Capture d'écran de la bande-annonce

Comment la moitié de Scratch Massive a produit la BO du docu sur DSK

Sébastien Chenut, moitié du duo élec­tron­ique Scratch Mas­sive avec Maud Gef­fray, signe la BO du doc­u­men­taire Cham­bre 2806 : l’af­faire DSK, disponible depuis lun­di 7 décem­bre sur Netflix. 

Depuis qu’il s’est lancé en solo en 2016, en par­al­lèle du pro­jet Scratch Mas­sive, Sébastien Chenut a com­posé deux BO : la pre­mière pour le drame d’Alexan­dre Nahon Burn­ing Shad­ow en 2018, et la sec­onde pour la série doc­u­men­taire de Jalil Les­pert fraîche­ment sor­tie, qui retrace l’af­faire Dominique Strauss-Kahn sur­v­enue au Sof­i­tel de New York en 2011.

 

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C’est suite à cette pre­mière créa­tion pour Burn­ing Shad­ow que le réal­isa­teur et comé­di­en Jalil Les­pert a repéré et con­tac­té Sébastien Chenut. D’abord pour com­pos­er la musique d’une pub­lic­ité Apple et Pathé, puis le pro­jet du docu-série Cham­bre 2806 : l’af­faire DSK a vu le jour, et Jalil Les­pert a con­fié sa musique à Sébastien Chenut. Tsu­gi est allé inter­roger le musi­cien sur les couliss­es de ces 29 tracks qui habil­lent le doc­u­men­taire dont tout le monde parle.

 

Sébastien Chenut

Sébastien Chenut / ©Paul Hen­ri Pesquet

Com­pos­er cette BO, c’é­tait dif­férent de com­pos­er un album ? 

Totale­ment dif­férent, il y a quelque chose de beau­coup plus per­son­nel dans la réal­i­sa­tion d’al­bum, nous et l’au­di­teur. Tra­vailler sur un film, c’est un tra­vail d’équipe, de col­lab­o­ra­teurs, et on doit quand même être en accord avec la vision du réalisateur.

C’est un garde fou, on ne peut pas aller n’im­porte où, il y a une his­toire, et musi­cale­ment tout doit se dévelop­per par rap­port à cette his­toire. C’est aus­si très intéres­sant car cela incite à com­pren­dre par les images ce que l’on peut apporter en musique, ampli­fi­er, habiller l’in­ten­tion, les images… C’est un tra­vail en com­mun avec le réal­isa­teur, le mon­teur, le musi­cien, et la pro­duc­tion aussi.

Le chal­lenge dans cette série, c’é­tait d’al­tern­er la pres­sion, l’an­goisse, la tragédie du pro­pos avec aus­si la car­rière d’un homme poli­tique qui à ce moment-là avait toutes les chances de devenir prési­dent de la République.”

Quels choix musi­caux as-tu fait pour coller à l’am­biance du documentaire ? 

De tout évi­dence, il y avait pour moi quelque chose de soli­taire dans ce per­son­nage de par sa fonc­tion, et surtout de ce qu’il lui est arrivé à New York. Donc je suis directe­ment par­ti sur une ambiance assez lourde, claus­tro­phobe par moment pour appuy­er ces moments-là. Et puis après, il y avait les autres moments plus légers, comme ceux de son passé, des amis poli­tiques, de la France, où le ton musi­cal deve­nait moins dra­ma­tique. Le chal­lenge dans cette série, c’é­tait d’al­tern­er la pres­sion, l’an­goisse, la tragédie du pro­pos avec aus­si la car­rière d’un homme poli­tique qui à ce moment-là avait toutes les chances de devenir prési­dent de la République.

Jalil et moi-même voulions une musique dark et robo­t­ique, Jalil voulait même par­fois de la hard tech­no mais Net­flix l’a stop­pé dans son élan… Pour les pas­sages som­bres et com­pliqués, on s’est beau­coup appuyé sur des drones dou­blés de chœurs vocaux, de façon à don­ner ce sen­ti­ment de boucle infinie mais avec un cré­pus­cule final. Il y a aus­si des moments où la musique est plus orches­trale de façon à don­ner ce sen­ti­ment assez répub­li­cain dans lequel était DSK à ce moment-là. Tout était une his­toire d’équili­bre dans cette bande orig­i­nale, Dr Jekyll et Mr Hyde…

Jalil voulait même par­fois de la hard tech­no mais Net­flix l’a stop­pé dans son élan…”

Qu’as-tu pen­sé de cette série doc­u­men­taire ? A‑t-elle changé ta vision sur Dominique Strauss-Kahn et l’af­faire du Sofitel ?

Je trou­ve le sujet très bien traité, je suis mal­heureuse­ment mal placé pour en par­ler car j’ai passé pas loin d’un an à com­pos­er et tra­vailler sur la série, alors je ne crois plus avoir les yeux en face des trous… Oui cela a changé ma vision sur DSK, car je pen­sais que l’af­faire de New York et du Carl­ton était des pas­sages à vide et obscurs de sa vie, mais on décou­vre que c’est surtout en par­al­lèle de son ascen­sion poli­tique, l’as­cen­sion d’un pré­da­teur sex­uel avec tout un sys­tème autour de lui qui lui organ­ise des sauter­ies ici et là dans le monde entier, avec des com­porte­ments sex­uels par­fois vio­lents. Donc oui, cette série ouvre bien les yeux à ce sujet.

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