©Mick Haupt

C’était il y a 30 ans : cinq albums qui ont fait l’année 1992

En 1992, Bill Clin­ton deve­nait prési­dent des États-Unis, Dis­ney­land Paris ouvrait ses portes pour la pre­mière fois, et la France per­dait Michel Berg­er à la suite d’une par­tie de ten­nis trop intense sous la chaleur de Ramat­uelle. Cette année s’est surtout mon­trée généreuse en sor­ties d’al­bums, et notam­ment en pre­miers pro­jets révéla­teurs. Tsu­gi vous emmène donc en voy­age dans les nineties, à la ren­con­tre de cinq pro­jets mar­quant de l’an­née 1992. 

 

Aphex Twin- Select­ed Ambi­ent Works 

Beau­coup dis­ent de cet album qu’il con­stitue la pièce-maîtresse de l’œu­vre d’Aphex Twin. Entre acid house, ambi­ent et elec­tron­i­ca, Select­ed Ambi­ent Works 85–92 restera con­nu comme le tout pre­mier album du maître des pro­duc­tions élec­tron­iques expéri­men­tales. Album révéla­teur et propulseur de treize titres, celui qu’on appelait ‑fût un temps- le “Dieu de la Rave” sor­ti­ra sept ans après “Win­dowlick­er”, titre phare de sa car­rière, qui allait cham­bouler le cours de la musique élec­tron­ique à tout jamais. De son vrai nom Richard D.James, Aphex Twin demeure aujour­d’hui l’un des artistes les plus énig­ma­tiques de ces trente dernières années.

 

Rage Against The Machine — Rage Against The Machine 

Cinquante trois min­utes de fusion/hardcore. Voilà com­ment on pour­rait résumer, de manière directe, le pre­mier album de Rage Against The Machine, porté par le gui­tariste de génie Tom Morel­lo, le bat­teur plus qu’én­ergique Brad Wilk, le bassiste déchainé Tim Com­mer­ford et le punchlineur-chanteur Zach De La Rocha. Dix titres, pour un par­fait sans-faute ! La pochette, par­mi les plus fameuses de cette décen­nie des nineties, reprend la pho­togra­phie sai­sis­sante d’un moine boud­dhiste, s’im­molant en guise de  protes­ta­tion face au gou­verne­ment. Par­faite­ment adap­té et bien trou­vé, on est d’accord.

 

The Prodi­gy - Experience

Sor­ti sur le label bri­tan­nique indépen­dant XL Record­ings, Expe­ri­ence est le com­mence­ment de quelque chose qui devien­dra bien­tôt culte. Avec douze titres absol­u­ment nova­teurs, The Prodi­gy insuf­fle en cette année 1992 un vent de nou­veauté élec­tron­ique, annonçant les débuts du son des hangars et du break­beat. Con­sid­éré ‑par beaucoup- à la lim­ite de l’in­audi­ble lors de sa sor­tie, ce tout pre­mier album restera con­nu comme annon­ci­a­teur de l’ar­rivée d’OV­NIs au sein du paysage élec­tron­ique anglais.

 

Beast­ie Boys — Check Your Head


C’est le troisième album stu­dio des Beast­ie Boys. Et atten­tion, le groupe orig­i­naire de New-York y effectue un retour sans com­plexe à ses racines punk-rock. Fidèles à la pochette, les mem­bres du groupe jouent eux-mêmes de leurs instru­ments sur tout l’en­reg­istrement de l’al­bum, chose qui n’é­tait pas arrivée depuis leurs pre­miers EPs. Check Your Head, entre retour aux sources et expéri­men­ta­tions découlant du hip-hop ‘old-school’ et du jazz, sera le pre­mier album à paraître sur le label indépen­dant des Beast­ie Boys, Grand Roy­al.

 

PJ Har­vey — Dry


C’est avec Dry que le monde a décou­vert PJ Har­vey. Pre­mier album stu­dio de la chanteuse et com­positrice bri­tan­nique, Dry éclabousse le monde d’un rock ‘féminin’ et rageur, à la fois sale et rem­pli d’é­mo­tions rebelles. Dry c’est l’oscil­la­tion entre la  la fureur d’une vision nou­velle du rock et les émo­tions par­fois mal­saines et dép­ri­mantes exprimées par PJ Har­vey. On retien­dra notam­ment l’in­tro “Oh My Lover”, débor­dante de pas­sion, à la ryth­mique lourde et pesante. L’al­bum au titre explicite­ment sex­uel sera très vite sacré disque d’ar­gent au Royaume-Uni. Une toute pre­mière con­fes­sion qui lais­sera place l’an­née d’après à un sec­ond album, Rid of Me.

 

Finis­sons ce papi­er sur une touche plus mod­erne. Il y a deux ans, le DJ-producteur ital­ien Align­ment sor­tait un track tech­no totale­ment fou, fort d’un drop reten­tis­sant, d’un rythme galopant et d’une phrase perçante amenée en boucle. Son titre ? Eh bien “1992”, soit l’an­née de nais­sance du DJ basé à Berlin. Un morceau qui nous tombait dessus en plein décon­fine­ment, au début de l’été 2020, qu’on est pas prêt d’ou­bli­er et qui nous rap­pelle que 1992 était décidé­ment une belle année .

(Vis­ité 2 178 fois)