Extrait de la pochette de "Sweet Rage" de La Mess - Crédit Photo : Philippe Galowich

Ça sort aujourd’hui : vendredi 5 avril

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week-end avec les pro­duc­tions glacées de Glad­kazu­ka, la house chaleureuse de Letherette et Infin­i­ty Ink, les nappes rêveuses de YokoO,  la soul-pop élec­tron­ique de La Mess et la pop futur­iste de Nel­son Beer.

Gladkazuka — The Drop [Cómeme]

On com­mence ce “Ça sort aujour­d’hui” avec Glad­kazu­ka. S’il est encore peu con­nu du grand pub­lic, le pro­duc­teur colom­bi­en est une fig­ure impor­tante de la scène under­ground de Medel­lín depuis quelques années. Il pub­lie aujour­d’hui The Drop, son pre­mier EP solo sur le label Cómeme. Celui-ci s’ou­vre sur deux instru­men­tales très new wave qui nous ramè­nent directe­ment dans les années 80 grâce à des drumk­it puis­sants et des syn­thé­tiseurs analogiques vin­tage. Mais l’artiste est égale­ment influ­encé par des sonorités elec­tro issues de Detroit, et n’hésite pas à en jouer sur le som­bre et min­i­mal­iste “Doblan”.

Letherette — Mander House Edits [Wulf Records]

Après son album Man­der House, Vol. 1 sor­ti en octo­bre dernier, le duo Letherette revient avec une sélec­tion d’ed­its. Trois morceaux du disque sont ici allongés et l’inédit “Just For You” s’a­joute à la track­list. On se retrou­ve ici avec une col­lec­tion très house et fes­tive, aux influ­ences UK Garage. D’ailleurs les découpes vocales de “Chains” ne man­queront pas d’évo­quer le fameux morceau “Des­tiny” de Dem 2. Des revire­ments davan­tage dis­co et lo-fi suiv­ront sur les titres “Tell Me That You Like It” et “Just For You”.

YokoO — Nothing Can Compare [All Day I Dream]

Disponible depuis quelques temps en dig­i­tal, le pre­mier album de YokoO, pro­duc­teur français exilé à Berlin, sort enfin aujour­d’hui offi­cielle­ment sur All Day I Dream, label améri­cain spé­cial­isé dans la house et la tech­no ultra mélodiques et, comme son nom l’indique, rêveuses. Pas d’ex­cep­tion ici avec ce Noth­ing Can Com­pare, qui mêle sub­tile­ment notes de piano, per­cus­sions, nappes et sam­ples de voix pour un résul­tat organique et planant. Un peu de vio­lon s’in­vite même à la fête (ou à la sieste, c’est selon) comme sur “Rain On Fris­dom” tan­dis que ce qui ressem­ble à un steel-drum enchante le sin­gle “Cin­gu­lo­ma­nia”. Fun fact, la “cin­gu­lo­ma­nia”, selon le Urban Dic­tio­n­nary, est le désir irré­press­ible de ser­rer une per­son­ne dans ses bras – vous en faites ce que vous voulez.

Infinity Ink — House of Infinity [Cooltempo]

On con­tin­ue avec Infin­i­ty Ink. Si la voix du deux­ième morceau vous sem­ble famil­ière c’est nor­mal : la moitié du duo Ali Love avait chan­té pour Jus­tice sur le sin­gle “Civ­i­liza­tion” en 2011. Avec son com­parse Luca Chaz­al, il nous pro­pose aujour­d’hui onze titres noc­turnes et dansants. Par­fois, leurs  sonorités dériveront vers l’acid, le dis­co ou le r’n’b, sans jamais s’é­carter du groove de la house. Au final, une cer­taine spon­tanéité se dégagera de l’ensem­ble. Logique quand on sait que le disque a été enreg­istré au cours de longues ses­sions de jam avec des chanteurs, et en min­imisant l’u­til­i­sa­tion de logi­ciels de pro­duc­tion audio.

La Mess — Sweet Rage [Yotanka — PIAS]

Dans la caté­gorie des pre­miers albums : voici celui du groupe La Mess. Inti­t­ulé Sweet Rage, ce mélange de soul, de pop et de musique élec­tron­ique ne cesse de brouiller les pistes. Le titre “All Rea­sons” démarre sur une instru trip-hop, avant de vir­er au grandil­o­quent. Au niveau des voix, la chanteuse diver­si­fie sa palette s’in­spi­rant tan­tôt de Wood­kid ou de Lana Del Rey. Con­cer­nant les coups de coeur, on retien­dra “In Between” et sa pluie de syn­thés ou le court “Voic­es”, mag­nifique et cristallin. Sur cet inter­lude, les voix d’an­gelots élec­tron­iques de Air ne sont plus très loin.

Nelson Beer — Oblique [ON LAND]

Côté voix : de l’au­to­tune, de la reverb et des mélodies qui frô­lent le r’n’b. Côté instru : un peu de funk  — le clavinet de “Nadya” ou la basse intro­duc­tive de “I Am a Woman”- et des nappes d’am­bi­ent au syn­thé. Un grand melting-pot qui rend la pop de Nel­son Beer un peu insai­siss­able. D’au­tant que son pre­mier EP Oblique n’a que deux titres au comp­teur, ce qui nous laisse for­cé­ment curieux. Affaire à suivre.

 

 

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