©Charlotte Abramow

En écoute : l’élégante B.O. d’Agoria pour le film du réalisateur de Dikkenek

Avec Flo­rence Foresti et Michaël Youn, le réal­isa­teur de Dikkenek, Olivi­er Van Hoof­s­tadt, sort demain mer­cre­di 26 févri­er son dernier long-métrage Lucky. À la B.O., un cer­tain Sébastien Devaud alias Ago­ria, qui rem­pile avec le réal­isa­teur belge pour la sec­ond fois après Go Fast en 2008. Mais cette fois, on délaisse le sérieux du traf­ic de drogue pour l’hu­mour d’un braquage absurde qui tourne au vinai­gre. Alors, quand on s’ap­pelle Ago­ria et qu’on a un pied sur la scène tech­no under­ground et l’autre dans la vit­rine de la musique élec­tron­ique française, com­ment est-ce qu’on s’y prend ? Réponse de l’in­téressé et écoute inté­grale et en avant-première de la bande orig­i­nale du film Lucky.

Tu avais déjà tra­vail­lé avec Olivi­er Van Hoof­s­tadt sur Go Fast en 2008. Com­ment s’est passée la col­lab­o­ra­tion cette fois-ci ?

Un enfer. Ce mec est dingue. Une plaie. Il t’appelle non-stop pour savoir si t’es bien au stu­dio. Un vrai inspecteur. Mais en vrai, c’est un amour, com­pliqué comme tou­jours. C’était com­pliqué de dire non car on s’adore et je ne pou­vais pas dire oui car je tour­nais. Il m’a eu à l’usure et on s’est arrangé. J’ai été très bien entouré dans les moments de stu­dio pour com­pos­er cette B.O. Beau­coup d’artistes déjà présents sur Drift ont par­ticipé comme Sacha Rudy ou Blasé par exemple.

J’ai de plus en plus besoin de ces points d’équilibre, de ces ponts entre cul­tures, c’est ce qui m’excite.”

Ici, pour la pre­mière fois, tu te frottes à un film drôle. Alors, à quoi faut-il penser quand on fait une B.O. pour ce genre de film ?

La B.O. s’est faite dans l’urgence, j’ai pas eu trop le temps de cog­iter. Je venais de sor­tir une col­lab­o­ra­tion avec Jacques sur mon label Sapi­ens : “Vis­it”. Les titres de ce sin­gle me sem­blaient à la fois ludiques, élé­gants et un peu loufo­ques. Du coup, je l’ai fait écouter à Olivi­er qui a adoré et l’a mis en générique d’intro du film. Ça a aigu­il­lé la couleur générale de la bande orig­i­nale. Sou­vent pour une comédie, la par­ti­tion essaye de don­ner des inten­tions, des res­pi­ra­tions, des vir­gules pour ne pas cass­er la dynamique comique. Ce qui est agréable avec Olivi­er c’est juste­ment qu’il adore cass­er ces codes. Sur Lucky, on est donc assez loin de la par­ti­tion d’une comédie clas­sique. On est plus proche d’un album avec beau­coup de plages qui sont des morceaux à part entière.

Qu’est-ce qui a changé (ou pas) par rap­port à ton proces­sus de créa­tion pour tes pro­pres albums ?

J’ai eu l’impression d’être dans la con­ti­nu­ité de Drift et d’un tra­vail de groupe, avec ce mélange des styles, des influ­ences. Les morceaux “Police” et “Obé­di­ence” plairont sans doute à ceux qui me suiv­ent depuis longtemps, alors que les titres en col­lab­o­ra­tion avec Blasé et Sacha Rudy sont claire­ment plus pop. J’ai de plus en plus besoin de ces points d’équilibre, de ces ponts entre cul­tures, c’est ce qui m’excite.

Une ou des anec­dotes de tour­nage à nous raconter ?

Je crois que Lau­ra Laune a fait un très bon résumé des galères de tour­nage sur son Insta­gram

Lucky de Olivi­er Van Hoof­s­tadt, en salle mer­cre­di 26 févri­er 2020

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