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Une manifestation du mouvement "Justice at Spotify" / ©Patrick Perkins
13 avril 2021

En France aussi la musique se mobilise pour demander « justice at Spotify »

par Antoine Barsacq

Les artistes français représentés par la FELIN, le SMA et Technopol rejoignent le débat lancé par le mouvement Justice at Spotify, pour appeler à une plus grande régulation du streaming musical. Par voie de presse, ces organisations reprochent aux plateformes un manque de transparence et une rémunération trop basse des artistes et labels indépendants.

C’est un débat régulièrement ravivé depuis fin 2020. D’abord par le mouvement Justice at Spotify, qui a fait le plus parler de lui avec sa pétition de 27 500 artistes signataires et l’organisation de plusieurs manifestations devant les locaux de la plateforme, mais d’autres comme Keep Music Alive au Royaume-Uni ou PayPerformers en Europe ont aussi mis le sujet sur la table : ils reprochent à Spotify et aux géants du streaming plus globalement de rétribuer trop insuffisamment les artistes. En effet, le streaming est aujourd’hui devenu la principale source de revenus des artistes (les concerts étant à l’arrêt) et pourtant ne permet pas, selon eux, à une majorité d’entre eux (en particulier les indépendants) d’en vivre décemment. C’est maintenant la Fédération Nationale des Labels et Distributeurs Indépendants (FELIN), le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) et Technopol qui ont rejoint le débat avec la diffusion d’un communiqué commun, pour appeler à une plus grand régulation des plateformes de streaming.

La FELIN, le SMA et Technopol identifient plusieurs problématiques centrales, qui ont toutes pour origine le manque de transparence des plateformes :

  • Les pratiques illégales et les moyens mis en place pour les contrer : l’achat de faux streams et le payola, qui consiste à offrir de la visibilité avec une contrepartie financière.
  • Les différences de traitement des titres dans les playlists générées par les algorithmes.
  • La différence de visibilité entre les indépendants et les majors sur les plateformes.

Des solutions

Pour ces trois organisations, une solution consisterait au passage à un système de rémunération dit « user-centric » (une somme fixe par stream) comme réclamé par Justice at Spotify, qui « serait bénéfique pour la diversité en plus d’assurer un garde-fou contre les dérives. » Elles se basent là sur une étude du CNM (Centre National de la Musique), dont une autre étude disait pourtant que ce changement serait minime. Concrètement, la FELIN, le SMA et Technopol demandent au CNM « de mettre en place des discussions entre producteurs et plateformes, afin de réfléchir au modèle de demain, que nous souhaitons équilibré, juste, transparent et vertueux pour tous. » Ces demandes de transparence font écho à l’initiative de Spotify Loud & Clear, un site dédié à expliquer le fonctionnement de la plateforme et des rémunérations.

Lire le communiqué

 

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