© Illias Teirlinck

Horst Festival : architecture et musique fusionnent sur une ex-base militaire

par Tsugi

Trois jours de musique élec­tron­ique métic­uleuse­ment sélec­tion­née dans le décor fab­uleux d’un ancien site mil­i­taire à Vil­vorde : c’est l’une des promess­es du Horst. Le fes­ti­val a bâti sa répu­ta­tion au fil des ans autour d’une pro­gram­ma­tion pointue, alliée à un regard avisé sur l’amé­nage­ment archi­tec­tur­al de ses espaces.

Devenu un incon­tourn­able rendez-vous pluridis­ci­plinaire, l’événement belge Horst lance entre le 29 avril et le 1er mai une sorte de «sai­son» Horst, avec comme coup d’envoi cette huitième édi­tion print­anière, qui pro­pose le gotha de l’avant-garde élec­tron­ique, au sens très large. L’occasion de se famil­iaris­er, par­mi un line-up d’une cen­taine de noms, avec les per­ti­nents Kim Kenis, Sug­ar Free ou Paula Tape. Un fes­ti­val où les lives et les DJ-sets s’insèrent dans une scéno­gra­phie unique, dans laque­lle le pub­lic a l’impression d’être en totale immer­sion. Pour ajouter une touche de magie sup­plé­men­taire, le fes­ti­val se tien­dra sur son ter­rain de jeu de prédilec­tion, l’incroyable site mil­i­taire désaf­fec­té Asi­at à Vil­vorde. Expli­ca­tions avec Simon Nowak, co-organisateur de ces trois jours uniques.

Horst

© Elias Derboven

Comment décrire le Horst Festival à quelqu’un qui n’en aurait pas entendu parler? Qui a eu l’idée de cet incroyable événement?

Tous les mem­bres de l’équipe sont pas­sion­nés par la musique, la cul­ture des clubs, les arts et l’architecture. À l’époque, la musique jouée dans les clubs n’avait pas encore trou­vé le chemin des fes­ti­vals et les arts et l’architecture étaient encore liés aux musées et aux insti­tu­tions. L’idée est née du désir de fusion­ner ces élé­ments dans un événe­ment et une expo­si­tion, en rap­prochant les mon­des et en les faisant interagir.

L’organisation d’un festival de cette ampleur, surtout dans le contexte du Covid, relève-t-elle du parcours du combattant?

La péri­ode de pandémie a été très dif­fi­cile. Les pre­miers mois de con­fine­ment à la mai­son ont bien sûr été rudes pour la plu­part des gens, mais une fois que les choses ont lente­ment évolué, il y avait encore très peu de per­spec­tives pour l’activité événe­men­tielle. Nous avons organ­isé quelques activ­ités alter­na­tives, comme un ate­lier numérique et le Horst Restau­rant Club, qui nous ont aidés à tra­vers­er cette péri­ode et à rester motivés et soudés en tant qu’équipe. Avec les trou­bles géopoli­tiques actuels, nous sommes con­fron­tés à de nou­veaux défis, mais ils sont très insignifi­ants com­parés aux hor­reurs de la guerre. Voir ce qui se passe en ce moment met tout ce qui con­cerne le Covid en perspective.

Comment avez-vous trouvé ce lieu étonnant? Comment mettre en scène un site pareil?

Le ter­rain avait été aban­don­né par les mil­i­taires pen­dant plusieurs années avant d’être acheté par la ville de Vil­vorde. Donc nous n’avons pas eu à négoci­er avec des généraux, etc. Le maire de Vil­vorde et son équipe ont été très accueil­lants avec nous et ont été des parte­naires for­mi­da­bles pour le développe­ment du fes­ti­val. Le ter­rain étant aban­don­né depuis longtemps, la nature a pris le dessus et l’a trans­for­mé en une sorte de jun­gle urbaine. C’est le cadre idéal pour un événe­ment à la hau­teur de nos ambi­tions et il a con­tribué à façon­ner l’ADN de ce que Horst est devenu.

Quel est votre meilleur souvenir de la dernière édition?

Il y en a trop pour choisir, mais l’installation d’Emekah Ogboh dans l’une des tours de refroidisse­ment adja­centes en 2019 était quelque chose! Avec un énorme écran LED instal­lé à l’intérieur d’une tour de refroidisse­ment désaf­fec­tée de 100 m de haut, avec une instal­la­tion audio à 12 canaux, faisant allu­sion à l’effondrement du cap­i­tal­isme, c’était vrai­ment à don­ner la chair de poule. À l’autre bout du spec­tre, il y a eu la clô­ture par Job Job­se de l’édition 2021. Après dix-huit mois de fer­me­ture et d’absence de fêtes, Horst était l’un des rares fes­ti­vals à avoir lieu. Job a clô­turé le fes­ti­val le dimanche avec une sélec­tion de trance d’inspiration belge, trans­for­mant l’énorme foule en une unité col­lec­tive euphorique et moite. Les DJs et les vis­i­teurs ont décrit le fes­ti­val comme une tem­pête par­faite et un sou­venir inoubliable.

Quel est l’artiste (ou la performance) sur lequel vous misez le plus cette année?

Là encore, il y a trop de choix à faire. Akua, avec son énergie débor­dante et sa ver­sion chao­tique de la tech­no de la ville de New York, fera cer­taine­ment mouche. Il est très heureux de retrou­ver Teki Latex, cette fois pour la clô­ture. Son tal­ent unique pour mélanger à peu près n’importe quel genre et n’importe quel morceau lui a valu le titre de « King Of Blends » et il va met­tre la scène en ébul­li­tion. Enfin, l’édition 2022 ver­ra l’introduction d’un nou­v­el espace axé sur la musique élec­tron­ique non ori­en­tée vers la danse, l’ambient et l’expérimentation, avec des artistes comme Space Afri­ka, Shack­le­ton & Zim­pel, SKY H1, Black­haine et Mika Oki

Horst

Teki Latex au Horst Fes­ti­val en 2021 © Illias Teirlinck

 

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