Crédit : Jerry Pigeon

Il n’y a pas que le rap français ou belge dans la vie : découvrez le hip-hop québécois d’Alaclair Ensemble

Décou­vert en France grâce au Ça que c’tait” extrait de son dernier album Les Frères cueilleurs sor­ti en 2016, le crew Ala­clair Ensem­ble est prob­a­ble­ment le groupe de rap le plus givré du Québec. Si l’on est rapi­de­ment ten­tés de les définir comme un ovni musi­cal, on revient vite sur Terre à l’écoute de leurs flows vélo­ces accom­pa­g­nant un med­ley d’influences hip-hop tout droit venu des années 90. Tout en se plaçant comme fer­vents défenseurs de la musique tra­di­tion­nelle et des tra­di­tions orales, Ala­clair Ensem­ble puise autant dans le rap améri­cain que dans les clas­siques québé­cois. Forts de leur renom­mée outre-atlantique — ils ont rem­porté fin octo­bre le prix Félix, l’équivalent québé­cois de nos Vic­toires De La Musique, du meilleur album hip-hop — la troupe d’Alaclair remue actuelle­ment les scènes français­es et s’apprête à retourn­er le Bad­aboum le 5 décem­bre.

Tu peux m’expliquer le con­cept d’Alaclair Ensem­ble?

Wat­son : On fait de la musique, on est un groupe de hip-hop. On vient du Bas-Canada, de la région de Québec et de Mon­tréal. On fait du postrigodon, c’est de la musique tra­di­tion­nelle du futur ! C’est un style musi­cal bien à nous qui a été fondé en 1838 par Robert Nel­son et James Dewitt Yancey sur les plaines Babra­ham. Tout ça est disponible dans le glos­saire présent sur notre site Inter­net. Il y a toute l’histoire du postrigodon et de quoi décoder nos textes et notre musique. Le rap nous a touché à un tout jeune âge et lorsqu’on est devenus adultes on s’est ren­con­trés grâce à notre amour pour la musique. Per­son­nelle­ment je suis tombé en amour avec le rap quand j’avais douze ans en écoutant De La Soul. On est des vieux de la vieille, ça fait longtemps qu’on roule notre bosse donc on peut faire et on écoute toute sorte de musique. Ce n’est pas que du hip-hop finale­ment.


Quels sont les thèmes récur­rents dans vos paroles?

On abor­de tous les thèmes sans faire de général­ités en par­lant de la vie avec humour, en jouant avec les mots et la langue. Il y a énor­mé­ment de dif­férences lin­guis­tiques par rap­port à notre façon de nous exprimer nor­male­ment au Québec. Les gens en France ne com­pren­nent pas néces­saire­ment et vice-versa. Par­fois cela nous arrive aus­si de ne pas être com­pris au Québec… Et par­fois même on ne se com­prend pas au sein du groupe ! C’est comme avec Har­ry Pot­ter, quand tu es fan tu com­prends tout le vocab­u­laire et le nom des potions. Pour com­pren­dre Ala­clair Ensem­ble il faut être fan et avoir quelques notions sur les potions !

Com­ment composez-vous à six ?

On hiberne en logeant dans un chalet. On va sou­vent dans la région de Charlevoix ou en tout cas plus loin que Mon­tréal pour se per­dre un peu. On a besoin d’un petit chalet bien rus­tique pour se pos­er une semaine à faire de la musique entre amis.

Êtes-vous accueil­lis dif­férem­ment par le pub­lic français? 

Les gens sont récep­tifs, ils dansent. C’est la même énergie, on amène par­fois même plus de frénésie puisqu’on joue ailleurs que chez-nous. C’est fou de voir autant de répons­es. Les ponts musi­caux qui se créent en ce moment entre la France et le Québec sont très intéres­sants, pas seule­ment avec le rap mais aus­si avec la pop. On vous a tou­jours envoyé beau­coup d’artistes mais le sens inverse est égale­ment vrai. Et surtout mer­ci beau­coup les Français pour votre accueil, c’est fun.

Par­lons juste­ment du sens inverse : qu’est-ce qui arrive dans vos oreilles qui vient de France?

Et bien juste­ment, du rap français, du rap belge… Le rap français a tou­jours influ­encé le rap québé­cois depuis les années 90 mais ce qui est davan­tage intéres­sant c’est qu’en France on se met à écouter du rap québe­cois.


A quoi ressem­blent vos con­certs?

C’est tou­jours très dynamique. La foule est par­fois même vio­lente. Pas à se met­tre des coups de poings mais ça danse rapi­de­ment et dans tous les sens, les gens peu­vent vite s’évanouir (rires). Donc on prévient le pub­lic avant cer­taines chan­sons pour danser énergique­ment mais en toute sécu­rité. Nous, on a plus d’espace sur scène donc on peut danser un peu plus dan­gereuse­ment ! On est six sur scène avec un ordi­na­teur dont on ne va pas divulguer la mar­que pour ne pas faire de pub­lic­ité.

Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?

Du jazz de Noël parce que c’est la péri­ode des fêtes et il faut se met­tre dedans ! C’est pas super actuel mais au moins c’est intense, ça réchauffe le cœur autant que le choco­lat chaud.

Ala­clair Ensem­ble sera en con­cert le 5 décem­bre au Bad­aboum (event) et en tournée dans toute la France :
06.12 – LE JOKER / Angers (49)
07.12 — ASTROLABE / Orléans (45)
08.12 — EMB / San­nois (95)
09.12 — BARS EN TRANS / Rennes (35)

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