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Crédit photo : Andreas Hornoff
10 mars 2018

Le producteur deep house Stimming s’est associé au pianiste néo-classique Lambert pour un album electronica à couper le souffle !

par Clémence Meunier

C’est la grande mode : un producteur électronique s’associe avec un musicien classique, voire tout un orchestre symphonique, pour sortir un album hybride. Jeff Mills propose ça depuis des années pour des lives. Mais rien que l’année dernière, Carl Craig, en collaboration avec le pianiste Francesco Tristano, a fait reprendre ses plus grands titres par un orchestre (le projet s’appelle « Versus » et vaut clairement le détour en live) et le label électronique !K7 a créé sa propre branche néo-classique !7K pour accueillir le pianiste Luca d’Alberto. Même Tale Of Us s’y est mis, au printemps dernier, avec Endless, un premier album entre classique et ambient sorti sur Deutsche Grammophon – un poil plus dispensable celui-là. Nouveaux venus dans le grand bain électronique-néo-classique ? L’Allemand Stimming, habitué de l’écurie Diynamic (il nous a d’ailleurs offert un podcast exclusif à l’occasion du Diynamic Festival l’année dernière) et plutôt porté sur la deep house ou la minimale, accompagné de son compatriote pianiste néo-classique Lambert. « J’ai composé la plupart des morceaux l’année dernière pendant ma tournée asiatique, dans une chambre d’hôtel de 8m2 à Osaka, sur un petit bureau avec mon Elektron Rytm et mon Elektron Octatrack », raconte Stimming. « L’idée était de combiner certains grooves de mon dernier album Liquorice aux incroyables mélodies que Lambert m’envoyait. En composant, je me retrouvais à rêver de savoir faire du piano à un si haut niveau, en me disant que si je pouvais, j’aurais voulu composer la musique que Lambert compose aujourd’hui. » Le résultat s’appelle Exodus, un album sorti hier sur Kryptox, un tout nouveau label néo-classique/kraut/jazz (oui, tout ça) fondé par Mathias Modica, alias Munk, déjà derrière les maisons Gomma ou Toy Tonics. Une réussite.

Ce court disque (sept titres, dont une intro et une outro) s’éloigne avec beaucoup de classe du cliché « on prend un piano, et on met des beats derrière », trop largement convoqué ces derniers temps. La preuve avec « Morsches Holz » et son côté Avishai Cohen Trio, lorgnant donc vers le jazz et parfois la dissonance, aux textures organiques hyper travaillées. Ou alors « Edelweiss », catchy et rappelant des sonorités asiatiques dans ses cordes – la partie électronique a été composée au Japon après tout. Avec un fil conducteur tout au long de l’album, particulièrement prenant au casque : un genre de bruit blanc, un souffle, comme un tissu qui en frôlerait un autre dans le silence d’une salle de cinéma – sensuel et organique, toujours. Si l’ambiance se fait un peu plus mielleuse sur « Grande », on leur pardonne… Car Stimming et Lambert ont réussi là où beaucoup d’autres se sont cassé le nez : Exodus se pose à l’équilibre parfait entre classique et électronique, comme une ballerine sur ses pointes, féerique mais précise.

 

Si vous êtes plutôt Spotify : 

Aucune date française n’a pour l’instant été annoncée, mais Stimming x Lambert entament dès ce soir une petite tournée européenne – ils passeront par exemple au Sugar Club à Dublin le 14 mars, ou à la Kantine am Berghain (la scène adjacente au célèbre Berghain, plutôt axée sur les lives et les performances) le 21.

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