Crédit : Olivier Letourneux

Fête de la musique à Nantes : des personnes tombent dans la Loire suite à une intervention policière

Cela s’est passé dans la nuit du 21 au 22 juin, alors qu’étaient organ­isés partout en France des évène­ments pour célébr­er la Fête de la musique. A Nantes, une soirée tech­no a lieu le long du quai Président‐Wilson, en bord de Loire. Elle débute en début d’après-midi dans la bonne humeur et se pour­suit jusqu’au milieu de la nuit. La musique devait être coupée à 4 heures du matin, un horaire fixé par les organ­isa­teurs de l’évènement et par la pré­fec­ture pour l’ensemble de la ville. Or, par­mi les soundsys­tems présents, un DJ dépasse l’horaire, entraî­nant une inter­ven­tion de la police. Jusque là, rien de très alar­mant, mais la sit­u­a­tion dérape. Un organ­isa­teur présent racon­te à Check­News que “le dernier sound sys­tem a décidé de relancer le son, ce qui a énervé la police, qui était juste à côté, et remo­tivé au moins trois cents per­son­nes à se rebeller con­tre les forces de l’ordre.” S’ensuit une inter­ven­tion poli­cière à la vio­lence inédite entre coups de matraques et gaz lacry­mogène, que l’on peut voir dans les dif­férentes vidéos pris­es lors de l’évènement : coups de matraques et gaz lacry­mogène ont été priv­ilégiés pour dis­pers­er les fêtards.

Ces vio­lences poli­cières de la com­pag­nie départe­men­tale d’intervention (CDI) ont déclenché un mou­ve­ment de foule sur le quai, qui n’est pas équipé de garde‐corps. Plusieurs per­son­nes sont donc tombées dans la Loire : qua­torze selon les pom­piers, un chiffre con­fir­mé par le préfet de Loire‐Atlantique, Claude d’Harcourt, invité de France Bleu Loire Océan ce lun­di matin à 8 heures 15. Six blessés sont rapi­de­ment trans­portés au CHU, dont deux policiers. Mal­gré cela, le préfet n’a pas remis en cause la méth­ode employée par les forces de l’ordre pour inter­venir :  “Les forces de l’ordre inter­vi­en­nent tou­jours de manière pro­por­tion­née. Mais face à des indi­vidus avinés, qui ont prob­a­ble­ment pris de la drogue, il est dif­fi­cile d’intervenir de façon rationnelle. Et les indi­vidus eux‐mêmes étaient immaîtris­ables”.

En out­re, un homme de 24 ans a été déclaré dis­paru, n’ayant plus don­né signe de vie depuis les évène­ments. Un avis de recherche a été posté sur Face­book par l’un de ses amis. D’après le préfet, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) a été saisie et le par­quet a ouvert une enquête pour dis­pari­tion inquié­tante selon Ouest‐France, qui a con­tac­té le com­mis­sari­at local. Impos­si­ble toute­fois pour l’instant d’établir un lien entre cette dis­pari­tion et les vio­lences poli­cières de la nuit de ven­dre­di.

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