Crédit : Phil Sharp

En écoute : “LP5”, le retour d’Apparat

Six ans. C’est le nom­bre d’an­nées qui sépar­ent LP5 — sor­ti aujour­d’hui -, de Krieg Und Frieden (Music for The­atre), le dernier album de Sascha Ring sous le nom Appa­rat. Entre temps, le Berli­nois ne chôme pas : il signe avec Mod­er­at, le groupe qu’il a com­posé avec Ger­not Bron­sert et Sebas­t­ian Szary de Mod­e­se­lek­tor, deux albums souf­flant du bon et du moins bon, se lais­sant par­fois aller à une pop élec­tron­ique sim­pliste. Mais comme ses com­pa­tri­otes et anciens col­lab­o­ra­teurs musi­caux, il se relance désor­mais dans le bain pour un grand retour solo.

Moins élec­tron­ique que Orches­tra of Bub­bles - sa col­lab­o­ra­tion de 2006 avec Ellen Allien -, moins pop que A Dev­il’s Walk et moins grandil­o­quent que son dernier album que Krieg Und FriedenLP5 se présente comme une syn­thèse expéri­men­tale bien qu’ac­ces­si­ble. On y retrou­ve pèle-mêle des élé­ments acous­tiques et élec­tron­iques, des sonorités planantes con­fron­tées à des glitchs et des mélodies dis­tor­dues comme sur “Means Of Entry”. Le disque s’emballe avec des titres comme “Caronte”, pour mieux nous ramen­er à la tran­quil­lité avec d’autres comme “Eq_Break”, véri­ta­ble com­po­si­tion de clas­sique con­tem­po­rain. Comme sou­vent, les bémols vien­nent de la voix falset­to de Sascha Ring, qui résonne par­fois comme un Bon Iver moins sub­til. Mais l’Alle­mand sait ne pas en abuser, et ne vient donc pas frag­ilis­er la qual­ité glob­ale de ce nou­veau disque. Un voy­age auda­cieux mais tout en douceur, le fruit d’une car­rière riche en col­lab­o­ra­tions et en diver­sité styl­is­tique.

Ecoutez LP5 :


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