En écoute : “Kind” de Dillon, où la souffrance prend un charme fou

Ter­ri­bles et libéra­tri­ces, les chan­sons de Dil­lon sont empris­es d’une douleur dif­fi­cile à cern­er. Si Dominique Dil­lon de Bying­ton est née au Brésil, elle a prin­ci­pale­ment vécue avec sa mère en Alle­magne. Elle préfère d’ailleurs se désign­er comme citoyenne du monde, sans fron­tières. Ado­les­cente, elle se met à chanter sans pren­dre de cours et jouer un peu de piano. Sa grande sen­si­bil­ité l’amène à l’écriture, seul moyen pour elle d’exorciser alors ses peines. À 19 ans elle dévoile ses pre­miers morceaux. En 2011 sort l’album This Silence Kills, sur le label d’Ellen Allien, BPitch Con­trol, qui est pour­tant davan­tage ori­en­té musique élec­tron­ique. Véri­ta­ble recueil de chan­sons à texte à l’humeur som­bre, Dil­lon s’y dévoile de manière très intime. Cer­tains cri­tiques voient en elle une affil­i­a­tion avec Björk, l’album est une réus­site. S’en suit une péri­ode com­pliquée pour l’artiste, qui fait face au syn­drome de la page blanche et à un marasme émo­tion­nel qui dur­era deux ans. Une péri­ode dif­fi­cile con­clue par un sec­ond album, The Unknown, mag­nifique car­net de bord où la noirceur côtoie le charme.

Rarement nous aurons ren­con­tré une per­son­ne évo­quant son vague à l’âme de manière aus­si directe : “Il ne s’agit pas de se répar­er. J’ai com­pris qu’il fal­lait chang­er de per­spec­tive et accepter de vivre avec. Il faut être fort, ne pas avoir peur, lorsque l’on réalise que quelque chose nous manque.” Dans une con­ti­nu­ité par­faite, le troisième album de Dil­lon, Kind, évoque tou­jours ces thèmes liés aux émo­tions, à l’amour, à la tristesse… La vie vue par le prisme d’une souf­france sourde, écrite et chan­tée avec un sincérité qui ne peut laiss­er de mar­bre. Kind est sor­ti aujourd’hui et est disponible à l’écoute ci-dessous.

 

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