Interview : Petite Noir et l’expansion de la noir wave

Noir wave is infi­nite, noir wave is love” : voilà com­ment Petite Noir décrit son style de musique, celui qu’il a inven­té et qu’il explique dans un man­i­feste. Désor­mais basé à Lon­dres, le chanteur sud‐africain vient de sor­tir La Mai­son Noir / The Black House, un mini‐album mélangeant new wave, afro beat, soul et même rap. La noir wave, quoi. Dans un mini‐film dépas­sant déjà les mil­lions de vues, Petite Noir évoque la spir­i­tu­al­ité, l’immigration et la renais­sance, des thèmes qui lui tien­nent à coeur. Blo­qué ironique­ment dans un stu­dio lon­donien à cause d’un visa tar­dant à arriv­er, il nous a quand même par­lé de tout ça au télé­phone.

Il y a plusieurs années, pen­dant la pro­mo de ton pre­mier album, une phrase reve­nait sou­vent : “Le monde entier est ma mai­son”. Avec ce nou­v­el album, tu le pens­es tou­jours ?

Oui ! Je ne crois pas aux fron­tières, le monde entier est ma mai­son en effet. Où que je sois sur Terre, je me sens bien avec moi‐même. Je n’ai plus vrai­ment besoin de voy­ager pour être ailleurs. Aujourd’hui est le moment idéal pour le monde de s’ouvrir et laiss­er les gens vivre libre­ment.

Cha­cun de ces albums a un titre en français et un autre en anglais. Pourquoi ça ?

Je voulais représen­ter les deux côtés. J’ai gran­di en par­lant français puis j’ai arrêté quand j’ai appris l’anglais. J’aime cette diver­sité.

En effet, tu es né à Brux­elles, ta mère est ango­laise, ton père est con­go­lais et tu as gran­di au Cap. Ça n’a pas été com­pliqué de trou­ver ton iden­tité pen­dant ton enfance ?

Si, assez. Donc j’ai créé la mienne.

Dans “Blame Fire”, tu dis que ton père était un politi­cien. Est‐ce que ça a affec­té ta manière de penser ?

Ma famille a tou­jours été dans la poli­tique, c’est dans mon ADN. Pour moi, ça s’insère plutôt dans ma musique. J’aime com­mu­ni­quer un mes­sage à une grande audi­ence.

Plus glob­ale­ment, tu par­les des réfugiés et de l’immigration dans le morceau. Pour toi, c’est impor­tant de délivr­er un mes­sage à tra­vers ta musique ?

Défini­tive­ment. Selon moi, la musique n’est pas aus­si puis­sante s’il n’y a pas de mes­sage der­rière. C’est comme de la nour­ri­t­ure qui aurait un bon goût mais aucun apport nutri­tion­nel.

Blame Fire” est une expres­sion que tu as inven­tée, qui sig­ni­fie “Thank God”, c’est ça ?

J’ai créé cette expres­sion à Vienne, en pleine réflex­ion. Je me sen­tais recon­nais­sant du chemin que j’avais par­cou­ru donc j’ai rassem­blé ces deux mots afin de remerci­er Dieu. Je suis pour l’originalité, il est temps pour nous d’étendre notre vocab­u­laire. Qui a dit qu’on ne pou­vait pas créer de nou­veaux mots ?

C’est le seul que tu as créé ?

Je suis en créa­tion per­pétuelle de nou­veaux con­cepts et lan­gages. La noir wave en est l’idée prin­ci­pale.

Dans The Gift And The Curse, le mini‐film qui accom­pa­gne l’album, tu affirmes “Noir wave is tak­en to a new lev­el”. Le film enchaîne qua­tre étapes (nais­sance, vie, mort, renais­sance) et qua­tre élé­ments (eau, feu, terre et air) mais aus­si qua­tre sec­tions du cos­mo­gramme con­go­lais (Kala, Tuku­la, Luvem­ba et Masoni). Tu peux m’expliquer l’histoire ?

Nous avons util­isé le cos­mo­gramme con­go­lais pour point­er du doigt cer­tains prob­lèmes de la société : la manière dont les per­son­nes noires et les femmes sont traitées, par exem­ple. Nous voulions mon­tr­er com­ment s’élever au dessus de ça, comme une renais­sance. En espérant que le futur soit meilleur. Le film sym­bol­ise aus­si l’aspect de tou­jours con­tin­uer, ne jamais arrêter.

C’est pour ça que le film se ter­mine sur la cita­tion “The rise of the noir wave is infi­nite”.

Oui. Avec la noir wave, tu peux faire tout ce dont tu as envie.

Tu devais organ­is­er No Bor­ders, ton pro­pre fes­ti­val au début du mois de novem­bre à Lon­dres mais il a mal­heureuse­ment été annulé. Pourquoi ?

Nous l’avons repoussé à l’année prochaine car il n’était pas encore prêt. Il nous faut du temps pour organ­is­er un événe­ment de ce niveau. No Bor­ders est un fes­ti­val qui célèbr­era la musique mais surtout l’immigration avec des artistes du monde entier, par exem­ple M.I.A.

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