Chronique : Kill The DJ — On Prend Les Mêmes Et On Recommence

Les années 2000 ont réus­si à trans­former le hip-hop en un truc aus­si chi­ant qu’un fan de man­gas et à ren­dre le rock à peu près aus­si exci­tant qu’une soirée au Show­case. Grand para­doxe de cette fin de décen­nie : le dan­ger, le risque et la con­fronta­tion sont devenus des trucs de vieux, la nos­tal­gie et l’ironie, l’apanage des plus jeunes. Pas de quoi s’étonner donc, qu’à force de nous voir nous com­porter comme des veaux, le punk-rock soit par­ti chez Ben Laden et Jérôme Kerviel. Enfin, il a eu un peu pitié le punk-rock. Il a quand même allongé un rabe de tripes à Fany Cor­ral, Chloé et Ivan Smag­ghe, qui dri­vent depuis cinq ans un des derniers labels réelle­ment nova­teurs et rad­i­caux encore en activ­ité : Kill The DJ, qui pub­lie aujourd’hui une rétro­spec­tive (émail­lée de quelques inédits, dont un nou­veau titre de Battant).

L’occasion de con­stater à nou­veau la cohérence, la diver­sité, la rad­i­cal­ité et la per­ti­nence des choix du label, plus évi­dentes que jamais dans ce con­den­sé d’à peine plus d’une heure, des hoquets drug­gy du “Rock Hard In A Funky Place” de Krikor remixé par George Issakidis à la ten­sion hal­lu­cinée de Chloé ou La Horse (Ivan Smag­ghe & Dan­ton Eep­rom) ou aux lentes pro­ces­sions toutes en ter­reur pas­torale de Jason Edwards (présent ici avec un inédit excep­tion­nel). Punk’s not dead. (Lelo J. Batista)

On Prend Les Mêmes Et On Recom­mence (Kill The DJ/Modulor)

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