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4 avril 2022

Grammys : ces artistes qu’on aurait voulu voir récompensés

par Antoine Gailhanou

Les Grammys, c’était ce dimanche 3 avril. Et à côté du triomphe mérité de Jon Batiste ou Olivia Rodrigo, certains musiciens sont repartis bredouille, malgré leurs grandes qualités. On leur rend un peu de cette lumière.

On se réjouit pour Jon Batiste. Avec cinq Grammys, il obtient véritablement une consécration en solo, après son Oscar partagé avec Trent Reznor et Atticus Ross il y a un an. Olivia Rodrigo méritait également ses trois trophées d’hier, elle qui s’est imposée à toute vitesse comme nouvelle jeune prodige l’an dernier. Et il était dur de passer à côté de Silksonic, duo d’Anderson .Paak et Bruno Mars, qui a raflé quatre prix. On retiendra également quelques belles performances, ainsi qu’une apparition poignante du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Mais on ne peut s’empêcher de nourrir quelques regrets pour certains artistes repartis bredouilles.

Beaucoup ont noté l’absence de trophées pour Billie Eilish, ou même pour son frère Finneas, nommé en solo pour le titre de « meilleur nouvel artiste ». Mais dans cette même catégorie, d’autres artistes suscitaient notre enthousiasme, comme Japanese Breakfast, chanteuse pop très réjouissante, passée dans une autre catégorie avec l’album Jubilee. Ou encore Arlo Parks, chanteuse de soul britannique qui ne cesse de grandir. Les deux étaient également nommées dans la catégorie « alternatif » (quoi que cela veuille dire), où elles auraient là aussi mérité quelque chose, bien que la victoire de St. Vincent soit parfaitement justifiée. Dans les catégories principales, on note également Lil Nas X, reparti bredouille malgré cinq nominations. On lui doit pourtant l’une des campagnes de promo les plus drôles et malignes de ces dernières années, pour son premier album Montero.

Coté électronique, on est de toute façon rarement en phase avec les choix des Grammys pour les nominations. Même si Bonobo, présent à deux reprises pour son duo avec Totally Enormous Extinct Dinosaurs et une apparition auprès d’Ólafur Arnalds, n’aurait pas démérité. Ou même Caribou, toujours très en forme. Pour ce qui est du metal, nous ne sommes peut-être pas les mieux placés pour juger, et le retour de Dream Theater s’avère très convaincant. Mais notre fibre patriotique aurait été satisfaite d’une victoire pour Gojira, d’autant que les Bayonnais avaient produit un bel album avec Amazonia.

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Pour ce qui est du rock, on ne peut malheureusement s’empêcher de penser que Foo Fighters doit plus sa victoire au contexte tragique qui l’entoure. En effet, le batteur du groupe, Taylor Hawkins, est décédé brutalement ce 25 mars, à l’âge de 50 ans, entraînant une série d’hommages. Cela n’empêche que le groupe remporte déjà son cinquième Grammy, pour un album pourtant plutôt en dessous de leurs standards. Paul McCartney, d’une forme éblouissante pour son âge, aurait peut-être pu l’emporter avec son très réussi McCartney III, mais après tout l’artiste n’a plus rien à prouver. Reste une petite déception pour les Black Pumas, et leur groove irrésistible (bien qu’on se demande ce que leur soul/funk fait dans la catégorie rock).

Enfin, pour ce qui est du R’n’B, on espère que le jeune Leon Bridges aura droit à son heure de gloire. À 32 ans, le chanteur soul possède déjà une carrière passionnante, que ce soit aux côtés du pianiste Robert Glasper que du trio Khruangbin. On pense également aux Australiens de Hiatus Kaiyote, toujours aussi pertinents dans leur exploration de sonorités R’n’B et soul envoûtantes avec leur troisième album, Moon Valiant. Certes, les places sont peu nombreuses pour célébrer tous les artistes, aussi passionnants soient-ils. Et on peut difficilement faire la fine bouche sur les choix de cette cérémonie, malgré leur côté consensuel. Mais on en veut toujours plus.

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