Coronavirus : Ryuichi Sakamoto était en live stream pour les Chinois en quarantaine

par Tsugi

La musique con­tre la mal­adie. Le 29 févri­er, Ryuichi Sakamo­to a joué en live stream à des­ti­na­tion des Chi­nois en quar­an­taine, con­finés chez eux à cause de l’épidémie de coro­n­avirus COVID-19.

Ryuichi Sakamo­to en direct sur Kuaishou

Le con­cert, inti­t­ulé Vol­un­tary Gar­den Online Music : Son­ic Cure, se tenait sur la plate­forme de stream­ing Kuaishou, qui compte 300 mil­lions d’utilisateurs en Chine. Le Japon­ais jouait ain­si depuis son loge­ment à New York. Organ­isé par la Fon­da­tion d’Art Con­tem­po­rain de Bei­jing, ce live devait se tenir au sein de son expo­si­tion actuelle, Vol­un­tary Gar­den, mais celle-ci n’a pu avoir lieu à cause de l’épidémie. Finale­ment, les neuf musi­ciens invités se sont relayés en ligne, per­me­t­tant, peut-être aus­si, de touch­er davan­tage de monde. Out­re Sakamo­to, tous les invités étaient des musi­ciens chi­nois, venant aus­si bien de l’avant-garde élec­tron­ique que de la musique tra­di­tion­nelle ou du rock, et cha­cun est venu impro­vis­er dans son style.

Le fon­da­teur de Yel­low Mag­ic Orches­tra est notam­ment pop­u­laire en Chine pour ses musiques de film, en par­ti­c­uli­er Le Dernier Empereur (pour lequel il a reçu un Oscar) et Furyo (film dans lequel il est égale­ment comé­di­en aux côtés de David Bowie). Le 22 févri­er, il pub­li­ait déjà sur les réseaux soci­aux du musée chi­nois une vidéo où il inter­pré­tait au piano son titre “Aqua”. La vidéo s’ouvrait sur un mes­sage d’espoir à des­ti­na­tion des enfants chi­nois : “C’est triste de ne plus pou­voir aller jouer dehors, mais puisque vous n’avez plus à aller à l’école, faites de votre mieux pour jouer à la mai­son. (…) Sur­mon­tons ça !” (selon une tra­duc­tion anglaise de la chaîne de télévi­sion chi­noise CGTN).

 

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Ce type de con­cert virtuel se développe en Chine, et de nom­breux clubs ont déjà pris les devants pour pro­pos­er des sets sur Kuaishou ou Tik Tok. Cette solu­tion, surnom­mée “cloud rave”, sem­ble fonc­tion­ner finan­cière­ment pour cer­tains clubs, mais elle est surtout la seule manière de faire la fête dans la sit­u­a­tion actuelle, comme nous en informe notre con­tact sur place. En effet, les annu­la­tions de con­certs se mul­ti­plient, et de nom­breuses per­son­nes restent cloîtrées chez elles.

En France, on dénom­bre à l’heure actuelle un qua­trième mort et 204 cas de con­t­a­m­i­na­tion au COVID-19, ce qui a poussé le 29 févri­er dernier le Min­istère de la san­té à inter­dire les rassem­ble­ments dans des lieux con­finés de plus de 5 000 per­son­nes, entraî­nant l’an­nu­la­tion de con­certs de Maître Gims ou Matt Poko­ra. Si les clubs français se retrou­vent touchés, peut-être auront-ils recourt au même procédé qu’en Chine. Si on ne peut plus aller écouter la musique, la musique peut venir à nous.

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