© Titouan Massé

Le bar le Motel fête ses 15 printemps au Trabendo

Le Motel souf­fle ses 15 bou­gies, cette année. Pour fêter ça, le bar mythique du 11ème s’of­fre la salle du Tra­ben­do, de 19 heures à 3 heures (on espère même plus) le 25 mars. Au pro­gramme, musiques, jeux, artistes con­nus du Motel et surtout beau­coup (mais vrai­ment beau­coup) d’amour. 

15 ans ! 15 belles années de pro­gram­ma­tion musi­cale pointue et éclec­tique offerte par le Motel façon­née par une idée : dénich­er le meilleur de la musique émer­gente. Il est l’heure de célébr­er ces belles années de con­certs et de décou­vertes musi­cales indie au cœur du 11ème arrondisse­ment de Paname : rendez-vous le 25 mars prochain. Ses bières pas chères, ses blind tests, ses Dj sets et évidem­ment ses artistes : Le Motel expor­tent son ambiance au Tra­ben­do à la Vil­lette. Pour cette belle soirée qui s’an­nonce, Lon­ny, Meh­di Zan­nad, School Daze, Lenpar­rot, Alice Lewis, Klub des Loosers, Ottis Coeur et bien d’autres encore repren­dront les morceaux des artistes dont les posters ornent aujour­d’hui les murs du Motel. Alors préparez- vous à move your body sur les titres de Buz­zcocks, The Smiths ou Nick Cave & The Bad Seeds pour ne citer qu’eux… Mais en atten­dant cette prochaine nuit de fête, on fait le point avec Djavid Rawat, patron emblé­ma­tique du Motel, sur ces 15 pre­mières belles années de musique et d’anecdotes. 

 

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Qu’est-ce que le Motel (con­cept, ambiance visée…) ?

Quand on a ouvert le Motel en 2007, on voulait en faire un refuge pour musi­ciens et pas­sion­nés de musique indie. On cher­chait un local facile­ment acces­si­ble mais plan­qué, pour que per­son­ne ne vienne nous voir par hasard. En tant que bar, on a essayé d’avoir une carte acces­si­ble, une petite scène, et des gens gen­tils (au moins au début !) et avec une forte per­son­nal­ité der­rière le bar. On voulait que les gens se sen­tent à la mai­son, un peu dans leur cham­bre d’ado avec tous les posters au mur. Je pense que ça a plutôt marché.

Quels sont les grands moments du bar depuis 15 ans ?

Il y a ce pre­mier con­cert en France de The XX devant 12 per­son­nes en juil­let 2009. Depuis, les gens revi­en­nent au Motel en se deman­dant s’ils vont voir sur la plus petite scène de Paris un groupe qui va faire tous les plus grands fes­ti­vals du monde. Com­ment ne pas évo­quer aus­si le DJ set d’An­i­mal Col­lec­tive qui avait fini en alig­ot saucisse au Rey avec Geol­o­gist et Avey Tare ? For­cé­ment, je relève le DJ set de Stephen Pas­tels après un con­cert au Café de la Danse. Qu’une de mes idol­es vienne pass­er des dis­ques au Motel m’a don­né l’impression de pou­voir mourir tran­quille (enfin le plus tard pos­si­ble). Pen­dant les longs mois de fer­me­ture dû au con­fine­ment, on ne savait pas trop quoi faire alors on a organ­isé les vidéo­quiz du Motel en ligne. Ça a hyper bien marché, plus de 1000 per­son­nes ont par­ticipé pour la pre­mière. Ça nous a fait super plaisir de pou­voir con­tin­uer à main­tenir l’esprit Motel même fer­mé. Enfin il y a l’arrivée de Tali, la nou­velle respon­s­able bar depuis 1 an, qui représente le renou­veau du Motel et grâce à qui on garde l’én­ergie pour con­tin­uer à faire plein de choses.

Motel

© Titouan Massé

Une ou plusieurs ren­con­tres dans ton étab­lisse­ment qui t’ont par­ti­c­ulière­ment marqué ? 

Tout client habitué du Motel con­naît for­cé­ment cette his­toire… En 2011, Kevin Park­er (Tame Impala) trainait au Motel. Un jour, il y ren­con­tre Julien Barba­gal­lo, qui jouait à l’époque dans le groupe Tahi­ti 80, autour d’un cock­tail Léon des Bois. Ils par­lent longue­ment musique et Julien devient finale­ment le bat­teur de Tame Impala. Tou­jours une his­toire qui con­cer­nent des bat­teurs, Julian Belle tra­vail­lait au bar. Mar­i­on de Requin Cha­grin était une habituée de notre bar. Comme pour  Tame Impala, les deux se ren­con­trent autour d’un verre, par­lent musique et Julian devient le bat­teur du groupe Requin Cha­grin. Il y a aus­si cette anec­dote avec le Klub des Loosers, dont on était tous fans au Motel. On avait même affiché les paroles de “No Futur” de Fuza­ti dans le bar à côté des toi­lettes. Hasard (ou pas), Fuza­ti a com­mencé à fréquenter le bar et on a fait la release par­ty du Klub des 7 ! C’est aus­si au Motel que Fuza­ti a ren­con­tré Ben Ker­ber (il bos­sait alors au bar). Cette ren­con­tre a mené au live band du Klub des Loosers. Pour finir sur une autre belle anec­dote, Xavier Boy­er de Tahi­ti 80 trainait au Motel. Il y a ren­con­tré Hadrien, alors serveur et ingé son au Motel, et Hadrien s’est retrou­vé à jouer avec Tahi­ti 80.

Quels sont les pro­jets à venir pour le Motel ?

Côté bar, on va con­tin­uer à avoir une prog pointue et cohérente, grâce au super boulot de Clé­ment. Il est notre nou­veau pro­gram­ma­teur, égale­ment serveur, et leader du groupe Nor Bel­graad. On a aus­si depuis 10 ans une agence événe­men­tielle, Motel Ser­vices, avec qui on gère des bars de fes­ti­vals. On est impa­tients de repren­dre du ser­vice avec une sai­son 2022 très chargée. Et on sort en mai un nou­veau bouquin, “Les phras­es de per­son­ne”, avec notre mai­son d’éditions, “Les Edi­tions du Motel”. C’est un recueil d’aphorismes qu’on a reçu, accom­pa­g­né d’une let­tre anonyme de l’auteur qui se présente comme un auteur à suc­cès. On sait tou­jours pas qui a écrit le livre et on espère qu’un lecteur recon­naitra son style (on sèche un peu de notre côté…).

Motel

© Titouan Massé

En con­clu­sion, quels seraient les sons à met­tre impéra­tive­ment dans la playlist idéale du Motel ?

Space­men 3 — Big City

Divine Com­e­dy — A Drink­ing Song

The Smiths — Half a Person

Stone Ros­es — Waterfall

Hap­py Mon­days — Step On

Pulp — Bar Italia

Pave­ment — Range Life

The Pas­tels — Noth­ing to be Done

Soft Cell — Say Hel­lo, Wave Goodbye

The Field Mice — Sensitive

TV Per­son­al­i­ties — Say You Won’t Cry

Yo La Ten­go — From a Motel 6

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