🔊 Four Tet explore des territoires inconnus dans son EP ‘Mango Feedback’

Four Tet sort enfin Man­go Feed­back, un EP Ă  deux morceaux. Et c’est large­ment suff­isant. En com­bi­nant instru­ments Ă  cordes dans l’un et expĂ©ri­men­ta­tion sonore dans l’autre, il rĂ©us­sit aus­si bien Ă  con­vo­quer la danse que la con­tem­pla­tion. Pour le plus grand bon­heur de nos esgourdes.

Depuis quelques jours, ses afi­ciona­dos trĂ©pig­naient d’im­pa­tience. La semaine derniĂšre, Four Tet a annon­cĂ© sur son Twit­ter la sor­tie d’un EP com­posĂ© de deux titres. Le mois dernier, le Bri­tan­nique nous avait dĂ©jĂ  impres­sion­nĂ©s avec “Scythe Mas­ter” et, sous son alias KH“Look­ing at Your Pager”, qui repre­nait un sub­til sam­ple d’un morceau R&B de l’an 2000. Il vient Ă  peine de partager deux nou­veaux tracks : “Man­go Feed­back” et “Water­synth”. Il avait dĂ©jĂ  jouĂ© la pre­miĂšre au fes­ti­val de Glas­ton­bury et dans son Essen­tial Mix pour la BBC Radio 1 de juil­let.

L’artiste a tou­jours eu un petit faible pour les pochettes abstraites. On se sou­vient du drip­ping bleu sur fond vert de son dernier album, Par­al­lel. Pour cet EP, Four Tet a plutĂŽt optĂ© pour un savant mĂ©lange de ban­des fluo jaunes et vertes. Et effec­tive­ment, ce sont deux univers royale­ment dif­fĂ©rents qui se dĂ©velop­pent. D’un cĂŽtĂ© “Man­go Feed­back”, un son claire­ment des­tinĂ© Ă  vous faire danser tout l’étĂ©. La cause ? Un rythme cadencĂ©, une voix fĂ©mi­nine qui appa­raĂźt pour sitĂŽt dis­paraitre. Juste le temps de nous emplir de douceur et pré­par­er le beat. Et puis surtout, cette man­do­line, rĂ©elle star du morceau, aus­si entĂȘ­tante qu’en­voutante qui nous donne des envies d’ailleurs. Pour nous “Man­go Feed­back” c’est claire­ment le rose fluo, couleur bouĂ©e piscine, prĂȘte Ă  vous accom­pa­g­n­er dans vos meilleurs sou­venirs de vacances.

Change­ment rad­i­cal d’am­biance avec “Water­synth”. On vous con­seille de bien enfon­cer votre casque sur votre tĂȘte pour Ă©couter ce morceau. PrĂ©fĂ©rez un moment calme, une sor­tie de tra­vail, ou une nuit Ă©toilĂ©e pour les plus chanceux. Tout com­mence avec cette mĂ©lodie trĂšs ryth­mĂ©e qui se mod­ule au fil des min­utes, mais ne quitte jamais le morceau. Par-dessus, un par­cours musi­cal trĂšs expĂ©ri­men­tal. Avec une tech­nique de spa­tial­i­sa­tion sonore bien rodĂ©e, “Water­synth” nous trans­porte dans un autre monde, Ă  la fron­tiĂšre du rĂ©el. Ful­gu­rance et douceur se mĂ©lan­gent Ă  des sonoritĂ©s robo­t­iques pour un rĂ©sul­tat hyp­no­ti­sant, comme une mĂ©tĂ©orite dorĂ©e tout droit sor­tie de l’espace. Vous l’aurez com­pris : c’est un gros coup de cƓur.

Bref, Four Tet ne cessera de se renou­vel­er. Il arrive Ă  sur­pren­dre en crĂ©ant deux tracks qui s’opposent frontale­ment, pour finale­ment se rejoin­dre sous le mĂȘme ban­niĂšre : celle du trĂšs ‑trĂšs- bon son.

 

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