Dax J is back : écoutez un nouveau morceau (évidemment techno) en exclu !

Dax J n’est pas con­tent. En même temps, et seuls ceux ayant vécu dans une grotte au print­emps dernier auront loupé cette info, il a quelques raisons : le same­di 1er avril 2017, le DJ anglais était invité à mix­er dans un club tunisien. Jusque là tout va bien. Un des morceaux qu’il passe com­prend des voix chan­tant en arabe, un titre que Dax J utilise régulière­ment dans ses sets. Prob­lème : ces voix sont en fait un appel à la prière remixé, ce que l’Anglais basé à Berlin igno­rait, ne par­lant pas arabe. Polémique. Et encore, le terme sem­ble bien faiblard au regard des con­séquences sur Dax J. Men­aces de mort, sig­nale­ment de sa page auprès de Face­book… Et même procès, le DJ ayant été con­damné le 6 avril 2017 à un an de prison ferme en Tunisie — l’oblig­eant par­fois à annuler des dates à l’é­tranger par peur d’être extradé.

Face à un scan­dale pareil, il y a plusieurs solu­tions : s’ex­cuser (ce qu’il a fait, sur les réseaux soci­aux), plaider la bonne foi (idem), s’en­ter­rer dans un coin en atten­dant que ça se passe… Ou sor­tir un album assas­sin un an pile poil après les faits. Le titre de Offend­ing Pub­lic Moral­i­ty par­le de lui-même, sa pochette (où l’on aperçoit une pros­ti­tuée sur le bord d’une route) aus­si, tout comme le nom des morceaux, par­mi lesquels “Baby­lon Bru­tal­i­ty” ou “Offend­ing Pub­lic Moral­i­ty”, qui avec quelques ironies con­voque des claviers ori­en­tal­istes : Dax J veut inter­roger sur cette sacro­sainte notion de “morale”, qui per­met certes le vivre-ensemble, mais est aus­si le ter­reau de tous les censeurs.

Et que dire de la musique ! Si Dax J a tou­jours été claire­ment rangé dans la case tech­no, il pousse les potards encore plus loin sur ce deux­ième long-format, s’au­torisant des incur­sions acid, drum’n’bass, IDM voire jun­gle. Une vraie réus­site à décou­vrir dès le 6 avril sur son pro­pre label Mon­nom Black. En atten­dant, il nous offre en exclu­siv­ité le titre “Kerb Crawl­ing” — l’ex­pres­sion anglaise désigne le fait de con­duire douce­ment en voiture pour s’ar­rêter auprès de pros­ti­tuées. Un peu plus de qua­tre min­utes tech­no bal­ancée en pleine face. Il faut con­scien­cieuse­ment boucler sa cein­ture, mais le voy­age, dérangeant et direct comme un upper­cut de mec qui en a gros sur la patate, en vaut plutôt la peine :

Dax J sera à Lyon le 30 mars dans le cadre du fes­ti­val Reperku­sound

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