Crédit : Fabian Hammerl

En écoute : “Qualm”, la nouvelle jam techno et EBM d’Helena Hauff

Un stu­dio, quelques machines et syn­thé­tiseurs, et des impro­vi­sa­tions : voilà ce dont Hele­na Hauff a besoin pour com­pos­er. Le but ? “Essay­er de créer quelque chose de puis­sant sans utilis­er trop d’instruments et de sonorités”. La méth­ode a fonc­tion­né avec Dis­creet Desires, son pre­mier album sor­ti en 2015 sur Nin­ja Tune et Werkdiscs, le label d’Actress. Rebe­lote avec Qualm, tou­jours sur Nin­ja Tune. Ce proces­sus de créa­tion s’entend dès le pre­mier titre, “Bar­row Boot Boys” : l’Allemande s’est encore une fois assise dans un stu­dio, a allumé ses vieilles machines et syn­thé, et a enreg­istré ses jam ses­sions. Alors for­cé­ment, cer­tains titres ont du mal à dépass­er le stade d’impros couchées sur vinyle. Mais par­fois, ça marche, avec pour chaque audi­teur un moment favori dif­férent. Elle est là la magie d’Helena Hauff : en DJ‐set comme dans ses albums, qu’elle laisse pren­dre des virages un peu plus expéri­men­taux par­fois, elle regarde droit devant elle, déroulant ses boucles comme si le monde n’existait plus. A l’auditeur ou au danseur d’attraper en marche son train post‐apocalyptique, cha­cun pou­vant mon­ter dans le wag­on à la gare de son choix. Ici, ce sera “Lifestyle Guru” et ses clins d’oeil acid. Là, l’interlude “Entropy Cre­at­ed You And Me” et ses sonorités rap­pelant les musiques de vieux jeu vidéo. Ou là le dip­tyque “Qualm” et “No Qualms”, le pre­mier étant peut‐être le morceau le plus abouti de l’album, évo­quant la nuit, la brume (“qualm” en alle­mand) et l’absence de scrupule (“qualm”… en anglais !). Entre tech­no, EBM et IDM, avec tou­jours quelques relents glacials (les fans de cold­wave apprécieront), Qualm est tout à fait hors sai­son. Mais quand il brille de cette manière, on préfér­era tou­jours le brouil­lard aux palmiers.

Si vous êtes plutôt Spo­ti­fy :

Bonne nou­velle : Hele­na Hauff don­nera un DJ‐set au fes­ti­val Cabaret Vert à Charleville‐Mézières le jeu­di 23 août. Mais l’Allemande ne s’arrêtera pas là ! Si un petit voy­age ne vous fait pas peur, vous pour­rez égale­ment la voir au fes­ti­val Berlin Aton­al le ven­dre­di 24 août ou encore le 30 août au Forte au Por­tu­gal.

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