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Ces 5 filles qui ont marqué le festival Eurosonic 2020

Du 15 au 18 jan­vi­er 2020, nous étions dans la ville de Gronin­gen aux Pays-Bas pour ten­ter de repér­er les artistes qui sont en train de con­stru­ire le futur de la scène musi­cale européenne, au fes­ti­val Euroson­ic. On vous racon­te.

On espère un jour ne plus avoir besoin de le not­er. Mais en atten­dant, ne boudons pas cet encore trop rare plaisir : cette année, la pro­gram­ma­tion d’Eurosonic, ou en tout cas les cinq coups de cœur qui s’en déga­gent côté Tsu­gi, fai­sait la part belle aux femmes, de celles qui por­tent leur pro­jet solo sur le devant de la scène. Ou plutôt des scènes, Euroson­ic s’installant du 15 au 18 jan­vi­er dans les nom­breux bars, clubs et salles de Gronin­gen, au nord des Pays-Bas, pour des con­certs d’une demi-heure portés sur la décou­verte d’inconnus européens. Qua­tre jours de course, 350 artistes pro­gram­més, avec 4300 bookeurs, pro­gram­ma­teurs, agents ou jour­nal­istes trot­tant d’un con­cert à l’autre. Le récon­fort entre deux shows ? Les cro­quettes brûlantes et au con­tenu incer­tain que les noc­tam­bules chopent tra­di­tion­nelle­ment dans des dis­trib­u­teurs du centre-ville. C’est dégueu­lasse mais on s’y fait. Ce descrip­tif, dieu mer­ci, ne sera pas celui de ces cinq coups de cœur au féminin du fes­ti­val.

Sinead O’Brien

©Jorn Baars

L’Irlandaise (avec un nom pareil, on aura dev­iné) scan­dait ses paroles en spoken-word sur fond de gui­tares nerveuses, plan­tée tout en charisme sur la scène du Vera – salle mythique de Gronin­gen ail­lant accueil­li Joy Divi­sion, les Cure, Son­ic Youth ou Nir­vana. Sinead O’Brien oscille plutôt entre Pat­ti Smith et Kurt Vile. Impos­si­ble de détach­er les yeux de cette poétesse aux longs cheveux bruns.

Sylvie Kreusch

Même con­stat chez Sylvie Kreusch, le dernier jour du fes­ti­val, avec ses chan­sons de pop étrange portées par des per­cus­sions et un sens de la dra­maturgie cer­tain. Entre meneuse de cabaret et créa­ture vau­dou pos­sédée, elle ond­ule depuis les cages de la dis­cothèque Koko­mo, qui ont vraisem­blable­ment plus l’habitude d’accueillir des fêtardes bour­rées en fin de soirée. Mais là, entre prière a cap­pel­la et futurs hits de l’indie-pop (en tout cas, on l’espère pour elle), l’ancienne cho­riste du chanteur belge Warhaus a beau en faire des caiss­es, la magie prend, comme à l’Ubu de Rennes un mois plus tôt, où elle clô­tu­rait les Trans Musi­cales.

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Camilla Sparksss

©Jorn Baars

Ne vous fiez pas à son pseu­do : il n’est pas ques­tion de pail­lettes dans le live de Camil­la Sparksss. Ou alors elles seront plus noires que noires, et là unique­ment pour illus­tr­er son album d’électro expéri­men­tale Bru­tal (ça ne s’invente pas) sor­ti en avril dernier. On avait déjà croisé la Cana­di­enne à la basse et au chant dans le duo rock noise Peter Ker­nel, on la retrou­ve aujourd’hui der­rière ses machines, pour un voy­age d’électronique vantablack chan­tée. Inquié­tant, tran­chant, sépul­cral, fasci­nant.

Joy Crookes

Change­ment d’ambiance au Huize Maas avec la jeune (20 ans !) Lon­doni­enne Joy Crookes et sa voix soul rap­pelant par­fois Amy Wine­house. On a eu un coup de cœur ultime pour la bal­lade “Don’t Let Me Down”, un bijou.

Charlotte Adigéry

Pro­tégée des frères Soul­wax, Char­lotte Adigéry a chauf­fé à blanc un Huize Maas plein comme un œuf le ven­dre­di soir, avec un live brut, per­cus­sif et sexy, où elle mêle un son house organique à des influ­ences caribéennes.

©Bart Heemskerk

Mais aus­si…

Pon­go et Flo­hio, qui avec deux styles dif­férents (kuduro pour la pre­mière, grime pour la sec­onde), ont rem­porté un Music Moves Tal­ent Award (MMETA pour les intimes) lors de la tra­di­tion­nelle remise des prix qui récom­pense chaque année des tal­ents européens. A revoir égale­ment cette année : la Française Oklou voguant entre élec­tro et r’n’b, les rappeuses Muthoni Drum­mer Queen, Trib­ade et Aly­ona Aly­ona, la soul de Celeste, et la ren­con­tre post-punk/électronique des deux Français­es d’Okto­ber Lieber. Who run the world ?

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