La Souterraine prépare une mixtape de rap féminin : posez votre freestyle !

Un “labo d’ob­ser­va­tion de l’un­der­ground musi­cal français”. C’est ain­si que se décrit La Souter­raine, asso­ci­a­tion fondée en 2013 par Ben­jamin Caschera et Lau­rent Bajon. Tout est dans cette petite phrase. Depuis cinq ans, elle incar­ne l’in­cu­ba­teur le plus pas­sion­nant en matière de musiques, au pluriel, chan­tées en français. Le principe est sim­ple : pub­li­er des com­pi­la­tions ou des albums avec des artistes diver­si­fiés mais surtout, peu dif­fusés. Sont passés par ses bancs : La Féline, Cheval­rex, Requin Cha­grin ou encore Pépite… Une école très ori­en­tée vers la pop et la chan­son française — en témoigne la com­pil’ spé­cial Léo Fer­ré.

Pour­tant, s’il y a bien une chose dont Ben­jamin Caschera n’a pas peur, ce sont les virages à 180° degrés. Tout récem­ment, alors que lui et son équipe scrol­laient indéfin­i­ment sur Insta­gram, ils se sont ren­dus compte que leur atten­tion était surtout retenue par des freestyles d’in­con­nues tal­entueuses, posés sur des prods youtube avec tous types de flows. Déclic : “On se dit wouah ne pas­sons pas à côté de ce canal-là !”. Aus­sitôt dit, aus­sitôt fait : une mix­tape est en pré­pa­ra­tion avec le compte @rap2filles. Sa spé­cial­ité ? Organ­is­er des con­cours de freestyle. La col­lab­o­ra­tion prend alors une tour­nure très chou­ette : cette mix­tape sera le fruit d’une com­péti­tion organ­isée sur Insta­gram. Qui a dit que les réseaux soci­aux n’avaient que des mau­vais côtés ? Les con­signes sont sim­ples : il suf­fit d’avoir un titre déjà prêt, de pos­er son freestyle sur son compte per­so en tag­guant #rap2filles et en men­tion­nant @rap2filles ou en leur envoy­ant en privé la vidéo. L’en­voi par mail est égale­ment pos­si­ble pour les plus grandes enne­mies du monde virtuel.

Une ini­tia­tive qui sonne très juste, et arrive au bon moment. A une époque où Car­di B comme Nic­ki Minaj con­nais­sent un suc­cès mon­strueux aux Etats-Unis, la scène du rap français peine à met­tre en avant ses artistes féminines. 20 ans après Diam’s, pas l’om­bre d’une femme à l’hori­zon dont toutes les lèvres con­naî­traient le nom, y com­pris celles qui ne con­nais­sent pas le rap. Des rappeuses comme Shay ou Lala &ce ne restent elles con­nues que des aver­tis. Alors on fait con­fi­ance à la Souter­raine qui plonge dans les méan­dres des artistes invis­i­bil­isées, et on fait tourn­er l’in­fo à notre pote au flow démentiel.

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