Crédit : Julia Gunther

Edge Of Everything” : le premier album puissant et engagé de Paula Temple

15 ans. Peu d’artistes évolu­ent aus­si longtemps sans pro­duire de long for­mat. Ce n’est pas le cas de Paula Tem­ple, qui sort aujour­d’hui son tout pre­mier album, Edge Of Every­thing. Des aspects de fins du monde, une tech­no futur­iste et robo­t­ique, des tex­tures dis­tor­dues. L’at­tente fut récom­pen­sée.

Edge Of Every­thing fait référence à l’époque para­doxale dans laque­lle nous vivons” nous expli­quait la pro­duc­trice dans notre numéro d’avril 2019. Une époque comme un précipice donc, ce qu’un syn­thé­tiseur stri­dent et une basse grésil­lante n’hési­tent pas à faire ressen­tir, comme sur le titre “Futures Betrayed”. En douze morceaux, la DJ plonge dans les tré­fonds de la tech­no indus­trielle, la tech­no si puis­sante dont elle a le secret, et qui ali­mente son suc­cès. Le but ? Encour­ager un recadrage de la poli­tique dom­i­nante en util­isant l’é­mo­tion brute : “C’est un prob­lème de civil­i­sa­tion : il serait par­fois si sim­ple de faire autrement, mais on ne le fait pas parce qu’on est piégés par des mau­vais choix qui finiront par nous détru­ire.”

L’al­bum se con­stru­it donc autour d’un genre plus som­bre, avec une var­iété de sons dif­férents, du syn­thé à la bat­terie pour un effet cav­erneux sans précé­dent. Un man­i­feste poli­tique à l’en­con­tre des dirigeants peu scrupuleux et d’une hiérar­chie ver­ti­cale archaïque. En témoigne l’u­til­i­sa­tion de mythes ances­traux comme avec “Joshua And Goliath” (en ver­sion slow ou tech­no). “Rag­ing Earth” quant à lui, provient d’un cauchemar qu’au­rait fait la pro­duc­trice, dans lequel les humains seraient par­venus à détru­ire la planète. Un album à la fois épique et apoc­a­lyp­tique donc, comme une douche froide.

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