John Cale rend hommage à David Bowie et surtout à la nuit dans “Night Crawling”

Déam­bulez dans le New-York des années 70 avec John Cale et David Bowie ça vous tente ? Dans son clip ani­mé, “Night Crawl­ing”, l’artiste con­voque le fan­tôme de David Bowie pour arpen­ter les rues de New-York aus­si effrayantes que fasci­nantes. Si vous aus­si, le jour vous ennuie, ce clip est fait pour vous.

La nuit tombe, New-York s’allume. John Cale est là, devant un por­tail, tout de blanc vêtu. D’un nuage de fumée de cig­a­rette sort David Bowie, waist­coat gris souris assor­tie à son cha­peau. Sans même se con­cert­er, les deux com­pères se lan­cent dans une déam­bu­la­tion noc­turne. New-York leur tend les bras, et ses déboires aus­si. Les car­il­lons sont là pour leur sig­ni­fi­er, comme une invi­ta­tion vers l’inconnu.

Ils avan­cent, sûrs d’eux. Leurs sil­hou­ettes mono­chromes se détachent des buid­ings orangés mag­nifiés par le trait de Mick­ey Miles. Ne serait-ce que des spec­tres ? Peut-être bien, mais ce soir la ville leur appar­tient. *Tac, Tac, Tac.* On entendrait presque les talons du Thin White Duke sur l’asphalte. Leurs épaules se bal­an­cent de droite à gauche, accom­pa­g­nées par la bat­terie du morceau qui fait par­tie inté­grante de leur démarche. Par un sys­tème de point de vue interne on con­tem­ple New-York by night s’éveiller avec eux. C’est un autre ver­sant de la ville qui appa­raît et avec lui, la pos­si­bil­ité de trans­gress­er l’or­dre du jour. L’opac­ité de la nuit n’est pas qu’une sim­ple ques­tion de lumi­nosité. Prof­i­tant de l’ob­scu­rité, cer­taines activ­ités humaines frisant les inter­dits s’y exer­cent. C’est “ce genre de New York qui tient l’art dans sa main, assez fort pour le garder en sécu­rité et assez dan­gereux pour le garder intéres­sant” avoue John Cale. On pense à ce mag­nifique jeu de regards entre David Bowie et une tra­vailleuse du sexe au boa rose et aux lèvres rouge carmin, assor­ties à ces ongles. C’est aus­si le traf­ic de drogue, matéri­al­isé par les étoiles qui éma­nent de cer­tains yeux. Des grésille­ments sourds accom­pa­g­nent la crasse de cette ville.

Jhon CalLes deux amis sor­tent du bar, on pense que c’est fini. Mais non. La même ani­ma­tion se répète, à trois repris­es, pour for­mer le clip de “Night Crawl­ing”. C’est le temps regret­té que l’on fait tourn­er en boucle pour ne pas qu’il dis­paraisse. John Cale et David Bowie mar­chaient la nuit pour aller deman­der con­seil aux étoiles, pour fuir l’âpreté de la réal­ité et s’envelopper du doux voile de l’obscurité. “Il y a eu cette péri­ode vers le milieu des 70’s où David et moi nous sommes croisés à New York. On par­lait beau­coup de tra­vail, mais on finis­sait tou­jours par arpen­ter les rues, par­fois jusqu’à ce que nous ne puis­sions plus garder une pen­sée en tête” con­fesse John Cale avant d’a­jouter “ce qu’il y a de bien dans la créa­tion musi­cale, c’est la capac­ité à devin­er une pen­sée ou un sen­ti­ment, même si la réal­ité dit que c’est une impos­si­bil­ité logique.”

 

 

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Vous voulez con­tin­uer à déam­buler ? On fini­ra cet arti­cle par une autre escapade noc­turne, tout aus­si fougueuse. Le lien est encore plus fort, puisque Leos Carax décide d’ha­biller ses images des notes galopantes de “Mod­ern Love” de David Bowie dans Mau­vais Sang. Bon vision­nage à tous les funambules.

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