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©Laura Lot
7 juin 2021

🔊 Gilb’R aura mis 25 ans pour sortir son premier album

par Sylvain Di Cristo

Le boss du label français Versatile Gilbert Cohen alias Gilb’R a sorti son premier album… aprĂšs plus de 25 ans de carriĂšre.

Interview : Sylvain Di Cristo
Chronique : Patrick Thévenin

DJ emblĂ©matique et inclassable de la scĂšne française, fondateur et boss du label Versatile, moitiĂ© du duo ChĂąteau Flight (qu’il forme avec I:Cube), Gilb’R aura mis de longues annĂ©es, et profitĂ© de son exil Ă  Amsterdam depuis cinq ans, pour se lancer enfin dans l’épisode de l’album solo.

On danse comme des fous, avec ses dix titres enregistrĂ©s pendant cette drĂŽle d’épidĂ©mie et ses confinements Ă  rĂ©pĂ©tition, n’est ni un disque d’explosion club pour conjurer le sort ni un album d’ambient comme catharsis aux pĂ©ripĂ©ties que l’on vit. Mais surtout un espace sans frontiĂšres et sans genre oĂč Gilb’R laisserait libre cours Ă  ses divagations comme des volutes de fumĂ©e.

De « Plantlife » qui ouvre le disque avec ses mĂ©lopĂ©es orientales Ă  l’ambient synthĂ©tique de « Super Spreader » accompagnĂ© de I:Cube, du post-balĂ©arique « CafĂ© del Pijp » Ă©chouĂ© sur le sable Ă  l’electronica rĂȘveuse de « Chorea Lasciva » en passant par la rythmique drum’n’bass de « Reaching », Gilb’R Ă©chappe Ă  toutes les classifications, mĂ©lange les pistes pour mieux dĂ©sarçonner l’auditeur, insĂšre des touches de jazz comme de world et se fait plaisir. Histoire sans doute de mieux nous perdre dans un disque que certains classeront dans le bac ambient alors qu’il mĂ©rite bien mieux que ça.

« Je me suis rendu compte que l’ordinateur comme instrument n’était pas du tout pour moi, et quand je m’en suis Ă©loignĂ©, tout s’est dĂ©bloquĂ© et je n’ai plus pu m’arrĂȘter. »

Pourquoi maintenant, aprÚs toutes ces années ? Quel a été le déclencheur ?

Depuis je suis Ă  Amsterdam (six ans maintenant), j’ai intensifiĂ© mon rythme de travail ; et Ă©tant un peu plus isolĂ© par rapport Ă  Paris, j’ai commencĂ© Ă  faire plus de musique tout seul. Mais ce qui m’a surtout libĂ©rĂ©, c’est d’avoir trouvĂ© un set-up qui me correspond complĂštement : je me suis rendu compte que l’ordinateur comme instrument n’était pas du tout pour moi, et quand je m’en suis Ă©loignĂ© – pour une approche plus live de la composition – tout s’est dĂ©bloquĂ© et je n’ai plus pu m’arrĂȘter. Comme les gens sur la pochette.

Justement, parlons-en. La pochette est inspirĂ©e de la fameuse premiĂšre soit-disant « rave » de l’histoire, en 1518 Ă  Strasbourg. Quel est le rapport avec ce qu’il y aura sur le disque ?

Je suis parti de cette idĂ©e de l’épidĂ©mie de danse arrivĂ©e au Moyen-Age en Europe. C’est un sujet qui me fascinait et je voulais prendre, avec un peu d’ironie, le contre-pied de ce que nous vivons en ce moment. Mais l’illustration est de FrĂ©dĂ©ric Cochet, celle faite pour le livre Tarantella ! d’AlĂšssi dell’Umbria qui traite aussi du mĂȘme sujet mais plus localement, dans l’ancien Royaume de Naples en l’occurrence.

 

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À quoi doit-on s’attendre ? Un disque de club ou quelque chose de plus introspectif ?

J’ai fait beaucoup de morceaux pour en choisir dix qui, au final, me semblaient s’inscrire dans une expĂ©rience d’écoute fluide. Les morceaux clubs (Ă  part un morceau drum and bass que j’ai d’ailleurs fait en dernier) ont disparu du tracklist et feront sĂ»rement l’objet d’une release Ă  part. Donc oui, c’est plus introspectif. Je vous laisse la surprise, je vais pas spoiler, mais j’espĂšre avoir rĂ©ussi Ă  faire un truc bien personnel.

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