Karolina Wielocha

Direction “Foulden Road” pour une session jam avec le Neue Grafik Ensemble

Le jazz aus­si peut être une affaire d’eu­ropéens. Et aujour­d’hui c’est de l’autre coté de la Manche qu’un petit frenchie fait par­ler de lui. Neue Grafik, créa­teur de passerelles entre les gen­res musi­caux et les cul­tures, décide de nous emmen­er au coeur de la scène jazz lon­doni­enne. Instal­lé là bas depuis deux ans, le producteur/instrumentalisme a mon­té un quatuor avec des musi­ciens locaux. C’est au Total Refresh­ment Cen­tre (TRC) — un des épi­cen­tres du jazz lon­donien — que la magie opère. Avec l’aide de Lex Blondel, le fon­da­teur du TCR, le Français aux inspi­ra­tions jazz/hip-hop/house forme le “Neue Grafik Ensem­ble”. Aux côtés de Emma-Jean Thack­ray à la trompet­tre, Dou­gal Tay­lor à la bat­terie et Matt Gedrych à la basse, le Parisien explique avant tout que ” lidée était d’aller chercher des musi­ciens avec leur pro­pre sen­si­bil­ité et leur par­cours, les pous­sant à col­la­bor­er ensem­ble, comme une espèce de reflet de notre société.” Le fruit de leur tra­vail : Foulden Road, leur pre­mier EP jazz de sept morceaux.

crédit pho­to : Karoli­na Wie­locha

Pour com­mencer, le Neue Grafik Ensem­ble pro­pose “Foulden Road”, une intro­duc­tion qui plonge l’au­di­teur directe­ment dans les quartiers nord de Lon­dres. Le titre s’ou­vre sur les voix de tous les musi­ciens comme pour indi­quer que cet EP va être une grande ses­sion jam. L’ensem­ble ren­tre directe­ment dans le vif du sujet avec des rythmes rapi­des et une bat­terie sur­voltée. Une bonne ligne de basse vient accom­pa­g­n­er ce morceau qui est un hom­mage à la rue lon­doni­enne où est basé le TRC et où la plu­part des ses­sions d’en­reg­istrements se sont déroulées. Une dédi­cace au Total Refresh­ment Cen­tre qui se retrou­ve égale­ment sur la pochette du maxi. Comme Neue Grafik l’ex­plique lui même : “cet EP a été conçu comme un voy­age per­son­nel entre Dept­ford et Dal­ston, à tra­vers le quarti­er de Peck­ham”, c’est donc en bon guide qu’il pro­pose de pren­dre la direc­tion de “Dal­ston Junc­tion”, le deux­ième morceau. Il est scindé en deux par­ties, la pre­mière aux sonorités hip-hop un peu dans la veine d’un titre de Kay­trana­da puis un appel télé­phonique vient chang­er com­plète­ment l’at­mo­sphère. L’au­di­teur passe alors dans une dimen­sion un peu mys­tique accom­pa­g­née par la flûte de la musi­ci­enne brux­el­loise Esinam et la voix ensor­ce­lante de Broth­er Por­trait. Pas d’am­biance vau­dou mal­gré le nom du troisième titre de l’EP, “Voodoo Rain”. Cepen­dant les influ­ences africaines de Neue Grafik sont bien présentes dans ce  morceau  avec les claque­ment de mains ou encore la présence d’un bâton de pluie. Mais c’est avant tout l’en­voutant sax­o­phone de l’artiste bri­tan­nique Nubya Gar­cia qui sub­lime ce titre. Un vrai moment d’en­chante­ment mais pour­tant quelque chose sem­ble man­quer ou plutôt “Some­thing Is Miss­ing”. Rythmes beau­coup plus rapi­des dans ce qua­trième morceau de l’EP qui est tiré du pre­mier con­cert live don­né par l’Ensem­ble au Total Refesh­ment Cen­tre. La trompette et le saxo se don­nent à coeur joie dans une véri­ta­ble joute audi­tive. Le tout dégage une énergie impres­sion­nante et laisse imag­in­er l’am­biance de feu une fois cette ses­sion live ter­minée. Après toute ces émo­tions, il y a comme un besoin de faire une pause, c’est alors que “Hotel Laplace” prend place dans nos oreilles.

crédit pho­to : Karoli­na Wie­locha

La ten­sion rede­vient nor­male, plus calme, avec la douce voix soul de Allysha Joy. Sur un tem­po beau­coup plus doux, la chanteuse orig­i­naire de Mel­bourne emporte l’au­di­teur pour un voy­age relax­ant hors du temps. Le titre est d’ailleurs enreg­istré en live au Giant Steps, un club lon­donien. Le Neue Grafik Ensem­ble reprend la main et accélère à nou­veau le rythme dans l’en­tê­tant “Hedge­hog Dilem­ma”. Le dilemme du héris­son, dans la langue de Molière, est porté par les sax­o­phones de l’ensem­ble mais surtout une nou­velle fois par la voix du chanteur Broth­er Por­trait. C’est d’ailleurs lui qui va con­clure l’EP avec le morceau “Ded­i­cat­ed to Marie Paule/Conclusion” en posant ses mots dans cette ambiance qui rap­pelle un peu la east coast améri­caine. Un piano soli­taire vient ter­min­er cet EP, à l’aide de ses accords  et d’un decrescen­do qui laisse finale­ment l’au­di­teur en sus­pen­sion, après avoir passé un beau moment de jazz.

Le Neue Grafik Ensem­ble sera en con­cert au New Morn­ing (Paris), le 10 décem­bre prochain. Pour toutes les infos, c’est sur la page de l’évène­ment que ça se passe. 

L’EP Foulden Road du Neue Grafik Ensem­ble sur Spo­ti­fy :


Pour ceux qui sont plus Deez­er : 

Disponible égale­ment sur Band­camp :

Cov­er de Foulden Road

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