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© Man Down
10 mai 2022

IDLES et Portishead apparaissent dans un docu sur la santé mentale des musiciens

par Antoine Gailhanou

Issu d’un programme d’aide du même nom, le film Man Down donne la parole à des musiciens à propos de leur santé mentale. Produit à Bristol, il fait ainsi figurer d’importantes figures locales, notamment issues d’IDLES ou Portishead.

Le tabou se lève. Longtemps mis de côté, le sujet de la santé mentale des musiciens s’impose progressivement au centre des discussions. Il faut dire que la pandémie a exacerbé les pressions subies par les artistes, générant anxiété et dépression. En Angleterre, un sondage du collectif Help Musicians UK conclut que 70 % des musiciens ont déjà souffert de l’un et/ou de l’autre. En France, une étude du collectif CURA donne un ordre de grandeur similaire, voire supérieur (jusqu’à 80%). Tous en concluant également que les hommes ont moins tendance à chercher de l’aide, aggravant souvent leurs symptômes.

C’est ce constat qu’a également dressé Gemma Jennison, infirmière basée à Bristol. En janvier 2020, elle lançait ainsi le programme Man Down, destiné à accompagner les discussions sur le sujet de la dépression, de l’isolement ou du suicide dans l’industrie musicale. Le projet s’accompagne d’un documentaire désormais finalisé, réalisé par Jamie Yuan. On y retrouve des musiciens emblématiques de la ville anglaise, comme Geoff Barrow, membre de Portishead, de Beak, et fondateur du label Invada Records, ainsi que le chanteur Rag’n’Bone Man, ou Adam Devonshire, bassiste d’IDLES. Le groupe de punk avait d’ailleurs publié en 2018 le morceau « Samaritans », dont le titre renvoie à un groupe d’écoute pour hommes en proie à l’anxiété.

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Aucune date de sortie n’est annoncée, bien qu’une première projection ait déjà eu lieu à Bristol le 5 mai. Le documentaire est dédié à la mémoire du rappeur Sirplus, membre du collectif Central Spillz, qui s’est suicidé en 2019. La même semaine, un autre rappeur du collectif, Anthony Mackie, faisait lui-même une tentative de suicide. Un signe d’une souffrance qui fait système. « Je voulais voir quels étaient les éléments récurrents » analyse Jennison. « J’ai décidé que pour pouvoir le faire, l’industrie musicale devait rendre des comptes ou avoir des discussions ouvertes sur ce qu’elle fait pour les artistes ou leurs équipes pour leur bien-être ». C’est là l’objectif de son film : ouvrir et nourrir la discussion. Il est largement temps.

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