© Man Down

IDLES et Portishead apparaissent dans un docu sur la santé mentale des musiciens

Issu d’un pro­gramme d’aide du même nom, le film Man Down donne la parole à des musi­ciens à pro­pos de leur san­té men­tale. Pro­duit à Bris­tol, il fait ain­si fig­ur­er d’importantes fig­ures locales, notam­ment issues d’IDLES ou Por­tishead.

Le tabou se lève. Longtemps mis de côté, le sujet de la san­té men­tale des musi­ciens s’impose pro­gres­sive­ment au cen­tre des dis­cus­sions. Il faut dire que la pandémie a exac­er­bé les pres­sions subies par les artistes, générant anx­iété et dépres­sion. En Angleterre, un sondage du col­lec­tif Help Musi­cians UK con­clut que 70 % des musi­ciens ont déjà souf­fert de l’un et/ou de l’autre. En France, une étude du col­lec­tif CURA donne un ordre de grandeur sim­i­laire, voire supérieur (jusqu’à 80%). Tous en con­clu­ant égale­ment que les hommes ont moins ten­dance à chercher de l’aide, aggra­vant sou­vent leurs symptômes.

C’est ce con­stat qu’a égale­ment dressé Gem­ma Jen­ni­son, infir­mière basée à Bris­tol. En jan­vi­er 2020, elle lançait ain­si le pro­gramme Man Down, des­tiné à accom­pa­g­n­er les dis­cus­sions sur le sujet de la dépres­sion, de l’isolement ou du sui­cide dans l’industrie musi­cale. Le pro­jet s’accompagne d’un doc­u­men­taire désor­mais final­isé, réal­isé par Jamie Yuan. On y retrou­ve des musi­ciens emblé­ma­tiques de la ville anglaise, comme Geoff Bar­row, mem­bre de Por­tishead, de Beak, et fon­da­teur du label Inva­da Records, ain­si que le chanteur Rag’n’Bone Man, ou Adam Devon­shire, bassiste d’IDLES. Le groupe de punk avait d’ailleurs pub­lié en 2018 le morceau “Samar­i­tans”, dont le titre ren­voie à un groupe d’écoute pour hommes en proie à l’anxiété.

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Aucune date de sor­tie n’est annon­cée, bien qu’une pre­mière pro­jec­tion ait déjà eu lieu à Bris­tol le 5 mai. Le doc­u­men­taire est dédié à la mémoire du rappeur Sir­plus, mem­bre du col­lec­tif Cen­tral Spillz, qui s’est sui­cidé en 2019. La même semaine, un autre rappeur du col­lec­tif, Antho­ny Mack­ie, fai­sait lui-même une ten­ta­tive de sui­cide. Un signe d’une souf­france qui fait sys­tème. “Je voulais voir quels étaient les élé­ments récur­rents” analyse Jen­ni­son. “J’ai décidé que pour pou­voir le faire, l’industrie musi­cale devait ren­dre des comptes ou avoir des dis­cus­sions ouvertes sur ce qu’elle fait pour les artistes ou leurs équipes pour leur bien-être”. C’est là l’objectif de son film : ouvrir et nour­rir la dis­cus­sion. Il est large­ment temps.

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