Crédits photos : JBo Photo et So Me

En écoute : Boys Noize et Mr Oizo réunis pour un nouvel EP sous leur alias Handbraekes

On desserre le frein à main, on fait chauf­fer le moteur et on démarre pied au planch­er. Au début du mois, Ed Banger annonçait sa 109ème release du label, avec Hand­braekes aux com­man­des. Le duo franco‐allemand for­mé par Mr Oizo et Boys Noize avait croisé le fer sur deux EPs en 2012 et 2014 -déjà sur le label de Pedro Win­ter- lâchant au pas­sage quelques pépites comme “Call­gurls” et “Bra­vo”. Les deux com­pères revi­en­nent aujourd’hui avec six titres courts et mer­veilleuse­ment dérangés, com­pactés dans un EP sobre­ment inti­t­ulé #3.

Quand on con­naît les esprits énervés de Quentin Dupieux et Alex Rid­ha -Mr Oizo et Boys Noize, si ce n’était pas assez clair‐ on peut for­cé­ment s’attendre à un nou­veau disque de tech­no som­bre par Hand­braekes… Ce n’est qu’à moitié vrai, car les pre­miers instants vont dig­ger au coeur du dis­co, avec le pre­mier track “Dis­cow” : c’est moins sub­til que Daft Punk et leur “Veridis Quo”, mais au moins on par­le tous de la même chose. Sam­ple d’une voix cav­erneuse, kick lourd, orgues, nappes de syn­thé et on est vite propul­sé à Mia­mi au milieu des 70s.

Mais très vite sur “All Nite Long” -hom­mage masqué à Mousse T. ou Lionel Richie?-, on retrou­ve les rythmes per­tur­bés et les per­cus abruptes de Oizo, avec les bass­es élec­tron­iques sat­urées et plutôt grass­es si chères à Boys Noize… Le tout ponc­tué par une voix fémi­nine sen­suelle, à la lim­ite de la jouis­sance. “Intert­wo” ralen­tit le tem­po, installe un rythme chaloupé et une ambiance som­bre avec des kicks secs mais aus­si des notes haut per­chées et dis­so­nantes : à la croisée par­faite des deux univers. On dévie tran­quille­ment vers le hip‐hop avec “Jump­ma” et la langue alle­mande n’a jamais paru aus­si sexy que sur le doux et min­i­mal­iste “Cit­roën”. Et comme avec Hand­braekes, on s’est habitués à être désta­bil­isés, l’EP se ter­mine sur “Bangy­ou” : un titre qui serait idéal pour débuter un set et chauf­fer à blanc l’assistance. Une out­ro con­stru­ite comme une intro, en somme.

#3 c’est une nou­velle fusion exaltée et presque par­faite entre les back­grounds de Boys Noize et Mr Oizo. Un EP com­mun tous les deux ans? Il va fal­loir penser à accélér­er le rythme et pass­er la qua­trième messieurs, parce qu’on en rede­man­dera encore et tou­jours.

(Vis­ité 3 341 fois)