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🔊 Cet album de Plaisir de France, électro-pop dansante et caressante

Plaisir de France sort #20, un disque en forme de pièce mon­tĂ©e dĂ©bor­dante de chan­til­ly sur lequel il a invitĂ© tous les artistes qui lui sont chers. Le rĂ©sul­tat : un troisième album Ă  la fois mĂ©lan­col­ique et poĂ©tique. 

Chronique issue du Tsu­gi 145 : les grandes Ă©nigmes de la musique, disponible en kiosque et en ligne.

Depuis 1999 et sa pre­mière ten­ta­tive musi­cale solo sous le pseu­do Plaisir de France – qui fait référence à une revue d’élégance française suran­née qui eut son heure de gloire –, le Bre­ton d’adoption Julien Barthe s’est fait un malin plaisir de plonger tête la pre­mière dans les années 1980, leurs tubes faciles, leurs syn­thés mal dégrossis et leurs coupes de cheveux approx­i­ma­tives. Ini­tié à la new wave par les émis­sions de Bernard Lenoir, éveil­lé à la house par la vague Mad­ch­ester qui fai­sait gob­er des ecs­ta à son rock lent et dansant, passé par des études d’histoire de l’art et de graphisme pub­lic­i­taire, Julien Barthe cède à la ten­ta­tion club et se lance à corps per­du dans la musique. Sans rien y con­naître, il fait par­tie du groupe Les Latus Timéos, se prend la cul­ture rave et l’acid house en pleine poire, sil­lonne la Bre­tagne comme DJ, organ­ise les fameuses soirées Plaisir de France où s’invitent Ivan Smag­ghe ou Jen­nifer Car­di­ni, remixe à la va-vite ses tubes préférés (de Pix­ies à Mika­do en pas­sant par Cham­fort et Dutronc), avant d’être repéré par Tiga qui va sor­tir un de ses pre­miers remakes non autorisés. Soit “Som­meil”, une ver­sion mus­clée du “Grand Som­meil” d’Éti­enne Daho, où Julien va appli­quer sa sci­ence de la recon­struc­tion et sa manière très per­son­nelle d’amener ses morceaux préférés sur le dancefloor.

Désor­mais instal­lé dans le paysage élec­tro, mix­ant aus­si bien dans un petit fes­ti­val que pour Her­mès, remix­ant à la pelle et s’adonnant au plaisir coupable des cov­ers, Julien mul­ti­plie les pro­jets, se lance dans le duo rock & psy­ché Slove, sort de son reg­istre en écrivant pour Bar­bara Car­lot­ti le sub­lime “Herbes mauves”… Aujourd’hui, il décide de fêter ses vingt ans de car­rière avec #20, un troisième album en forme de pièce mon­tée débor­dante de chan­til­ly, où les vingt artistes préférés de Julien – des plus con­nus aux plus obscurs (de Bertrand Belin à Val­li, de Régi­na Dem­i­na à Arnold Tur­boust) – s’invitent à partager un bout de stu­dio avec lui. En résul­tent vingt-trois titres (dont treize pour la ver­sion vinyle) d’électro-pop tour à tour mélan­col­ique et souri­ante, dansante et cares­sante, poé­tique et syn­thé­tique, qui dessi­nent une car­togra­phie radieuse de la scène pop française.

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