Possession /©Mariana Matamoros

Dans une étude, l’inquiétant impact du COVID-19 sur les clubs, bars et festivals

Alors que le gou­verne­ment main­tient le cap d’un décon­fine­ment pro­gres­sif, et que les bars et restau­rants vien­nent tout juste de rou­vrir, le doute plane tou­jours sur le monde de la nuit. Quand rou­vriront les clubs ? Quand est-ce que se tien­dront les prochains fes­ti­vals ? Mais surtout, à quoi ressem­blera la fête post-Covid ? C’est la ques­tion à laque­lle tente de répon­dre cette étude, réal­isée par Xceed auprès de 3545 per­son­nes issues d’une quar­an­taine de pays.

Agence spé­cial­isée dans la bil­let­terie inter­na­tionale et la récolte de don­nées liées au monde de la nuit, Xceed a tra­vail­lé tout au long du mois d’avril sur une étude édi­fi­ante qui met en lumière les effets du coro­n­avirus sur la fête et l’industrie musi­cale. Réal­isée auprès de 3545 per­son­nes, pros comme par­ti­c­uliers, dans plus de 40 pays du monde, l’étude dresse un con­stat à pre­mière vue peu réjouis­sant.

Un impact sans précédent

La pre­mière chose que nous apprend Xceed, c’est l’impact con­sid­érable du virus sur les entre­pris­es et salariés de la nuit. Ils sont effec­tive­ment plus de 50% à affirmer que “la total­ité de leur équipe a été ren­voyée ou par­tielle­ment con­gédiée”. Un chiffre qui grimpe et approche les 78% pour les entre­pris­es de type bar-lounge. Con­cer­nant les clubs, ils ne sont pas plus de 4% à avoir con­servé l’ensemble de leurs effec­tifs. Des chiffres ahuris­sants qui font crain­dre une vague de chô­mage encore jamais con­nue pour les salariés du milieu fes­tif.

À la ques­tion “votre entre­prise peut-elle tra­vers­er cette crise”, ils ne sont que 17% à répon­dre par la pos­i­tive. Un chiffre à nuancer, tant les répons­es des clubs, bars, fes­ti­vals et col­lec­tifs nomades dif­fèrent les unes des autres. Les col­lec­tifs, par exem­ple, sont glob­ale­ment plus opti­mistes avec 33% de répons­es pos­i­tives. Si les fes­ti­vals sont moins enjoués, les clubs restent les étab­lisse­ments les plus touchés avec 82% de sondés affir­mant ne pas pou­voir tenir la barre très longtemps.

En out­re, seuls 12% des inter­rogés se sont dits sat­is­faits par la réponse de leur gou­verne­ment. Grand oublié des mesures de sou­tien, en France comme ailleurs, le monde de la nuit, livré à lui-même, cherche des coupables. Ain­si, ils sont près de 44% à décrire la réac­tion de leur classe poli­tique comme “très pau­vre”…

Vers des prix en chute libre ?

Tant pour ren­flouer les caiss­es après des mois d’inactivité que pour assur­er le respect des règles d’hygiène au sein des étab­lisse­ments, les patrons de clubs, bars, restau­rants et fes­ti­vals savent que leur offre devra évoluer. Inter­rogés sur la qual­ité des pro­duits ven­dus, la grande majorité des sondés assure que rien ne chang­era à ce niveau. Con­cer­nant les prix en revanche, 25% affir­ment qu’ils pour­raient être revus à la baisse pour opti­miser les ventes. Il en ira de même pour les tar­ifs à l’entrée selon presque 30% des per­son­nes inter­rogées.

Infor­ma­tion cap­i­tale, la crise a amené les patrons de la nuit à revoir leurs pri­or­ités. Inter­rogés sur leurs line-up, ils sont une majorité écras­ante (+ de 65%) à envis­ager une baisse de leurs bud­gets. Des con­trats moins juteux pour les head­lin­ers ? Une place plus grande réservée aux artistes locaux et under­ground ? Le coro­n­avirus pour­rait bien trans­former l’industrie musi­cale de fond en comble.

Un public qu’il faudra rassurer

Dédiée aux retours du pub­lic, la dernière phase de cette étude est pri­mor­diale. Si les étab­lisse­ments n’attendent plus que leur réou­ver­ture, le pub­lic reste inqui­et, et entend trans­former son quo­ti­di­en après ces deux mois de con­fine­ment. Inter­rogés par Xceed, ils sont près de la moitié à avoir peur de côtoy­er la foule cet été. Une autre moitié, elle, se dit peu inquiète.

En revanche, la crise san­i­taire ayant pro­fondé­ment impacté la société, elle a nour­ri de nou­velles ambi­tions pour des indi­vidus en quête de nou­velles habi­tudes. Si cer­taines activ­ité autre­fois oubliées font leur grand retour, les ‘mau­vais­es habi­tudes’ n’ont plus vrai­ment bonne presse. Les sor­ties en nature sont ain­si les grandes gag­nantes de l’après-Covid avec près de 50% de temps libre sup­plé­men­taire qui leur seront dédiées à l’avenir. Les voy­ages, la médi­ta­tion et la socia­bil­i­sa­tion suiv­ent de près.

Un con­stat moins réjouis­sant pour les clubs, bars et restau­rants qui tombent en négatif et risquent de per­dre leurs habitués les plus inqui­ets. Si la perte n’est pas immense, elle reste réelle avec une moyenne proche de 10% de temps libre dédié en moins.

Si cette étude n’allège pas le cli­mat ressen­ti dans le monde de la nuit depuis plus de deux mois, elle apporte néan­moins des infor­ma­tions clés et dresse un état des lieux actuel par­ti­c­ulière­ment pré­cis. Si le con­stat est grave, le milieu tente pour­tant de rester posi­tif. Uni dans cette crise, le monde de la nuit s’apprête à se réin­ven­ter pour favoris­er la prox­im­ité, la col­lab­o­ra­tion et l’expérience client. La fin d’une tem­pête annonce tou­jours l’arrivée du beau temps, et il est bien­tôt l’heure.

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