Une manifestation du mouvement "Justice at Spotify" / ©Patrick Perkins

En France aussi la musique se mobilise pour demander “justice at Spotify”

Les artistes français représen­tés par la FELIN, le SMA et Technopol rejoignent le débat lancé par le mou­ve­ment Jus­tice at Spo­ti­fy, pour appel­er à une plus grande régu­la­tion du stream­ing musi­cal. Par voie de presse, ces organ­i­sa­tions reprochent aux plate­formes un manque de trans­parence et une rémunéra­tion trop basse des artistes et labels indépendants.

C’est un débat régulière­ment ravivé depuis fin 2020. D’abord par le mou­ve­ment Jus­tice at Spo­ti­fy, qui a fait le plus par­ler de lui avec sa péti­tion de 27 500 artistes sig­nataires et l’or­gan­i­sa­tion de plusieurs man­i­fes­ta­tions devant les locaux de la plate­forme, mais d’autres comme Keep Music Alive au Royaume-Uni ou PayPer­form­ers en Europe ont aus­si mis le sujet sur la table : ils reprochent à Spo­ti­fy et aux géants du stream­ing plus glob­ale­ment de rétribuer trop insuff­isam­ment les artistes. En effet, le stream­ing est aujour­d’hui devenu la prin­ci­pale source de revenus des artistes (les con­certs étant à l’ar­rêt) et pour­tant ne per­met pas, selon eux, à une majorité d’en­tre eux (en par­ti­c­uli­er les indépen­dants) d’en vivre décem­ment. C’est main­tenant la Fédéra­tion Nationale des Labels et Dis­trib­u­teurs Indépen­dants (FELIN), le Syn­di­cat des Musiques Actuelles (SMA) et Technopol qui ont rejoint le débat avec la dif­fu­sion d’un com­mu­niqué com­mun, pour appel­er à une plus grand régu­la­tion des plate­formes de streaming.

La FELIN, le SMA et Technopol iden­ti­fient plusieurs prob­lé­ma­tiques cen­trales, qui ont toutes pour orig­ine le manque de trans­parence des plateformes :

  • Les pra­tiques illé­gales et les moyens mis en place pour les con­tr­er : l’achat de faux streams et le pay­ola, qui con­siste à offrir de la vis­i­bil­ité avec une con­trepar­tie financière.
  • Les dif­férences de traite­ment des titres dans les playlists générées par les algorithmes.
  • La dif­férence de vis­i­bil­ité entre les indépen­dants et les majors sur les plateformes.

Des solutions

Pour ces trois organ­i­sa­tions, une solu­tion con­sis­terait au pas­sage à un sys­tème de rémunéra­tion dit “user-centric” (une somme fixe par stream) comme réclamé par Jus­tice at Spo­ti­fy, qui “serait béné­fique pour la diver­sité en plus d’assurer un garde-fou con­tre les dérives.” Elles se basent là sur une étude du CNM (Cen­tre Nation­al de la Musique), dont une autre étude dis­ait pour­tant que ce change­ment serait min­ime. Con­crète­ment, la FELIN, le SMA et Technopol deman­dent au CNMde met­tre en place des dis­cus­sions entre pro­duc­teurs et plate­formes, afin de réfléchir au mod­èle de demain, que nous souhaitons équili­bré, juste, trans­par­ent et vertueux pour tous.” Ces deman­des de trans­parence font écho à l’ini­tia­tive de Spo­ti­fy Loud & Clear, un site dédié à expli­quer le fonc­tion­nement de la plate­forme et des rémunérations.

Lire le communiqué

 

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