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Capture d'écran de la bande-annonce
10 décembre 2020

Comment la moitié de Scratch Massive a produit la BO du docu sur DSK

par Léonie Ruellan

Sébastien Chenut, moitié du duo électronique Scratch Massive avec Maud Geffray, signe la BO du documentaire Chambre 2806 : l’affaire DSK, disponible depuis lundi 7 décembre sur Netflix. 

Depuis qu’il s’est lancé en solo en 2016, en parallèle du projet Scratch Massive, Sébastien Chenut a composé deux BO : la première pour le drame d’Alexandre Nahon Burning Shadow en 2018, et la seconde pour la série documentaire de Jalil Lespert fraîchement sortie, qui retrace l’affaire Dominique Strauss-Kahn survenue au Sofitel de New York en 2011.

 

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C’est suite à cette première création pour Burning Shadow que le réalisateur et comédien Jalil Lespert a repéré et contacté Sébastien Chenut. D’abord pour composer la musique d’une publicité Apple et Pathé, puis le projet du docu-série Chambre 2806 : l’affaire DSK a vu le jour, et Jalil Lespert a confié sa musique à Sébastien Chenut. Tsugi est allé interroger le musicien sur les coulisses de ces 29 tracks qui habillent le documentaire dont tout le monde parle.

 

Sébastien Chenut

Sébastien Chenut / ©Paul Henri Pesquet

Composer cette BO, c’était différent de composer un album ? 

Totalement différent, il y a quelque chose de beaucoup plus personnel dans la réalisation d’album, nous et l’auditeur. Travailler sur un film, c’est un travail d’équipe, de collaborateurs, et on doit quand même être en accord avec la vision du réalisateur.

C’est un garde fou, on ne peut pas aller n’importe où, il y a une histoire, et musicalement tout doit se développer par rapport à cette histoire. C’est aussi très intéressant car cela incite à comprendre par les images ce que l’on peut apporter en musique, amplifier, habiller l’intention, les images… C’est un travail en commun avec le réalisateur, le monteur, le musicien, et la production aussi.

« Le challenge dans cette série, c’était d’alterner la pression, l’angoisse, la tragédie du propos avec aussi la carrière d’un homme politique qui à ce moment-là avait toutes les chances de devenir président de la République. »

Quels choix musicaux as-tu fait pour coller à l’ambiance du documentaire ? 

De tout évidence, il y avait pour moi quelque chose de solitaire dans ce personnage de par sa fonction, et surtout de ce qu’il lui est arrivé à New York. Donc je suis directement parti sur une ambiance assez lourde, claustrophobe par moment pour appuyer ces moments-là. Et puis après, il y avait les autres moments plus légers, comme ceux de son passé, des amis politiques, de la France, où le ton musical devenait moins dramatique. Le challenge dans cette série, c’était d’alterner la pression, l’angoisse, la tragédie du propos avec aussi la carrière d’un homme politique qui à ce moment-là avait toutes les chances de devenir président de la République.

Jalil et moi-même voulions une musique dark et robotique, Jalil voulait même parfois de la hard techno mais Netflix l’a stoppé dans son élan… Pour les passages sombres et compliqués, on s’est beaucoup appuyé sur des drones doublés de chœurs vocaux, de façon à donner ce sentiment de boucle infinie mais avec un crépuscule final. Il y a aussi des moments où la musique est plus orchestrale de façon à donner ce sentiment assez républicain dans lequel était DSK à ce moment-là. Tout était une histoire d’équilibre dans cette bande originale, Dr Jekyll et Mr Hyde…

« Jalil voulait même parfois de la hard techno mais Netflix l’a stoppé dans son élan… »

Qu’as-tu pensé de cette série documentaire ? A-t-elle changé ta vision sur Dominique Strauss-Kahn et l’affaire du Sofitel ?

Je trouve le sujet très bien traité, je suis malheureusement mal placé pour en parler car j’ai passé pas loin d’un an à composer et travailler sur la série, alors je ne crois plus avoir les yeux en face des trous… Oui cela a changé ma vision sur DSK, car je pensais que l’affaire de New York et du Carlton était des passages à vide et obscurs de sa vie, mais on découvre que c’est surtout en parallèle de son ascension politique, l’ascension d’un prédateur sexuel avec tout un système autour de lui qui lui organise des sauteries ici et là dans le monde entier, avec des comportements sexuels parfois violents. Donc oui, cette série ouvre bien les yeux à ce sujet.

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