Stranger Things. Le tem­po ralen­tit et les sonorités s’as­sagis­sent sur “Syd­ney” pour repren­dre de plus belle sur “Shad­ows On A Dance­floor” et “When He Touch­es Your Body”. Trois remix­es de 14anger, Under Black Hel­met et Geinst appa­rais­sent à la fin de l’o­pus. Alors effec­tive­ment, c’est brut mais c’est cer­taine­ment ça qu’on préfère pour danser jusqu’à l’aube.

Ezra Furman — Twelve Nudes [Bella Union]

Send nudes and twelve please. L’Améri­cain Ezra Fur­man revient en pleine forme seule­ment un an après l’al­bum Transan­gel­ic Exo­dus. L’o­pus est enreg­istré à l’automne 2018 à Oak­land et mixé par John Con­gle­ton, le pro­duc­teur de St. Vin­cent. Ezra Fur­man décrit cet album comme punk en ajoutant ceci : “Nous l’avons fait à Oak­land, rapi­de­ment. Nous avons bu et fumé. Puis nous avons ren­for­cé les par­ties bruyantes. Je me suis fait mal à la voix en hurlant. C’était en 2018 quand les choses allaient mal dans le monde. Les chan­sons sont brutes, il n’y a rien à cacher.” Et en effet, il s’é­corche la voix, les gui­tares sat­urent au max­i­mum, c’est un album qui vous élec­trise jusqu’à la moelle.

Afrodeutsche — RR01 [River Rapid]

La pro­duc­trice basée à Man­ches­ter inau­gure le label tout frais d’Eclair Fifi avec ce nou­v­el EP de qua­tre titres. Afrodeutsche pro­pose un opus aux accents de synth pop som­bre. Pour­tant elle explique avoir été inspirée par l’afro-beat et le jazz: “Quand j’ai écrit ‘Make the Call’, j’é­coutais beau­coup d’afro-beat et de jazz, ce qui a sans aucun doute influ­encé le rythme de l’al­bum. Toutes les dif­férentes par­ties ont été impro­visées et con­servées en l’é­tat pour en préserv­er tous les tra­vers.” On appré­cie l’au­dace d’Afrodeutsche qui com­mence à percer après des per­for­mances au Dek­man­tel, au SONAR et à Dimen­sions. Affaire à suiv­re.


Pion — 22:22 [Entreprise]

La chan­son française n’a qu’à bien se tenir. On vous avait par­lé de leur pre­mier extrait dans notre Tsu­gi dai­ly, cette fois-ci, on écoute l’al­bum entier. Le trio nous emmène dans leur rêve lyrique fait de nappes syn­thé­tiques planantes dans “Peu­ple fos­sile”, de notes dis­so­nantes dans “Sym­pa­cide” et de paroles poé­tiques dans tous les morceaux. Cet album est à écouter à 22h22 de préférence.

Xavier — Sprayed Love [at(h)ome]

Xavier com­mence très fort son album, autant sur le fond que sur la forme. En effet, le pre­mier morceau se nomme “Fist Funkin”, c’est en fea­tur­ing avec le rappeur A2H, et ça ressem­ble à du Ste­vie Won­der. Sur le deux­ième morceau, on reste sur cette même vibe funky mais plus calme, tein­té de soul. Puis soudain, change­ment total de reg­istre avec “Xan Air­line”, un morceau rock dans lequel Xavier chante et rappe en français. La palette sonore de l’al­bum est très large, d’un hit funky à des cris de dinosaures dans l’in­ter­lude en pas­sant par une bal­lade dans “Day Is Gone”, le MC des Svinkels nous fait pass­er par toutes les émo­tions dans cet Objet Musi­cal Non Iden­ti­fié.

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