En écoute : “This Old Dog”, le nouvel album de Mac DeMarco

On com­mence à être telle­ment habitué à ses pitreries sur inter­net (et plus par­ti­c­ulière­ment sur son compte Insta­gram), qu’on en oublierait presque que Mac DeMar­co est avant tout un excel­lent artiste, un arti­san folk aux chan­sons rigolotes et légères, à écouter le dimanche matin… Ou pas ? Car sur ce This Old Dog, le song­writ­ing de Mac, 26 ans, atteint une autre dimen­sion, per­son­nelle, mélan­col­ique et poignante, bien loin de ses blagues pipi-caca qui émail­lent la toile. Prenez “My Old Man”. Sur ce titre d’ou­ver­ture de l’al­bum, Mac DeMar­co se décrit comme fatigué, seul, et ressem­blant de plus en plus à son père. Ce qui pour­rait être une sim­ple chan­son écrite entre deux con­certs est en fait bien plus pro­fond que ça. La fig­ure du père absent est un sujet revenant régulière­ment dans l’oeu­vre du Cana­di­en, et pour cause : son père, alcoolique et drogué, a aban­don­né sa mère et lui alors qu’il n’avait que 5 ans. Le fan­tôme du géni­teur inca­pable, fainéant et destruc­teur se retrou­ve certes dès les pre­miers titres de Mac DeMar­co, mais c’est la pre­mière fois qu’il est évo­qué aus­si frontale­ment, DeMar­co, gros fumeur et pas mal porté sur la bouteille, sem­blant tout sim­ple­ment se retrou­ver en lui… Sig­nant au pas­sage l’une de ses meilleures chan­sons, sans aucun effet ajouté sur sa voix, se con­fi­ant directe­ment à l’au­di­teur, et avouant devenir une copie de la per­son­ne qui l’a le plus fait souf­frir pen­dant son enfance. Ça vous pose un décor en début d’al­bum. Le pre­mier sin­gle, s’ha­bille lui d’un visuel sans équiv­oque :

Alors oui, écoutées dis­traite­ment, les chan­sons de Mac DeMar­co passent très bien sur un transat au soleil. Mais le Cana­di­en de 26 ans est dis­crète­ment en train de devenir l’un des meilleurs song­writ­ers de sa généra­tion — de celle qui a bouf­fé des albums de Bob Dylan toute son ado­les­cence, comme on peut l’en­ten­dre sur “A Wolf Who Wears Sheeps Clothes” et son har­mon­i­ca. D’i­ci quelques albums, il pour­rait bien tutoy­er les légen­des de la chan­son nord-américaine à la Paul Simon ou Tom Waits… S’il ne se noie pas dans ses paque­ts de Viceroys et ses packs de bière avant.

Si vous êtes plutôt Spo­ti­fy :

(Vis­ité 1 419 fois)