En un an, le nombre de rave-parties a doublé à Londres

Fer­mez les clubs, et les gens ne ren­treront pas chez eux, ils iront en rave. La théorie est plutôt sim­ple. Et elle se véri­fie depuis quelques années chez nos voisins anglais : alors que de plus en plus de boîtes lon­doni­ennes fer­ment leurs portes (la ville a per­du la moitié de ses clubs en 10 ans), le nom­bre de soirées illé­gales ne cesse d’augmenter autour de la cap­i­tale anglaise. En 2016, 70 raves illé­gales ont été iden­ti­fiées par la police, rap­porte le Sun­day Tele­graph. L’année suiv­ante, 133.

Au-delà de la fer­me­ture des clubs, d’autres expli­ca­tions sont avancées, con­cer­nant les boîtes qui, elles, sont restées ouvertes. Aug­men­ta­tion du prix des con­som­ma­tions, pro­gram­ma­tions moins aven­tureuses par soucis de rentabil­ité, con­trôles à l’entrée trop intrusifs et humiliants… Se tourn­er vers les raves per­me­t­traient ain­si de faire la fête libre­ment, pour pas cher, et pour y écouter de la musique moins com­mer­ciale. Pour les organ­isa­teurs, c’est un vrai risque : depuis une rave d’Halloween en 2015, s’étant ter­minée par des affron­te­ments vio­lents entre les forces de l’ordre et les fêtards, la police lon­doni­enne a dur­ci ses méth­odes — par­mi lesquelles l’usage d’agents infil­trés ou la sur­veil­lance des activ­ités en ligne. Mais pour les par­tic­i­pants aus­si : en juin de l’année dernière, une opéra­tion de police visant à inter­dire une rave à Stan­ford Hill a égale­ment mal tourné, avec routes coupées, héli­cop­tères, chiens, CRS, des vit­res brisées et un blessé au couteau.

Le risque à terme ? Que l’Angleterre se dirige vers un nou­veau Crim­i­nal Jus­tice and Pub­lic Order Act, un énorme ensem­ble de loi dans lequel se cachait des arti­cles anti-raves dras­tiques : la police a eu le droit de sépar­er tout groupe de plus de dix per­son­nes soupçon­nées d’organiser une rave, ou d’éloigner les gens en chemin pour la dite-rave dans un périmètre de 7 kilo­mètres. En ligne de mire, toutes les soirées où l’on écoutait des “beats répéti­tifs”.

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