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Crédits photos : JBo Photo et So Me
26 octobre 2018

En écoute : Boys Noize et Mr Oizo réunis pour un nouvel EP sous leur alias Handbraekes

par Corentin Fraisse

On desserre le frein à main, on fait chauffer le moteur et on démarre pied au plancher. Au début du mois, Ed Banger annonçait sa 109ème release du label, avec Handbraekes aux commandes. Le duo franco-allemand formé par Mr Oizo et Boys Noize avait croisé le fer sur deux EPs en 2012 et 2014 -déjà sur le label de Pedro Winter– lâchant au passage quelques pépites comme « Callgurls » et « Bravo« . Les deux compères reviennent aujourd’hui avec six titres courts et merveilleusement dérangés, compactés dans un EP sobrement intitulé #3.

Quand on connaît les esprits énervés de Quentin Dupieux et Alex Ridha -Mr Oizo et Boys Noize, si ce n’était pas assez clair- on peut forcément s’attendre à un nouveau disque de techno sombre par Handbraekes… Ce n’est qu’à moitié vrai, car les premiers instants vont digger au coeur du disco, avec le premier track « Discow » : c’est moins subtil que Daft Punk et leur « Veridis Quo« , mais au moins on parle tous de la même chose. Sample d’une voix caverneuse, kick lourd, orgues, nappes de synthé et on est vite propulsé à Miami au milieu des 70s.

Mais très vite sur « All Nite Long » -hommage masqué à Mousse T. ou Lionel Richie?-, on retrouve les rythmes perturbés et les percus abruptes de Oizo, avec les basses électroniques saturées et plutôt grasses si chères à Boys Noize… Le tout ponctué par une voix féminine sensuelle, à la limite de la jouissance. « Intertwo » ralentit le tempo, installe un rythme chaloupé et une ambiance sombre avec des kicks secs mais aussi des notes haut perchées et dissonantes : à la croisée parfaite des deux univers. On dévie tranquillement vers le hip-hop avec « Jumpma » et la langue allemande n’a jamais paru aussi sexy que sur le doux et minimaliste « Citroën ». Et comme avec Handbraekes, on s’est habitués à être déstabilisés, l’EP se termine sur « Bangyou » : un titre qui serait idéal pour débuter un set et chauffer à blanc l’assistance. Une outro construite comme une intro, en somme.

#3 c’est une nouvelle fusion exaltée et presque parfaite entre les backgrounds de Boys Noize et Mr Oizo. Un EP commun tous les deux ans? Il va falloir penser à accélérer le rythme et passer la quatrième messieurs, parce qu’on en redemandera encore et toujours.

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